Tout le monde connaît Alexandre Astier sous les traits de l'hilarant Roi Arthur, dans la série tv Kaamelott d'M6. Pourtant, c'est un visage un peu différent qu'il a souhaité nous dévoiler dans son nouveau spectacle intitulé "Que ma joie demeure", dans lequel il interprète cette fois-ci le très célèbre musicien Jean-Seb

Tout le monde connaît Alexandre Astier sous les traits de l'hilarant Roi Arthur, dans la série tv Kaamelott d'M6. Pourtant, c'est un visage un peu différent qu'il a souhaité nous dévoiler dans son nouveau spectacle intitulé "Que ma joie demeure", dans lequel il interprète cette fois-ci le très célèbre musicien Jean-Sebastien Bach. A la fois drôle, touchant et fantastique, ce spectacle vous ravira autant qu'il vous surprendra. A l'occasion de sa sortie en DVD, PurefansNews a eu la chance de le rencontrer lors d'une interview, où l'acteur/auteur/réalisateur se livre sur ce show déjà culte, ainsi que sur ses différents projets télé (la saison 3 d'HeroCorp) ou cinéma (le film d'animation Asterix & Obelix : Le domaine des Dieux, Kaamelott).

Que ma joie demeure

Tandis que Kaamelott a pris fin à la télé en 2009, et que vous venez tout récemment de présenter votre premier film intitulé David et Madame Hansen, qu'est-ce qui vous a poussé à remonter si vite sur les planches ?
Remonter si vite sur les planches c'est une façon de parler puisque justement Kaamelott et le film m'avaient tenu loin du théâtre pendant très longtemps. Je suis passé du théâtre à Kaamelott en 2004 et ça me manquait terriblement. Plus il y avait du Kaamelott, plus il y avait d'autres projets, et plus ma présence sur les planches était remise sans arrêt aux calendes. Donc dès que j'ai pu je l'ai fait.

A partir de quel moment avez-vous commencé à penser et à écrire ce spectacle ?
Après la fin du film David et Madame Hansen. J'écris toujours le plus tard possible, je ne prends pas d'avance parce que c'est pas mon genre. Et ce qui est compliqué avec ce spectacle, c'est que l'idée, l'envie et la trame sont très anciennes. Je sais que je vais faire un spectacle sur Bach depuis des années, bien avant Kaamelott. Le truc c'est que ça fait partie des envies comme ça et qu'il n'y a qu'au moment de les mettre en oeuvre que je les mets en oeuvre.

Et qu'est-ce qui vous a décidé à créer un spectacle sur Bach ?
La passion que je lui porte qui est très sincère, et ce depuis ma plus tendre enfance. Il y a quelque chose chez Bach qui me bouleverse. Il y a les compositeurs que j'aime et Bach, que je mets vraiment à part. Y a quelque chose d'ésotérique dans sa musique, quelque chose de mathématique, quelque chose de proprement insondable qui ne cesse de m'étonner. J'avais envie de parler de lui mais aussi de faire un spectacle qui prenne une forme de masterclass, un peu comme Rollin aime bien faire. C'est lui qui m'a transmis un peu ce goût là. J'aime bien qu'il y ait un coté un peu cours, un peu leçon dans ce que je fais. Qu'il y ait un truc à transmettre. Et le spectacle de Bach c'est un peu le mélange de tout ça. Plus le fait de vouloir raconter des choses, de faire rire mais pas que, qui est un peu, j'espère, ma marque de fabrique.

"J'aime pas bien être là où on m'attend. C'est assez morbide d'ailleurs d'être là où on nous attend."

Par conséquent, comment décririez-vous votre spectacle ? Contrairement à ce qu'on aurait pu penser ce n'est clairement pas un one-man show. C'est un mélange entre une pièce de théâtre et une masterclass.
Disons qu'effectivement, one-man show ou stand-up comedy c'est un genre, où on attend un certain nombre de choses qui vont avec ce genre : Probablement quelqu'un de seul, probablement avec un micro-main, probablement sans décors, qui a un rapport avec la vie de tous les jours, des anecdotes... En revanche "Pièce de théâtre" ce n'est pas un genre, c'est un tout. De la troupe de Deschamps avec Morel, Saladin et compagnie, jusqu'aux classiques, des choses complètement folles, acrobatiques, des choses à 20 personnages, à 50 ou à 1... Ça veut rien dire en soit "Pièce de théâtre". Du coup elle peut prendre une forme de pièce magistrale sans que ça pose de problème. Après quand vous dites : "on pourrait s'attendre à" c'est vrai. Et justement c'est peut-être pour ça que je ne le fais pas. J'aime pas bien être là où on m'attend. C'est assez morbide d'ailleurs d'être là où on nous attend.

