20 ans après le piratage, le nouvel ennemi de l'industrie musicale est l'IA. Si certains, comme le chanteur américain Teddy Swims, assument pleinement l'utiliser pour créer leurs morceaux, la plupart des acteurs du domaine sont très méfiants face à cette technologie qui se développe à un rythme dingue. Pour preuve, des chansons créées par intelligence artificielle ont atteint le sommet des charts américains et un faux rappeur français, Willylancien, voit son titre "Magique", créé artificiellement, être désormais joué en radio sur Skyrock. Le patron de la station s'est même défendu en arguant qu'il s'agissait du futur.
Face aux dérives de l'IA, Taylor Swift prend une décision radicale. La superstar américaine annonce entamer des démarches pour protéger juridiquement sa voix et son image. L'interprète de "Shake It Off" a déposé plusieurs demandes auprès de l’Institut américain de la propriété intellectuelle (USPTO). Celles-ci se matérialisent à travers trois "marques" : une photo d'elle sur scène durant le "Eras Tour", ainsi que deux enregistrements audio afin de protéger sa voix : "Hey it's Taylor" et "Hey, it's Taylor Swift".
Selon Josh Gerben, avocat spécialisé dans la propriété intellectuelle, ces demandes "témoignent de l'inquiétude croissante des artistes du secteur du divertissement quant au risque que l'intelligence artificielle s'empare de leur capacité à contrôler leur voix et leur image sans leur consentement" comme le relaie Variety. Pour l'heure, les dossiers ne donnent pas plus de précision sur ce triple dépôt.
Depuis plusieurs années, Taylor Swift est victime de détournements sur les réseaux sociaux à cause de l'IA, qui a notamment créé de fausses images p*rnographiques ou un soutien fictif à Donald Trump en vue de l'élection présidentielle de 2024. "Cela a avivé mes craintes liées à l’IA et au danger de la désinformation" avait alors déclaré la chanteuse.
Taylor Swift emboîte le pas de Matthew McConaughey. Il y a quelques mois, l'acteur américain a lui aussi entamé des démarches en ce sens et a obtenu huit "marques" à son nom : sa fameuse réplique culte "Alright, alright, alright" tirée du film Génération rebelle (1993), ainsi que des extraits audio et vidéo, qui ne pourront donc pas être reproduits sans son autorisation par des logiciels.
Une décision forte en réponse à une dérive de plus en plus importante sur l'utilisation de l'image et de la voix de célébrités par l'intelligence artificielle. À titre d'exemple, le film As Deep As the Grave fait polémique puisqu'on y verra Val Kilmer. La famille de l'acteur disparu en avril 2025 a donné son accord pour que son image et sa voix soient recréées via l'IA.
De son côté, Scarlett Johansson a attaqué en 2023 l'application Lisa AI qui avait créé un avatar IA de la star sans son consentement. La chanteuse Alicia Keys a également tiré la sonnette d'alarme sur la question. "Les gens adorent utiliser nos créations, se les approprier, les exploiter au maximum, obtenir des prêts grâce à elles et bâtir leur entreprise dessus. Les artistes doivent réfléchir à la manière de devenir propriétaires de leurs propres créations" déclare-t-elle au Times.
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