Cinéma
Resident Evil : je m'attendais à une adaptation fidèle du jeu vidéo, je viens de voir un film d'horreur aussi hallucinant qu'Obsession
Publié le 17 septembre 2026 à 16:24
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Resident Evil a droit à une nouvelle transposition à l'écran, et c'est l'auteur du méga hit Evanouis qui s'y colle. Aux antipodes des turbo nanars estampillés Milla Jovovich, le cinéaste nous a fait décoller de notre fauteuil. Et même applaudir en pleine séance. On en parle.
Resident Evil : je m'attendais à une adaptation fidèle du jeu vidéo, je viens de voir un film d'horreur aussi hallucinant qu'Obsession

Resident Evil.

Deux mots qui sonnent comme une douce musique aux oreilles des férus de jeux vidéo. La saga vidéoludique de Capcom tétanise les gamers les moins frileux et les plus insomniaques depuis 30 ans. Et elle est de ces franchises qui puisent abondamment dans le septième art - s'inspirant autant des films de zombies matriciels de George A Romero que de l'horreur japonaise la plus suggestive. Logique donc de l'adapter sur grand écran : car ces concentrés de screamers, de fulgurances gore et de jumpscares pervers sont déjà des films en soi.

Et pourtant, au ciné, Resident Evil est devenu dès 2002 l'un des plus gros turbo-nanars du genre. Oui, Milla Jovovich a la classe quand elle botte les fesses - au ralenti - de revenants patauds, le tout en talons aiguilles et en robe de soirée Chanel... mais tout de même : on est loin du trauma. 

Et c'est pour corriger cette fatalité que débarque un élu : Zach Cregger. Le cinéaste d'Evanouis, méga succès surprise de 2025, a été nommé à la tête de ce nouveau Resident Evil à découvrir en salles dès à présent. Et ce qui en résulte m'a fait passer par tous les états, façon tour de grande roue détraquée : rires, sidération, effroi, et même, applaudissements - à l'unisson de ceux d'une foule en délire. 

Récit d'une expérience qui a tout de la claque.

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"Aussi hallucinant qu'Obsession" 

Alors que résonnent les premiers frémissements de popcorn, le public est déjà tout excité ce soir-là, dans l'immense salle (comble !) de l'UGC des Halles, lors du day one de la sortie de Resident Evil. 

Les fans hardcore sont clairement présents sur les sièges - comme en témoigneront, l'heure trente suivante, les réactions très sonores aux quelques easter eggs et clins d'oeil aux différents opus du jeux vidéo, dispersés de ci de là au gré des séquences. Mais l'essentiel de l'audience, au sein du plus gros ciné de France, est clairement composée des groupies de Zach Cregger : ceux qui ne sont jamais vraiment revenus d'Evanouis, et surtout, de son premier long encore plus marquant, Barbarian (sur Disney +).

Le public, bien au-delà de la "commu Resident Evil", c'est celui du choc Obsession, autre immense hit surprise du côté de l'épouvante, de La Main, de Backrooms : une jeune audience très motivée venue soutenir le renouveau du cinéma d'horreur, une révolution aussi bien culturelle qu'économique qui ces dernières années vient des vingtenaires, des trentenaires, des YouTubeurs, d'une génération hyperconnectée qui a l'âge de ses spectateurs - et inversement. 

Resident Evil sera de ce cru : extrêmement frontal, trash, d'une cruauté absolue, un roller coaster hyper énervé, radical de A à Z.

Un film qui fait honneur à la saga Resident Evil
Une comédie burlesque profondément gore

Et ce dès les premières minutes, qui posent le ton : l'ironie la plus noire, car l'oeuvre est gorgée d'humour, côtoie une tension étouffante, parfaitement maîtrisée, distillée dans un récit resserré au maximum. Car oui, tout ce ride se déroulera l'espace d'une unique nuit, comme un one shot, nous collant aux trousses d'un livreur mêlé malgré lui à la survie d'un monde pris d'assaut par des contaminés furibards - pauvre hère incarné par Austin Abrams, le junkie en plein délire de Evanouis. 

L'expérience fait donc le pari de la rupture de ton continue. Dans une même séquence, la frousse anxiogène vient recouvrir les introspections très drôlatiques de notre protagoniste, que nous suivons au plus près (sans la moindre voix off, heureusement !), et des séquences étonnamment burlesques découlent de ses pires malheurs. Un humour noir qui a généré quantité de rires, souvent nerveux, dans la salle.

Mais la sidération se situe encore ailleurs, et bien au-delà d'un fan service facile. Car c'est une leçon de mise en scène que Zach Cregger nous propose. Sa gestion de l'espace et du temps impressionne. Sa réalisation hyper sensorielle s'amuse constamment de ce que l'on voit, de ce qui nous est caché, de l'attente surtout (qui doit beaucoup à la profondeur de champ, à un cadrage ample et dense), de la position de notre anti-héros, de comment ses sens réagissent - et notamment ses oreilles. Compliqué à décrire en quelques mots : il faut le vivre. 

Ce Resident Evil est juste hallucinant.
Des prouesses applaudies par le public

Partant de cette volonté d'implication totale, de mise en images organique, où le hors-champ compte tout autant que la fulgurance graphique (et le film, très sanguinolent, en abonde), Cregger fait le choix d'enchaîner sans baisse de rythme les moments de bravoure et de prouesses techniques. Résultat : un moment particulièrement fort a engendré les applaudissements des quelques cent cinquante personnes présentes dans la salle ce soir-là.

Trop en dire serait se risquer au spoiler. 

Alors plus de temps à perdre : dans le sillage des baffes horrifiques qui dynamisent le box office américain depuis Talk to Me (voire même, Midsommar), cette oeuvre culottée, qui s'amuse également des codes du jeu vidéo (et pas que des jeux vidéo d'épouvante), exige d'être éprouvée (c'est le mot) dans une salle de cinéma.

Parole : vous ne reviendrez jamais vraiment de Racoon City.

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Par Clément Arbrun | Journaliste société
Journaliste Société et Pop Culture, Clément s'intéresse autant aux punchlines de Virginie Despentes qu'aux perruques de Bilal Hassani et aux blagues de Panayotis Pascot. Il aiguise principalement sa plume en papotant féminismes, genre et fashion, ce qui lui permet de parler d'Harry Styles, des gens pas toujours fréquentables qui emploient le mot "woke" sur Twitter et des dernières prods Netflix.
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