Du coup c'était aussi une envie de vouloir surprendre le public ?
Oui mais comme à chaque fois. Y a une envie de surprendre, et puis comme lorsque l'on filme, y a une envie de ne pas être raccord avec ce que les gens pensent que je vais donner. Mais je suis prêt et préparé à décevoir aussi.

Vous n'appréhendiez pas la rencontre avec le public alors ?
(Il réfléchit) Je ne ferais pas ces exercices-là si j'appréhendais. Comme n'importe quel artiste qui passe sur scène j'appréhende évidemment, mais je ne ferais pas mon métier comme ça si je craignais de décevoir. D'ailleurs c'est pas "décevoir", car les gens qui viennent voir le spectacle, même s'ils ne s'attendaient pas à ça, ils y trouvent un travail, quelque chose que j'ai voulu dire et qui est construit.

Personnellement, j'écris les pièces pour moi ou telle que j'aimerais les voir en tant que spectateur. Et moi j'aime bien qu'on me prenne au piège. Je trouve que ça fait partie du jeu. Je suis content lorsque quelqu'un me prend par la main pour m'emmener et puis hop, me la lâche et puis m'emmène ailleurs, puis me la reprend plus tard ... J'aime bien qu'on s'occupe d'organiser les surprises pour moi. Si je vais voir machin et qu'il me fait du machin, mais pas plus ou pas moins, il me manque quelque chose généralement. Et c'est le cas des fois avec les stand-up comedy.

Lorsque vous êtes sur scène on voit à quel point vous prenez du plaisir, avec des répliques toujours aussi drôles. Ça ne vous manque pas d'avoir un partenaire avec qui échanger/partager ?
Ça a pu m'arriver si. Heureusement, je ne fais pas que ça, je continue de faire d'autres choses où je me mélange à d'autres personnes. Les choses que je fais ne sont jamais l'unique chose que je fais dans le moment. Donc généralement elles ne me frustrent pas parce que j'ai des choses autour qui font que le tout s'équilibre. Mais c'est une pièce qui m'a donné envie de remonter sur les planches plus tard, mais accompagné cette-fois. Peut-être que si je n'avais pas fait cette pièce là, c'est une envie que je n'aurais pas eu de la même façon. Les choses amènent les choses...

"C'est important aussi d'écouter ses frustrations."

Peut-on alors espérer découvrir un Kaamelott sur scène ?
Je trouve qu'on peut tout faire au théâtre, mais y a un truc qui me plaît bien c'est que le théâtre n'est pas le monde du décor, pas le monde du réalisme, pas le monde de l'évocation directe. On peut évoquer plein de chose au théâtre mais on n'a pas besoin de grand chose. Un tapis, un tableau, une paire de pompes... on n'est là pour singer le réalisme, on n'est pas là pour le donner. Pour Kaamelott, ce qui est important pour moi c'est que le décor ne fasse pas carton-pâte. Déjà que ses héros n'en sont pas vraiment, puisqu'ils n'ont rien d'héroïques et qu'ils sont au contraire très réalistes, il faut que l'environnement marche dans Kaamelott. Il faut qu'on puisse croire à ce qu'il y a autour. Je sais pas si c'est un truc que j'ai très envie de faire au théâtre. Honnêtement, c'est pas ce qui me vient en tout cas.

Quand on vous voit jouer sur scène, vous dégagez une telle énergie que l'on se surprend à revoir Louis de Funès à travers vous. Il a été une source d'inspiration pour ce spectacle ?
(Sourit) Il est une inspiration globale chez moi. La totalité de la série Kaamelott lui est dédiée. Mais oui très clairement. C'est une inspiration dans ma volonté de jouer des personnages qui sont généralement un peu isolés dans leurs histoires et qui sont souvent les gens les plus rapides intellectuellement de tous ! Les personnages de De Funès sont toujours encombrés de gens qui sont plus lents que lui, du coup ça détermine son jeu, sa technique... Et tout ce qu'il fait est donc évidemment basé sur l'impatience, sur la gestion de son impatience en fait ! Et ça, l'envie de jouer des situations comme ça me vient de lui c'est sûr ! Et Kaamelott est aussi organisée un peu comme ça !

