Saw commence à dater.
Le film de James Wan, co-écrit avec Leigh Wannel, vient de fêter ses 22 ans. Ce que l'on considérait à l'époque comme un coup d'éclat de petit malin bien "twisté" - dans le style de Cube - annonçait en vérité la lucrative carrière d'un prodige de l'horreur. Le papa des sagas Insidious et Conjuring, en plus de signer d'historiques jumpscares, s'est offert une belle place à Hollywood au gré de ses productions.
Et parmi le vaste Wan-verse demeure la franchise du "tueur au puzzle", une sorte de croisement improbable entre Les feux de l'amour - pour les retournements de situation en série - et Hostel - pour le sadisme décomplexé. Tenez vous bien : après un spin off très discutable signé Chris Rock (toujours moins mémorable que ses échanges avec Will Smith) et un dixième opus grand guignol à souhait, Saw est de retour !
Et on en sait enfin plus sur cet onzième opus.
Sur quel pied tranché dansera cet onzième Saw ?
Difficile d'inventer de nouvelles histoires au bout de 20 ans alors que la généalogie de Jigsaw, le tueur au puzzle, devient de plus en plus ubuesque, et l'identité des complices au gré des opus, encore plus improbable que les dénouements de la saga Scream. Néanmoins, le lore de la franchise va encore se développer, si l'on en croit les premiers indices sur ce futur volet à la date de sortie pas encore annoncée.
Au cœur de ce projet encore très énigmatique, un "scénario démentiel" qui renouerait "avec le mystère du film original, tout en explorant de nouvelles idées sanglantes et folles, s'accordant parfaitement avec la boussole morale brutale de la franchise", nous apprend la revue de référence Fangoria, de la bouche même du réalisateur...
Et niveau mise en scène justement, les révélations sont très concrètes : Mike P. Nelson réalisera cette 11ème occurrence sanguinolente. Un cinéaste plutôt réputé dans le milieu puisqu'il a aussi bien participé à la trilogie de films à sketches V/H/S, qu'à des sagas appréciées des fans de l'horreur - de Silent Night, et son Santa Claus psychopathe, à Détour Mortel, slashers très influencés par La colline a des yeux.
De quoi assurer la singularité de cette énième suite ? On le souhaite à son cinéaste, car il devient nécessaire de se démarquer dans un panorama horrifique qui tranche de plus en plus par sa radicalité - tels qu'en témoignent magistralement La Main et le tout récent Resident Evil.