Dix ans, c'est le temps qu'il aura fallu à David Bowie pour sortir un nouvel album. Mais pour des milliers de maires en herbe, c'est aussi le temps qu'auront pris les développeurs des studios Maxis pour proposer une suite à SimCity 4. A la manière du dernier Tomb Raider, la série "repart" de zéro et s'habille pour l'oc

Dix ans, c'est le temps qu'il aura fallu à David Bowie pour sortir un nouvel album. Mais pour des milliers de maires en herbe, c'est aussi le temps qu'auront pris les développeurs des studios Maxis pour proposer une suite à SimCity 4. A la manièredu dernier Tomb Raider, la série "repart" de zéro et s'habille pour l'occasion d'un tout nouvel habillage 3D ainsi que d'un nouveau moteur de jeu : Glassbox. Ces nouveautés suffisent-elles pour nous faire oublier les déboires de son lancement ? Réponse dans notre test de SimCity, sorti sur PC le 7 mars 2013.

Une longue période de silence
Pour les joueurs qui débarqueraient, SimCity est LA série de gestion de ville sur PC. La création de Will Wright a très rapidement tapé dans l'oeil des joueurs, de par son contenu riche et surtout son gameplay pour le moins technique, à réserver aux plus téméraires. La simulation est tellement fidèle sur certains aspects que les paysagistes et architectes l'utilisent parfois. Mais voilà, depuis 2003, la série avait disparu de la circulation. Une longue période de silence finalement brisée en mars 2012 avec l'annonce d'un digne successeur par Electronic Arts, baptisé sommairement SimCity.

Le reboot du renouveau
Et comme son nom l'indique, SimCity est l'épisode du renouveau, tout d'abord graphique. Qu'on se le dise, l'aspect maquette des précédents volets avait un charme indéniable. Mais l'introduction de la 3D gomme l'aspect lisse des premiers épisodes, et apporte enfin du réalisme à nos constructions. Zoomer sur ses rues pour voir son dernier casino s'animer ou prendre un peu de recul pour admirer sa ville lumière plus vraie que nature, s'avèrent être une réelle plus-value dans la saga.

L'autre nouveauté est Glassbox, le nouveau moteur de la série, concocté spécialement par Maxis. Ce moteur intègre une toute nouvelle dimension de micro-gestion à SimCity, chaque habitant de votre ville pouvant désormais être sélectionné et suivi à la trace. Mais au demeurant, son impact sur votre façon de jouer reste plus anecdotique que vraiment innovant, notamment à cause d'une IA conflictuelle qui vous poussera plus d'une fois à regarder vos grattes-ciels gagner de l'altitude plutôt que vos habitants se rendre au travail.

Une addiction contrôlée
En termes de mécaniques de jeu, SimCity a tout du titre addictif. C'est simple, les possibilités sont tellement nombreuses et le niveau de personnalisation poussée à l'extrême que vous ne saurez littéralement pas par où commencer. Faire la liste des nombreuses actions à réaliser reviendraient littéralement à se tirer une balle dans le pied mais sachez que jamais une ville ne ressemblera à celle construite précédemment.

Dans les grandes lignes malgré tout, votre cité dépend de beaucoup de facteurs, que ce soit la densité de votre population, la largeur de vos rues, la valeur des terrains ou bien encore le niveau d'éducation de vos habitants. Autant de statistiques que vous pouvez bien évidemment visionner à travers les volets d'informations que propose le titre, toujours instructif pour maîtriser l'évolution de votre bourgade.

Le moindre immeuble, la moindre route et le moindre service que vous placerez sur votre carte influenceront donc directement la manière dont votre ville se développera, du plus petit quartier huppé, au plus développé des complexes industriels. Et pour ceux qui en veulent toujours plus, une nouvelle forme de spécialisation vous permettra de rendre votre capitale d'autant plus unique, que vous souhaitiez la transformer en piège à touriste, ou bien encore en véritable El Dorado technologique prisé par les plus grandes entreprises.

Une ergonomie à revoir
Mais voilà, tout n'est pas rose dans SimCity et de nombreux petits détails viennent entacher légèrement notre quête du titre de meilleur maire de la région. Tout d'abord, la prolifération des bâtiments publiques pousse le joueur à construire et déconstruire son environnement sans cesse. Un aspect d'autant plus rédhibitoire que les cartes sont affreusement minuscules, se sentant très rapidement à l'étroit. Par ailleurs, les rues ne pouvant être transformées en avenue, il vous est impossible de balayer certains de vos grands axes obsolètes sans devoir casser tous les bâtiments juxtaposés. Rageant.

Le multijoueur salvateur
Fort heureusement, le nouveau mode multijoueur rehausse considérablement le caractère addictif de SimCity. L'interaction avec les villes des maires voisins, notamment par le biais d'achat de ressources ou le partage de services, est intelligemment intégré au gameplay et réserve de longues parties captivantes entre amis ou plus généralement en ligne. Imaginez par exemple pouvoir travailler main dans la main avec les métropoles voisines dans l'optique de développer un écosystème rentable, composé d'une ville-casino, d'une cité universitaire, d'un pôle économique et d'une ville-dortoir. La coopération dans toute sa splendeur.

En d'autres termes, SimCity possède le code génétique de la série à savoir un gameplay addictif et des mécaniques de jeu très complètes. L'introduction de la 3D donne enfin vie à nos vieilles villes moroses des anciens volets. On regrettera cependant un moteur Glassbox au final assez anecdotique et un manque d'ergonomie pour la gestion des terrains, à cause notamment de cartes trop petites. Mais le charme de la série reste intacte. Les maires délaissés depuis 2003 retrouveront donc rapidement leurs marques, tandis que les néophytes se laisseront volontier happer par l'épisode le plus accessible de la série.

15/20