Par Quentin Piton Journaliste Séries - Ciné
Journaliste spécialisé dans les séries, le cinéma, mais également les anime et mangas. Passe son temps à rêver d'Emma Watson, considère Olivier Giroud comme le GOAT et refuse de parler avec ceux qui sont contre la vérité absolue qui est : How I Met Your Mother est une meilleure série que Friends.
Nouveau dossier chaud à gérer pour Magali Berdah. Alors que sa société Shauna Events est sous le coup d'une enquête suite aux accusations d'arnaques portées par Booba, la boss des influenceuses est aujourd'hui attaquée par Emma Paris (anciennement Emma CakeCup). Ancienne cliente de son agence via la filiale Sublim Talent, la star de YouTube et Instagram estime avoir été manipulée et arnaquée, et réclame 2,4 millions d'euros pour un contrat qui n'aurait pas été respecté.

Les jours se suivent et se ressemblent pour Magali Berdah, la big boss de l'agence d'influence Shauna Events. Déjà accusée par Nathanya de ne pas l'avoir soutenue face à l'agression sexuelle supposée d'Illan, un autre de ses clients, et alors que Booba a permis une action en justice pour faire la lumière sur les placements de produits qu'elle met en place avec ses influenceurs, c'est aujourd'hui Emma Paris qui a décidé de l'attaquer.

Comme le rapporte Vanity Fair, la YouTubeuse / Influenceuse - anciennement connue sous le pseudo Emma CakeCup, réclame aujourd'hui à Magali Berdah, son ex-agente, 2 430 000 euros et remet en cause ses agissements qui ne seraient en rien professionnels mais qui s'apparenteraient à "de la manipulation" selon elle.

Emma Paris arnaquée par Magali Berdah ?

Tout a commencé en mars 2019 quand, à la suite de diverses polémiques autour de ses placements de produits, Emma Paris décide de se professionnaliser et se sécuriser en signant un contrat d'exclusivité avec Sublim Talent, une filiale de Shauna Events. A travers ce contrat, la vidéaste espère ainsi ne plus se faire avoir par des partenariats douteux avec des marques plutôt louches.

Et si l'on en croit les révélations de Vanity Fair, l'accord entre elle et Sublim Talent était autant ambitieux que rentable puisque, en l'échange d'une publication par jour sur ses comptes Instagram et Snapchat, Emma était censée être payée 2 280 000 euros sur deux ans, soit l'équivalent de 95 000 euros par mois. Un salaire royal qui permettait à l'influenceuse d'espérer enfin un peu de stabilité dans un milieu où les revenus peuvent fortement varier d'un mois à l'autre.

Malheureusement, dès la signature du deal, rien ne se serait déroulé comme prévu. Alors qu'Emma, 23 ans à l'époque, s'attendait à recevoir ses premières missions, Magali Berdah aurait mis énormément de temps à lui trouver des placements prétextant par exemple un souci de santé pour sa fille ou un problème de planning. Pire, quand enfin elle aurait été contactée pour de la pub, son salaire ne lui aurait jamais été versé dans les temps.

Face aux inquiétudes d'Emma - qui aurait appris entre temps par une autre influenceuse de l'agence qu'il n'est pas rare de ne pas être payée pendant des mois, Magali Berdah aurait prétexté des problèmes avec La Poste qui aurait perdu ses chèques. Et quand ceux-ci arrivaient enfin, certains chèques auraient été bloqués par sa propre banque. Or, plutôt que de s'excuser, la boss de l'agence lui aurait froidement déclaré qu'elle ferait mieux de changer de banque.

"Si tu nous attaques en justice, tu es terminée"

C'est alors qu'un étonnant retournement de situation aurait eu lieu. Consciente qu'Emma Paris n'était pas du genre à lâcher l'affaire et était prête à tout pour réclamer son argent, Magali Berdah aurait finalement essayé de retourner la situation en sa faveur. De quelle façon ? En l'accusant par exemple de ne pas être assez rentable (via l'utilisation de ses codes de réduction).

Des accusations qui font aujourd'hui grincer des dents l'avocat d'Emma qui, contacté par Vanity Fair, rappelle dans un premier temps, "La rentabilité n'était pas une condition contractuelle", avant d'ajouter, "La mauvaise qualité des produits explique peut-être l'absence de résultat escompté par la marque". Et pour cause, si Emma espérait des collaborations sérieuses en travaillant avec Shauna Events / Sublim Talent, elle aurait rapidement déchanté en découvrant qu'une partie des opérations concernait des produits douteux comme du thé minceur, des montres à moins de 5€ ou encore des vêtements de mauvaise qualité.

Peu importe pour Magali Berdah, ce faible taux de clics aurait été suffisant pour imposer un changement de contrat à Emma et ainsi faire passer sa rémunération de 95 000 euros par mois à seulement 10 000 euros et ce, pour les mêmes prestations. Et dans le cas d'un refus de la part de la YouTubeuse ? Celle-ci affirme avoir eu le droit à une violente menace : "Si tu nous attaques en justice, tu es terminée. Tu ne pourras plus jamais travailler de ta vie".

L'influenceuse "manipulée" et en colère

Une situation logiquement invivable pour Emma Paris qui, dès lors, aurait donc décidé de ne plus travailler pour Shauna Events / Sublim Talent. Elle le déplore au site : "J'étais jeune et crédule. J'étais inspirée par cette femme, par son parcours, le côté businesswoman qui t'appelle tout le temps "ma chérie". Quand je réécoute ses messages, je me dis : mais qu'est-ce que j'étais naïve et manipulée".

Cependant, face aux actions entreprises par Emma pour récupérer son dû (dès le 1er août 2019 elle aurait, par l'intermédiaire de son avocat, envoyé une mise en demeure pour réclamer 306 000 euros au titre des factures impayées), les équipes de Magali Berdah auraient monté un dossier contre elle afin de la faire passer pour la responsable de l'échec de leur collaboration.

Comme si de rien n'était, Sublim Talent aurait ainsi continué à lui envoyer des missions avant de noter qu'elle les aurait à chaque fois refusées, chose qu'elle n'avait pas le droit de faire contractuellement au-delà d'un certain nombre. De même, toujours dans son but de décrédibiliser Emma Paris et mettre à mal son action, Shauna Events aurait avancé que le contrat initial avait été tronqué par les faux chiffres de l'influenceuse. Il lui aurait en effet été reproché d'avoir près de 25,3% de faux comptes abonnés à ses réseaux sociaux, ce qui aurait injustement fait grimper son taux de rémunération. Un pourcentage important que n'aurait pas connu Magali Berdah à l'époque, qui aurait même affirmé qu'elle ignorait ce phénomène.

Or, comme l'avancent Emma et son avocat, son pourcentage de bots serait en réalité plus bas ET dans la moyenne d'autres influenceurs à succès (source HypeAuditor), et surtout, comment Magali Berdah pouvait-elle ne pas connaître l'existence du concept de faux comptes en 2019 alors que c'est un problème qui existe depuis de très nombreuses années (rien ne dit d'ailleurs qu'Emma en est responsable), qui touche ses autres clients et qu'il s'agit justement de son métier de savoir gérer ça.

Un combat qui prendra bientôt fin

Selon Vanity Fair, il faudra attendre novembre pour connaître l'issue de cette histoire et savoir si Emma Paris obtiendra les indemnités qu'elle réclame. Dans tous les cas, elle espère que son combat contre Magali Berdah aidera d'autres influenceurs "qui connaîtraient une relation toxique depuis plus longtemps" à faire entendre leur voix et à se sortir d'une situation identique.

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