Malcolm : "Un film ? Tout est possible. Reste à savoir si tout le casting est prêt" (Interview)
Malcolm : "Un film ? Tout est possible. Reste à savoir si tout le casting est prêt" (Interview)
A l'occasion du retour de Malcolm sur 6Ter en cette période de confinement, Alexandre Salcedo, le co-créateur du célèbre site Malcolm-France dédié à la série, a accepté de répondre aux questions de Purebreak sur la comédie. L'occasion de revenir sur la recette de son succès, sur son avenir et d'obtenir quelques anecdotes.
Malcolm a un humour très visuel qui résiste plus facilement au temps

Cette année Malcolm a fêté ses 20 ans, mais elle arrive pourtant à rester populaire. Qu'est-ce qui fait qu'elle arrive autant à marquer les générations ?

Alexandre, co-créateur du site Malcolm-france.com : C'est assez remarquable en effet. Et c'est un succès très hexagonal visiblement. Frankie Muniz nous confiait récemment qu'il est toujours étonné de voir en France autant de fans de la série. Les multiples rediffusions sur les antennes du groupe M6 depuis toutes ces années ne sont probablement pas étrangères à ce succès. C'est comme une madeleine de Proust : les enfants et adolescents des années 2000 ont grandi devant cette série, et devenus parents, ils la transmettent à leurs propres enfants. Et puis c'est une série qui a plusieurs niveaux de lecture : là où les plus jeunes rigoleront devant les bêtises des garçons, les plus âgés percevront en sous-texte les critiques de la société américaine, de la religion, de l'armée, des inégalités sociales.

Depuis quelque temps, Friends fait face à des critiques sur certaines blagues de l'époque notamment. De son côté, Malcolm est épargnée par ça, alors même qu'elle ne s'est interdit aucun sujet. Tu penses que cela peut venir ou t'es plutôt serein à ce sujet ?

Les deux séries sont assez différentes dans leur mode de production, et de fait, leur humour l'est aussi. Friends était tournée sur un plateau en public, avec finalement assez peu de décors : les appartements des héros, le couloir, le coffee-shop. L'humour très porté sur les dialogues entre les personnages, avec un art de la punchline et du bon mot : les personnages racontent plutôt que montrent. Avec le risque que l'humour ou les sujets de moqueries des années 90 paraissent datés avec notre regard de 2020.

L'humour dans Malcolm, au contraire, est très porté par les mises en situation. Il y a beaucoup de décors, beaucoup d'effets spéciaux, et les rires enregistrés ont été remplacés par des musiques. Les scènes les plus cultes de la série sont, de fait, celles qui sont très cinématographiques, fantasmées, exagérées, presque absurdes : l'explosion du feu d'artifice Komodo 3000, les enfants qui détruisent une réunion de famille avec une voiture de golf, Hal qui fait du patin à roulettes en costume à paillettes. Un humour très visuel qui résiste plus facilement au temps.

D'ailleurs, tu penses que si Malcolm sortait aujourd'hui elle connaîtrait un succès identique ?

Difficile à dire. À l'époque de son arrivée à la télévision, le genre comique se résumait à des sitcoms tournées en plateau à plusieurs caméras avec des rires du public. Elle a initié un nouveau mode d'écriture qui a fait des petits, et qui a contribué à faire évoluer le genre. Beaucoup de séries d'aujourd'hui sont des héritières de ces évolutions.

Malcolm a un humour très visuel qui résiste plus facilement au temps
Malcolm a un humour très visuel qui résiste plus facilement au temps
La série s'est terminée quand il le fallait

Quand on parle de Malcolm, on pense immédiatement à sa VF qui est saluée par tous à une époque où on ne jure pourtant plus que par la VO. Qu'est-ce qui fait que le doublage de la série a réussi à fédérer autant ?

