Avant que le grand public ne le découvre dans la saison 1 de The Voice, Louis Delort faisait du rock avec un groupe formé dans son lycée. Après un passage sur TF1 et un rôle principal dans la comédie musicale 1789 les Amants de la Bastille, le chanteur de 21 ans a retrouvé ses potes de The Sheperds. En attendant la sortie de leur premier album à l'automne prochain, les singles 'Je suis là' et 'Outre-manche' donnent le ton pop-rock, rythmé au violon et à la mandoline. Avec son timbre reconnaissable entre 1000, Louis Delort joue avec les mots (en français pour la première fois) et dépoussière (enfin) la chanson française. Interview.

"Tout l'album sera en français"

Purebreak : On a récemment découvert le single pop-rock Outre-Manche, est-ce qu'il donne le ton de l'album à venir ?

Louis Delort : C'est un morceau qui a sa place dans l'album mais qui ne dégage pas non plus tout ce qu'il y aura dans cet album. On ne peut pas dire que l'album a un son ou une étiquette générale vu qu'il y a de la pop, du rock un peu plus dur, des balades... Au niveau du texte par contre, Outre-Manche se rapproche de ce qu'on aime mettre dans nos chansons avec des mots qui se croisent, ...

Ce single raconte votre traversée vers le Royaume-Uni, est-ce que l'univers anglo-saxon t'attire, te fascine ?

Grâce à mon père, j'ai grandi dans la culture anglo-saxonne. On écoutait autant les Beatles que des groupes d'aujourd'hui. Et j'ai toujours été fasciné par les esprits des Led Zepplin, Radiohead... qui se transcendent en groupe. Aujourd'hui avec mon groupe, on a envie de s'inspirer de cette culture là pour notre musique.

Etonnamment, tout l'album sera en français, c'est un peu contradictoire non ?

Oui tout l'album est en français, mis à part une chanson en anglais qui s'appelle When I fell et qui avait été composée avant. A la base, je ne chantais et je n'écrivais qu'en anglais et ça a été un gros défi de passer au français. Quand je suis arrivé chez Mercury on me l'a proposé, on s'y est mis... et ça s'est plutôt bien passé. Je me suis surpris à aimer le français et a aimé l'écrire. Donc oui, l'album est en français... et ça fait du bien !

"Il y a quelque chose de très fort quand je compose avec mon père"

Certains de ces textes ont été écrits avec ton papa. Ce travail en famille s'est fait naturellement ?

On avait déjà écrit ensemble Sur ma peau, pour 1789 les Amants de la Bastille. Et à chaque fois, c'est complètement naturel. Parce qu'on partage la même passion pour la musique. Mon père est un artiste, il compose, il écrit, il joue dans des groupes. Quand je reviens à la maison, on se fait toujours écouter ce qu'on a fait, puis on se met à faire de la musique, à produire des chansons et des textes, et ça se passe toujours super bien. Niveau composition et émulation, il y a quelque chose de très fort avec mon père que je ne retrouve avec personne d'autre. On se retrouve facilement, ça doit être dans les gènes !

On a l'impression, notamment dans le dernier clip, qu'avant d'être une bande de musiciens, vous êtes surtout une bande de potes avec The Sheperds, c'est le cas ?

Grave ! Les instants dont on parle dans le texte on les a vraiment vécus pour le tournage du clip. C'était génial ! On s'est éclatés à conduire ce combi, à traverser la France avec pour aller en Angleterre. On aime tous la musique, on aime se retrouver pour en faire... et on aime se retrouver même pour ne pas en faire !

Louis Delort & The Sheperds - Outre-Manche, le clip officiel

"Avec The Sheperds, on ne s'est pas lâchés depuis la Seconde"

Tu avais déjà ce groupe avant l'aventure 1789 et ta participation à The Voice, depuis quand il existe ?

Lucas Goudard, le batteur, était dans ma classe en seconde -ma dernière année d'école- où on a passé notre temps à coté, sans jamais vraiment se dire qu'on faisait de la musique. A la fin de l'année pour la fête de la musique du lycée, on a fait un concert d'une demi-heure en impro à la guitare et la batterie. Là on s'est trouvé, ça passait hyper bien, et on a décidé de monter un groupe. On a rencontré Victo Berger, qui était dans le même lycée, et on ne s'est pas lâchés depuis.

Et comment ont-ils vécu ton passage télévisé puis ton échappée en comédie musicale ?

Je leur avais parlé de la possibilité de faire The Voice en leur disant de suite que si ça marchait et que si j'étais signé, on signerait tous ensemble. Ensuite tout est allé très vite, The Voice s'est bien passé et j'ai pu leur dire que je voulais garder mon groupe. Puis il y a eu 1789, qui était une trop grosse opportunité pour dire non, et ça ne m'a pas empêché de continuer à m'investir avec le groupe. Maintenant il n'y a plus que le groupe, et c'est sûr que ça se ressent, ça laisse plus de place, et on est tous bien contents.

Avec du recul, comment tu vois ces expériences dans The Voice et 1789 ? Comme un tremplin, une opportunité de te rôder ?