Dans le spectacle, votre personnage de Bach dit : "La musique française ne me dérange absolument pas, à partir du moment bien entendu où on ne me la fait pas écouter" puis il en profite pour critiquer un peu toutes les autres. A votre avis, que dirait-il s'il entendait la musique actuelle ?
Je vais vous répondre par la bande de billard. La musique probablement la plus complexe au monde, la musique la plus mathématique, celle qui nécessite une exigence de l'oreille et de la tradition c'est la musique Indienne. Les grands maîtres de la musique Indienne sont souvent ennuyés par notre musique qu'ils trouvent assez primaire, basique. Il y avait un grand maître Hindous qui disait que le seul truc qu'il était capable d'écouter chez nous... c'est Bach. Donc comme notre musique à tendance à se vulgariser, à se simplifier et que Bach est probablement le plus complexe de tous, je pense qu'il se serait peut-être ennuyé.

Quelle a été la chose la plus difficile à mettre en oeuvre avec ce spectacle ? Répéter chaque soir le même texte ? Apprendre vos longs monologues très impressionnants ? Jouer de la musique tout en récitant votre texte ?
Le plus difficile pour moi et ce, d'une manière générale, c'est effectivement de refaire. Mais j'ai aussi fait ce spectacle, voulu monter sur scène pour forcer ce trait-là chez moi. Me forcer à refaire et à reprendre à zéro la même chose. Bien sûr il n'y a pas une représentation qui est exactement la même, j'y apporte des bricoles chaque soir, mais la discipline de refaire, d'être acteur au théâtre est quelque chose qui me manquait. C'est important aussi d'écouter ses frustrations.

Et comme vous le disiez un petit peu tout à l'heure, je pense notamment aux tournées, c'est vrai que c'est difficile d'y être seul. Même si je ne le suis pas réellement parce que j'ai mes camarades techniciens, Jean-Christophe Hembert mon metteur en scène qui me suit souvent, mais c'est une opération solitaire. C'est un petit tunnel solitaire.

Les autres projets d'Alexandre Astier

On a récemment appris qu'HeroCorp, la série créée par votre frère Simon Astier, allait enfin avoir le droit à une saison 3. Savez-vous si vous serez de retour ?
(Il rigole) Je n'ai pas été informé par le réalisateur de l'éventualité du retour d'Araignée-Man dans la saison 3 d'HeroCorp. Toutefois, si jamais il devait être requis, il ne faillira pas à sa mission bien entendu !

En plus de votre spectacle, vous êtes aussi sur un autre grand projet (presque secret), celui du film d'animation Asterix et Obelix : Le domaine des Dieux. La réalisation se déroule bien ? Une date de sortie est-elle déjà prévue ?
Il n'y a rien de tellement secret, le seul truc c'est que comme c'est un film d'animation en 3D relief ce qui n'a jamais été fait pour Asterix, c'est un projet de très longue haleine. Notamment techniquement, la réalisation, la modélisation de tout ça, ça prend du temps. Y a un petit côté 'working progress' puisque même le script évolue en fonction de la technique, qui elle même évolue en fonction du script. Et puis c'est aussi un travail de licence, c'est à dire que je ne suis pas aussi libre que je le serais sur une page blanche. Il faut que les choses soient validées par la maison Asterix, les éditeurs, les ayants-droits, Monsieur Uderzo... C'est un très long travail, on dit même que c'est le double d'un film live en temps de réalisation. Mais c'est tout à fait en cours et on imagine une sortie pour fin 2014, début 2015 !

Finalement c'est presque votre plus gros projet ?
Oui mais je ne suis pas réalisateur, je suis co-réalisateur. Je suis auteur de l'adaptation, je dirige les comédiens... Mais ce qui fait que le travail est plus long que dans un live, c'est l'aspect de la modélisation de l'animation, le rendu... et tout ça ce n'est pas ma partie. Du coup ce n'est pas moi qui subit ça de plein fouet, c'est Louis Clichy qui est le réalisateur du film. C'est lui qui est corps et âme sur ce projet et qui le sera jusqu'à la fin. Moi je suis finalement un peu plus électron libre.