C'est vrai, la version française de Malcolm est particulièrement réussie. Il faut rendre hommage à Catherine Le Lann de Libra Films, la directrice artistique du doublage de la série, qui a fait un travail remarquable d'adaptation et s'est entourée de comédiens talentueux qui ont su se mettre au niveau des acteurs américains. On sent que les comédiens qui ont doublé la série ont pris du plaisir à jouer, et surtout ont pris le temps de bien le faire : le résultat se voit vraiment à l'écran.

Souvent, plus les séries avancent et moins les saisons sont bonnes. Or, on ne ressent pas cet effet avec Malcolm. Tu penses que la série aurait pu encore continuer quelques années ?

Honnêtement, je pense que la série s'est terminée quand il le fallait, au moment où Malcolm devient diplômé. Malcolm raconte l'histoire d'un enfant petit génie dans une famille dysfonctionnelle. À partir du moment où ils commencent à quitter le nid familial et grandissent, on s'éloigne un peu du pitch de départ. On sent déjà que dans les dernières saisons, les intrigues s'étaient un peu recentrées sur les parents. Il n'y a rien de pire que de faire la saison de trop (et là, je pense à Scrubs et sa saison 9 !)

À ce sujet, on entend régulièrement parler d'une rumeur autour d'un film. Tu penses que c'est réellement possible ?

Tout est possible oui : on voit en ce moment que les reboots, remakes, et suites sont à la mode. Qui plus est, Disney, qui a racheté la Fox (productrice de Malcolm), va être en demande de nouveaux contenus pour compléter le catalogue de la plateforme Disney+ et attirer de nouveaux abonnés.

Tout dépendra de l'intérêt des spectateurs pour le projet, mais on voit que dès que des rumeurs enflent sur le sujet, ça agite beaucoup de monde. Reste à savoir si tout le casting est prêt à se lancer sur une suite de la série, même sous la forme d'un film. On sait que c'est déjà compliqué pour l'un d'entre eux.

Beaucoup de séries d'aujourd'hui sont des héritières de Malcolm
Beaucoup de séries d'aujourd'hui sont des héritières de Malcolm
Beaucoup de séries d'aujourd'hui sont des héritières de Malcolm

Aujourd'hui, y a-t-il une série qui a réussi à succéder à Malcolm dans son esprit ? A mon sens, la seule qui s'en rapprocherait serait Raising Hope...

Oui je suis assez d'accord avec Raising Hope, qui est déjà un spin-off officieux de My name is Earl avec lequel on trouvait déjà quelques similitudes avec Malcolm dans la mise en scène et le ton général. On pourrait également citer Modern Family, pas tant pour ses similitudes avec Malcolm que pour avoir elle aussi dans son style initié de nouvelles formes d'écriture et de réalisation dans la comédie.

Au final, de tout le casting de Malcolm, seul Bryan Cranston - qui avait déjà une carrière avant, a réussi à "percer" après la série. Cela te surprend ?

Que Bryan Cranston perce après la série, non ça ne me surprend pas. On sentait déjà son énorme potentiel comique dès les premiers épisodes de la série. Ce qui est plus surprenant, c'était de voir qu'il pouvait être tout aussi bon en interprétant un personnage aussi inquiétant et anxiogène que celui de Walter White dans Breaking Bad. Un acteur qui excelle dans les deux registres, ce n'est pas si commun !

Entre les rediffusions et les DVD, il est très simple de découvrir Malcolm. Quel argument donnerais-tu pour motiver quelqu'un à s'y mettre enfin ?

N'ayez pas peur des 151 épisodes ! Déjà parce que ce sont des épisodes d'une vingtaine de minutes avec généralement plusieurs intrigues pour chacun, donc ça passe à toute vitesse. Et puis Malcolm est le genre de série qui a très peu de cliffhangers ou de longs arcs narratifs : elle peut se picorer en commençant par n'importe lequel.

14 ans après la fin de la série, le site Malcolm-France existe toujours. C'est important de continuer à faire vivre la série ?

