Le repost de la discorde. La semaine dernière, Pink a republié sur son compte Instagram le discours pro-palestinien tenu par Macklemore lors d'un concert aux Etats-Unis.
Sauf que la chanteuse n'a pas repartagé la vidéo du compte du rappeur mais de StopAntisemitism, dénonçant là "une situation inacceptable" : "Il a transformé un événement populaire en un cauchemar politique contre l'État juif. Nous exigeons des excuses et un remboursement pour les spectateurs".
Un simple repost qui a valu des milliers de commentaires négatifs, voire même hostiles, envers la popstar américaine, qui a réagi avec humour en publiant des memes pour désamorcer la situation. Mais ça n'a visiblement pas suffi à éteindre le feu de la polémique.
Ce week-end, Pink a posté un long texte pour s'expliquer face à cette situation très épineuse. "Née juive", la chanteuse rappelle que ses origines ne définissent pas ses prises de position :
"Je ne l’ai pas choisi, et je ne l’ai jamais caché. Or, cette semaine, quantité de gens ont décidé à ma place ce en quoi je crois, sans me le demander et sans vérifier la moindre chose que j’aie jamais dite ou faite ; il a suffi d’un repartage et du mot "Juive" pour qu’ils comblent les blancs à leur guise."
Elle rappelle au passage qu'un "repost n'est pas une prise de position, [qu']un meme n'est pas une pique" : "Je préfère qu'on soit en désaccord avec moi pour ce que j'ai réellement dit plutôt qu'on me haïsse pour ce que quelqu'un d'autre a écrit".
"Je ne parle ni au nom d’Israël ni au nom d’un quelconque gouvernement. Je ne l’ai jamais fait. Ce que j’ai déclaré en octobre 2023 correspond toujours exactement à ce que je pense : le Hamas est une organisation terroriste. Les Palestiniens méritent un avenir qui honore leur humanité et leurs aspirations. La protection des vies innocentes prime sur tout, partout, et personne ne devrait jamais se réjouir de la mort d’un enfant."
Concernant Macklemore, Pink semble avoir une position double : si elle a "applaudi sans la moindre hésitation" sa prestation aux Grammy Awards 2014 où "trente-trois couples — homosexuels et hétérosexuels — s’unissaient", elle a été plus gênée lorsqu'il s'est ensuite présenté sur scène avec un déguisement ressemblant à une caricature de personnage juif.
D'où son sentiment mitigé lors de son discours au plein milieu d'un stade américain : "Il s’est retrouvé face à un stade rempli de familles mélomanes, avec des images violentes de guerre projetées sur les écrans ; il a dédié une chanson au mouvement de son choix, avant de prendre le micro pour dire à tous les Juifs présents dans le stade que cela ne les concernait pas. Ce n'est pas à vous d'en décider pour nous".
C'est ça qui, selon elle, a motivé sa republication et non pas le "Free Palestine" qu'il a fait répéter au public.
"Je n’ai jamais demandé qu’on réduise un autre artiste au silence et je ne le demande pas aujourd’hui. Je ne réclame ni le licenciement de qui que ce soit ni un remboursement. Ce dont j’ai besoin, c’est de pouvoir dire, en tant que mère juive : 'Cela m’a fait peur, et cela a effrayé des gens que j’aime'."
Pink rappelle qu'au cours de sa carrière, elle a défendu de nombreuses communautés ou minorités : les gays, les trans, les jeunes enfants victimes de la guerre... Notamment à travers sa chanson Dear Mr. President, dénonçant les actions de George W. Bush notamment dans la guerre en Irak : "J’ai essuyé la haine que cela a suscitée, mais j’ai continué à la chanter parce que mes critiques virulentes visaient un gouvernement, et non ce pays imparfait que j’aime et pour lequel mon père s’est battu".
Et comme à l'époque, sa récente prise de position l'a encore plus isolée : "Quelque chose a changé dans ce pays, et je le lis dans les commentaires que je reçois. "Sioniste", craché comme une insulte par des gens incapables d’expliquer mes convictions, tout simplement parce que je ne les avais pas encore exposées. On ne m’a rien demandé ; on m’a imposé une étiquette".
Si elle reconnaît que chacun peut avoir son avis et ses opinions, la chanteuse demande à ce que le peuple juif ne soit "pas pris pour cible lors d'un concert" : "On m’a déjà dépeinte comme la méchante par le passé. Je peux l’encaisser. Simplement, je ne me laisserai pas faire sans réagir, et je n’apprendrai pas à mes enfants à le faire non plus". De quoi mettre un terme à la polémique ?