En 2007, Internet ne ressemblait pas au monstre incontrôlable que l'on connait aujourd'hui, mais on était loin d'une safe place pour autant. Certes, les réseaux sociaux venaient à peine d'être lancés (Twitter / YouTube / Facebook sont nés publiquement en 2006, Instagram n'existait pas encore), mais les internautes les plus toxiques profitaient déjà des forums pour laisser exploser leur haine.
Et malheureusement pour Katie Leung, elle était bien placée pour le savoir. Dès l'annonce de son casting pour le rôle de Cho Chang dans le film Harry Potter - L'ordre du Phoenix sorti en 2007 (rôle repris ensuite à trois reprises), elle s'est retrouvée au centre d'un cyber-harcèlement difficile à vivre. 19 ans plus tard, les cicatrices sont d'ailleurs encore présentes.
"C'était oppressant dès le début, a soufflé la comédienne de 38 ans auprès du Guardian. Être sous les feux des projecteurs à cet âge-là [19/20 ans], alors qu'on est déjà fragile, c'était difficile, c'est peu de le dire. (...) J'essaie encore de comprendre comment cela m'a affectée."
Alors qu'elle voyait cette opportunité comme une façon amusante d'échapper à l'école, Katie Leung a rapidement déchanté en allant lire les réactions à son casting.
Je ne sais pas si on aurait pu faire quoi que ce soit à l'époque pour améliorer les choses ou les faciliter. À cet âge-là, on est curieux. Je me souviens d'avoir été très curieuse de savoir ce que les gens disaient de moi, et je faisais des recherches sur moi-même sur Google. Personne n'aurait pu m'en empêcher, car j'étais assez grande pour me faire ma propre opinion.
Or, entre les attaques racistes ou les commentaires déplacés sur son physique, Katie Leung est tombée de haut en découvrant une sombre facette de la réalité.
Je crois que ça m'a vraiment marquée, et ça m'a affectée, au point où je me disais, 'Je prends cette décision parce que je sais que les gens disent ça de moi.' Ça m'a probablement rendue moins extravertie. J'étais très consciente du poids de mes paroles. Et pendant très longtemps, j'ai peut-être essayé de compenser, voire de surcompenser.
Par chance, cette haine en ligne ne l'a pas déroutée de sa passion pour la comédie et le public aura bientôt le bonheur de la retrouver à l'écran dans la saison 4 de Bridgerton sur Netflix. En revanche, Katie Leung n'aborde plus ce métier de la même façon aujourd'hui qu'à ses débuts.
Je tiens toujours aux valeurs créatives du métier d’acteur, je veux toujours bien faire, mais je peux désormais mettre ce métier de côté une fois ma journée de travail terminée, au moment de rentrer chez moi et vivre cette autre vie. C’est plus un travail pour moi qu’une vocation ou un besoin vital, contrairement à ce que je ressentais pour le métier d’acteur dans ma vingtaine.
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