C'était les deux. Un tremplin dans le sens où j'étais projeté devant un grand nombre de personnes et une formation ou une professionnalisation puisque je venais du rock entre copains, sans vraiment de regard extérieur. Là d'un coup, on me demandait de faire quelque chose de pro, devant des milliers de personnes. Pareil sur 1789 les Amants de la Bastille où j'ai appris plusieurs métiers, j'ai joué tous les soirs, parfois plusieurs fois par jour... c'était une grosse formation et de superbes expériences.

"Le rock c'est comme le vélo, ça ne se perd pas !"

Il y a quand même un fossé entre l'univers comédie musicale et la musique rock que tu fais avec ton groupe, tu n'as pas eu peur de perdre en crédibilité ?

Si ! C'est pour ça que je n'ai pas tout de suite dit oui à la comédie musicale. D'abord pour moi, parce que ce monde à part ne me parlait pas du tout. Mais quand je me suis intéressé au projet, je me suis rendu compte que c'était un beau spectacle avec une vraie âme. Je pense qu'il y a des gens qui se sont demandés ce que j'allais faire là dedans, qui se sont dit "on pensait qu'il faisait du rock, mais finalement non". J'aurais pu penser pareil d'ailleurs. Aujourd'hui je me dis qu'il ne faut pas se braquer, et se laisser une chance d'écouter encore.

Ce passage dans l'univers de la comédie musicale a influencé ta façon de faire de la musique ?

Je ne crois pas. C'est vrai que quand j'ai arrêté 1789, il m'a fallu un peu de temps pour me réadapter à la vie réelle et à la façon dont je fais de la musique normalement ! [rires] Mais le rock c'est comme le vélo, ça ne se perd pas ! La transe elle revient assez facilement et c'est cool.

1789, Les Amants de la Bastille - Tomber dans ses yeux, avec Louis Delort

Entre ton groupe ou la comédie musicale, en fait tu n'as jamais été seul sur scène...

Depuis 1789 et même avant, je me suis toujours dit qu'il fallait que je ne sois pas seul. Même sur The Voice, je considérais que je n'étais pas seul. Si les autres étaient des concurrents, moi je me sentais vraiment avec des amis. J'ai toujours besoin d'être avec des gens, parce que je trouve ça tellement nul de faire de la musique tout seul ou pour soi. C'est quelque chose qui se partage. Et même en dehors de ça, je crois que tout seul je n'y arriverai pas, parce que c'est trop de pression.

"Avec Garou, on s'écrit, on s'envoie des chansons"

Pour reparler un peu de The Voice, tu as récemment parlé d'un projet avec Garou, tu peux nous en dire plus ?

Oui, ce projet existe mais il est vraiment en stand by. Mais avec Garou, on s'écrit, on s'envoie des chansons. Et dès que l'album sera prêt, je lui enverrai et il me dira ce qu'il en pense.

Son avis compte toujours pour toi ?

Oui parce que c'est quelqu'un de super. Il a vraiment un tempérament de coach. Quand tu le vois, il a un truc naturel, un charisme qui fait que tu as envie de continuer à lui envoyer ton travail pour qu'il te dise que c'est bien... ou pas, j'en sais rien !

Est-ce que deux ans après ta participation à The Voice, tu te verrais bien revenir dans une émission télé comme Danse avec les stars ou autre ?

Non, je ne suis pas fan de ce genre d'émissions. J'ai aimé faire The Voice parce que c'était de la musique et que je suis un musicien. Maintenant si on me demande d'aller danser, je ne suis pas sûr que je le ferai. Après si on me demande d'aller sur une île paridisiaque il faut voir... mais pas type les Anges hein ! [rires]

Tu as commencé une tournée avec ton groupe. Est-ce que l'appréhension est la même que lorsque tu étais sur scène en costume avec une troupe ?

Ca n'a rien à voir, parce que pendant deux ans j'ai pu jouer le rôle de quelqu'un d'autre, d'un personnage. Dans ma tête je pouvais me dire que ce n'était pas moi et tout allait bien. Alors que maintenant on se présente avec le groupe, avec nos chansons, avec nos émotions et c'est vrai que c'est étonnant et plaisant à la fois. En concert je dois parler aux gens, les chauffer. J'aime bien la musique mais je ne suis pas vraiment doué pour parler avec les gens ! Mais ça va venir ! [rires]

Les coups de coeur de Louis Delort

Quelle est l'application que tu consultes le plus souvent, à laquelle tu es accro ?

Là comme ça je ne sais pas... [il sort son téléphone] ah si, l'appli des lignes de métro parisien ! Et plus sérieusement le dictaphone, j'enregistre tout le temps de la musique, j'ai deux ans de chansons, de textes dessus...

Quel est le dernier film ou la dernière série que tu as vu ?

Jersey Boys pour le film, et Game of Thrones pour la série

Quelle est la chanson que tu écoutes en boucle ?

Arcade Fire – Rebellion et Mumford & Sons – I Will Wait

Propos recueillis par Louise Wessbecher. Contenu exclusif. Ne pas reprendre sans citer PureBreak.com.

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