Victime d'homophobie, un lycéen est contraint de quitter son établissement, il témoigne
Victime d'homophobie, un lycéen est contraint de quitter son établissement, il témoigne
C'est un témoignage à la fois indignant et bouleversant qu'un lycéen a donné au Parisien, puis à Konbini News. Victime d'homophobie et de harcèlement sexuel dans son lycée, il a finalement été obligé de quitter son établissement. Une plainte contre les harceleurs présumés a été déposée en juin dernier. Il témoigne.

Viré de son collège parce qu'il est homosexuel, Bilal Hassani n'est malheureusement pas le seul élève à être victime d'homophobie. Ces derniers jours, un lycéen a offert un témoignage à la fois poignant et indignant, d'abord au Parisien, puis à Hugo Clément, pour Konbini news. Âgé de 16 ans, il raconte avoir été victime de harcèlement sexuel dans son ancien lycée, le lycée Jeanne La Lorraine au Raincy, en Seine-Saint-Denis. "On m'a fait comprendre que j'étais un déchet de la société", se confie-t-il après avoir énuméré les insultes dont il fait l'objet.

Après avoir fait part de son orientation sexuelle, il a reçu des insultes homophobes quasiment tous les jours et le harcèlement l'a suivi jusqu'aux toilettes : "on m'a ouvert la porte, on m'a jeté de l'eau par-dessus les toilettes.", raconte-t-il. Le harcèlement continuait chez lui, sur les réseaux sociaux : "sur Snapchat, il y avait un groupe de la classe, c'est devenu un peu le défoulement de toute la classe, où ils m'insultaient, ils insultaient mes amis.".

Une plainte déposée

Il a mis longtemps à en parler : "On ne sait pas à qui s'adresser. Je ne voulais pas me faire casser la gueule, donc j'ai rien dit." Quand il a essayé d'en parler à un prof, ça s'est mal passé : "la seule fois que j'ai voulu parler à un prof en début d'année, il m'a dit qu'il fallait que je mette un peu du mien. Je suis parti parce que je comprenais pas.". Selon lui, les professeurs étaient au courant puisqu'on l'insultait en classe, devant eux. De même avec son proviseur : "il m'a fait comprendre que si j'avais pas dit que j'étais homo, on n'en serait pas là. Il ne me l'a pas dit ouvertement mais il me l'a fait comprendre.".

En mai 2018, il en parle à ses parents qui ont demandé un rendez-vous avec l'équipe pédagogique, qui s'est excusée et a assuré ne pas être au courant. Mais alors qu'ils ont promis de virer les harceleurs à la rentrée prochaine, 2 d'entre eux étaient toujours présent en septembre... Il a alors décidé de changer de lycée et a déposé une plainte contre les harceleurs présumés en juin dernier.

Le ministre informé

Une histoire qui est remontée au sein de l'Assemblée nationale, où le député LR de l'Oise Maxime Minot, a interpellé le ministre de l'Éducation nationale : "Comment ne pas être ému par un jeune qui, victime de brimades et de quolibets, a dû quitter son établissement scolaire ?", s'est-il indigné, ajoutant "Même si des efforts sont faits pour lutter contre ce problème, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour faire évoluer les mentalités". Jean-Michel Blanquer a rappelé qu'une nouvelle campagne de lutte contre le harcèlement scolaire serait lancée le 8 novembre.

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