Oasis n'est pas le meilleur groupe de britpop. Désolé, Liam et Noel. Spoiler : Blur non plus. Damon Albarn ne nous en voudra pas, ses derniers concerts sous l'égide de Gorillaz sont d'indiscutables succès.
Non non, au sommet réside une formation qui, elle aussi, a fait son grand come-back l'an dernier. Et qui a enfin les honneurs d'un documentaire inédit, narré par son leader très charismatique.
Les plus érudits l'auront deviné : il s'agit de Pulp, dont les hits rock suscitent une féroce nostalgie (Common People, Do you remember the first time?, She's a Lady, Disco 2000), se sont déjà incrustés au cinéma (Trainspotting), et que l'on résumera par une série de qualificatifs mélodieux : sexy, dandy, engagé, mélancolique, indémodable.
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Les fans vont être aux anges. MUBI, la plus hype des plateformes de streaming, met en ligne ce 25 septembre 2026 un portrait du groupe - PULP, What do you do for an encore - relaté par son chanteur, Jarvis Cocker, qui abonde en performances live. Le gentleman punk retrace les prémisses et l'ascension irrésistible du projet de sa vie, épopée où s'entremêlent la série Dr Who, le festival de Glastonbury, et Barry White.
Mais c'est quoi au juste, la recette PULP ? Suivez le guide.
Cette citation issue de What do you do for an encore, résume, en grande partie, l'âme de PULP : Jarvis Cocker.
Pulp, ce sont les classiques cités plus haut, de la "britpop" douce-amère bien ancrée dans les nineties, avec tout ce que cela comprend d'efficacité, de ritournelles entêtantes, d'ironie mordante. Mais surtout, Pulp, c'est un homme. Cravaté sur scène, bien coiffé, lunettes au nez, looké comme s'il se rendait à un mariage, le leader est un dandy assumé, dès ses premiers pas sur scène, au tout début des années 80. Il mise beaucoup sur son style faussement gendre idéal, à mille lieues des dégaines Umbro très sportswear des hooligans Gallagher.
Des croquis vestimentaires sont d'ailleurs épinglés dans le documentaire estampillé MUBI : ce vestiaire est à la fois gentiment snob et très working class. Comme les textes du groupe, en fait.
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Pulp : What Do You Do For An Encore fait la part belle aux introspections de Jarvis, qui s'effeuille comme jamais, entre récits autobios et images d'archives exceptionnelles. On découvre, avant la rockstar, un marginal bercé par la télé, qui passait des heures à s'abimer les yeux (bientôt recouverts de verres teintés) devant Star Trek et Dr Who.
Avant que Pulp ne décroche la timbale - première session sur la BBC en 1981 grâce au mythique DJ John Peel, concert mémorable au Glastonbury Festival de 1995 où les hurluberlus remplacent les superstars Stone Roses - tout tient dans les rêveries d'un introverti qui ne pense qu'aux étoiles. Jusqu'à définir son groupe comme une création fantasmagorique : "un mélange de réalisme social, de disco... Et de Barry White". White pour le groove sexy, le disco pour les rythmiques, le réalisme pour tout le côté politique.
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Car Pulp, de sa création alors que Jarvis n'a que 18 ans, au succès de Common People, c'est aussi une plongée dans la tête d'une rockstar qui désire parler des "vraies gens", de leur confusion sentimentale, des conflits de classe, du temps qui leur échappe à cause du métro-boulot-dodo... Maniéré comme un gentleman mais habité par une énergie punk phénoménale, caractérisé par une voix tantôt grave, caverneuse, tantôt exagérément aiguë, l'interprète est le porte-parole de la jeunesse UK.
Pulp ne jouit pas de la notoriété d'un Oasis. Jarvis est moins grande gueule qu'un Liam Gallagher. Moins viriliste que les Mancuniens, des "lad" pur jus - mauvais garçons qui se bastonnent dans les pubs entre deux matchs de City. Le dandy se contente d'écrire de la poésie et se déhancher à merveille. Noel Gallagher balance des "fuck you" ? Jarvis Cocker préfère citer Oscar Wilde en plein plateau télé.
Résultat, Pulp a été considéré comme "trop intello", trop dandy, trop hybride, trop ancré dans la société britannique... Et ses hits pétaradants sont moins nombreux que du côté de Blur. Mais l'espace de quelques chansons demeurées mythiques, Cocker est parvenu à fédérer comme jamais une génération entière. Quand résonnent les premières notes de "Do you remember the first time?" à Glastonbury, la fosse s'électrise, et la magie opère : très mélodieux, romantique, jamais dépourvu d'humour, dansant à souhait, le style Pulp obsède.
"Voilà ce que tu cherches quand tu formes un groupe : ce sentiment de connexion avec le public", narre d'ailleurs le chanteur non sans émotion. De nerd accro aux aventures du vulcain Spock à voix d'une bande capable de booster des stades : c'est aussi ça l'odyssée Pulp.
Que son instigateur résume à merveille : "Pulp, c'est une bande d'individus désespérés qui se rassemblent. C'est beau de rêver. Mais c'est encore mieux de rencontrer des gens avec qui le faire."
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