Peut-on s'attendre à ce que vous fassiez un doublage dans ce film ?
Oui c'est prévu. Mais ça serait dommage de vous dire qui c'est maintenant (rire). Mais ce n'est pas Asterix ni Obelix.

Il y a quelque temps, vous avez posté sur le net une photo de la toute première page du script de votre futur film Kaamelott. Les choses ont-elles évolué depuis ?
Le truc c'est que pour les films Kaamelott, c'est une trilogie qui est prévue. Et le jour où je mets le pieds dans la trilogie j'en ai pour 10 ans, ou quelque chose comme ça. J'ai démarré l'écriture, ce n'est pas le problème, mais avant de complètement débuter la fabrication, la production... il faut que je m'assure que ces 10 années vont bien se passer. Que ce soit contractuellement, avec les droits, que chaque chose est sa place, que j'ai les bonnes personnes, les bons endroits pour le faire, que je n'ai pas à subir des choses... Parce qu'évidemment ça peut vite devenir un cauchemar. C'est un truc de très très longue haleine et puis je suis tellement à tous les postes que c'est un sac à dos énorme.

Et ça ne vous pèse pas trop de tout faire justement ?
Ah ba non parce que je l'ai voulu, je l'ai cherché. Vous savez, si demain je dis que je délègue ça, ça et ça, c'est très vite fait. Mais ça me dérangerait, parce que ça voudrait dire que j'ai à formuler des choses au lieu simplement de les penser et de les faire. Comme pour la musique d'un film. Je sais faire, je sais prendre une partition et écrire des choses. M'asseoir en face d'un compositeur et lui expliquer ce que je voudrais c'est un exercice qui n'est pas très agréable, parce qu'en plus j'en sais rien. Enfin je veux dire que j'en sais rien avec des mots. C'est plus simple de le faire quand on peut. Mais pour en revenir aux films Kaamelott, c'est en cours !

Les séries tv d'Alexandre Astier

Que ce soit avec Kamelott, HeroCorp, une petite apparition dans Bref... une bonne partie de votre univers tourne autour des séries tv. Vous en regardez beaucoup ?
Je n'ai malheureusement pas beaucoup de temps pour en regarder. Je regarde des séries, ça m'arrive. Je regarde The Big Bang Theory par exemple !

Vous n'êtes pas trop déçu de son évolution ?
J'ai essayé de récupérer la saison 5 mais c'est très compliqué parce que moi je ne pirate pas, alors c'est chiant. On est le seul pays où c'est pas encore en vente. Mais non, pas trop. Je m'en rends pas compte mais comme j'aime bien ces personnages, je pense que je ne suis pas très sévère avec eux. Simplement le fait de les retrouver, je suis bien.

Je regarde ça et j'aimerais bien que Malcolm sorte en DVD. Y a rien, c'est le problème de droits musicaux. Mais j'aimerais que ça sorte et en VO. Parce que c'est chiant à force...

Vous n'aimez pas la VF ? Celle de Malcolm est pourtant réputée comme très bonne.
Non je n'aime pas. Enfin c'est très bien en VF, mais j'ai quand même envie d'entendre la voix des acteurs. C'est pas pour critiquer cette VF là qui effectivement est très bonne, mais bon, j'aimerais bien savoir comment ils parlent en vrai (sourit). Donc c'est un problème que ça ne soit jamais sorti.

On vous sait proche de jeunes talents du web comme Monsieur Poulpe, Davy Mourier, François Descraques... avec qui vous n'avez pas hésité à participer à certains sketchs. C'est quelque chose d'important pour vous d'aider cette "nouvelle génération" à percer ?
Y a un truc de clair, c'est que lorsque les gens sont bons je ne regarde pas où. Je ne fais pas de hiérarchie qualitative entre le web, la télé, le cinéma... Je n'en faisais déjà pas entre le cinéma et la télé, je ne vais pas en faire entre le web et le reste. Je ne suis pas comme ça. J'aime bien tous les moyens de parler au public, et je trouve qu'internet est bien pour ça. C'est très important qu'internet arrive à cohabiter avec la télé, le cinéma, que des gens arrivent à traverser tous ces formats. Donc moi quand les gens sont bons, j'aime et très modestement, j'essaie de les encourager. Mais ils n'avaient pas besoin de moi et ils n'ont toujours pas besoin de moi pour ça. Si je peux aider j'aide, si je peux servir je sers.

Le spectacle "Que ma joie demeure" est actuellement disponible en DVD.

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