À l'origine, le site a été créé en 2003 parce qu'on avait découvert la série sur M6 et qu'on ne trouvait pas d'information sur Internet. On a eu la chance d'accompagner l'évolution d'Internet, notamment avec les réseaux sociaux, et de constater à quel point la France avait une grosse communauté de fans de la série, des fans bienveillants qui répondent présents à chaque fois. Les succès d'audience à chaque rediffusion, leur mobilisation pour permettre la sortie des DVD en France, la présence de Frankie Muniz lors de conventions ou de salons, c'est grâce à eux.

À l'origine, Hal était écrit pour être un simple faire-valoir de Lois
À l'origine, Hal était écrit pour être un simple faire-valoir de Lois
À l'origine, Hal était écrit pour être un simple faire-valoir de Lois

Petit questionnaire bonus pour terminer :

- Quel est le meilleur épisode ?

Peut-être "Alerte rouge". C'est le deuxième épisode, et tout est déjà là : le caractère intransigeant de Lois, la légèreté de Hal, les coups fourrés des garçons avec Francis en complice par téléphone, la réalisation qui en fait presque une pièce de théâtre. 20 ans après sa diffusion, ça n'a pas pris une ride.

- Celui qui t'a le plus marqué ?

"Opéra" lors de la sixième saison. Quand je les ai vus aller jusqu'à une telle reconstitution avec les décors, costumes, chanteurs et chanteuses, je me suis dit : "Ah oui quand même, ça va loin !" C'est ça aussi le talent de la série : partir d'une simple blague, et ne pas avoir peur de tirer le fil jusqu'au bout de la vanne jusqu'à l'absurde.

- Le meilleur personnage ?

Hal, bien évidemment. Et en grande partie grâce à son interprète Bryan Cranston. À l'origine, le rôle était écrit pour être un simple faire-valoir de Lois. Mais dès la première saison, le potentiel du personnage a pu être révélé par Bryan Cranston, si bien qu'il a pris une place de plus en plus importante au fil de la série.

- Le personnage sous-côté ?

Je citerais 2 personnages, Tom et Barbara. Ils n'ont participé qu'à un seul épisode, "Le congrès" (l'épisode du "Poupipou" de Dewey). C'est un couple ami de Hal et Lois qui participe à un congrès professionnel (Hal et Tom étant collègues). Les deux ont un très gros potentiel comique et chaque scène avec Lois et Hal fait des étincelles. C'est dommage de ne pas les avoir revus.

L'interprète de Barbara, Alison La Placa avait d'ailleurs déjà révélé son talent pour la comédie quelques années plus tôt dans Friends, puisqu'elle a joué pendant quelques épisodes Joanna, la boss délurée de Rachel qui va mettre le grappin sur Chandler.

Si tu devais résumer la série en une phrase ?

Je citerais cette réplique prononcée par Malcolm dans la saison 1 : "Cette famille est peut-être grossière, bruyante et crado, et peut-être qu'elle n'a jamais honte de rien, seulement, avec eux, on sait au moins à quoi s'en tenir, et puis, quand j'ai un problème, ils sont toujours là." C'est peut-être ça le secret de cette série finalement : elle dresse le portrait d'une famille sincère et bienveillante, malgré tous ses défauts et tous ses excès.

Merci énormément à Alexandre Salcedo, co-créateur du site Malcolm-France dédié à la série.

Malcolm : "Un film ? Tout est possible. Reste à savoir si tout le casting est prêt" (Interview)
Malcolm : "Un film ? Tout est possible. Reste à savoir si tout le casting est prêt" (Interview)
Malcolm
Malcolm : "Un film ? Tout est possible. Reste à savoir si tout le casting est prêt" (Interview)
Malcolm : voici ceux qui doublent les voix géniales de la VF, et vous en connaissez plusieurs
QUIZ Malcolm : qui a dit quoi ? Connaissez-vous bien les répliques cultes de la série ?
Malcolm de retour : Frankie Muniz tease un film !
voir toutes les news de Malcolm Découvrir plus d'articles