Elles étaient six dans la formation cet hiver, apparaissent à cinq sur la pochette officielle de WILD et ne sont plus que quatre pour en assurer la promo. La jeune carrière de KATSEYE, formé en 2023 dans l'émission Dream Academy sur Netflix, semble suivre le rythme d'un grand huit.
Sans Manon, qui s'est mise "en pause" fin février pour se focaliser sur sa "santé et son bien-être", et Sophia, qui s'est vu prescrire "un repos prolongé" pour les exactes mêmes raisons, KATSEYE débarque donc en plein mois d'août pour dynamiter notre fin d'été : "la cash machine ne va pas s'arrêter pour si peu" ont sans doute du se dire les grandes pontes de HYBE et Geffen Records, les deux géants de la musique derrière la création du girls band. Qui, il est vrai, rencontre un succès foudroyant.
Ultra suivi sur les réseaux sociaux, KATSEYE a signé les énormes tubes Gnarly et Gabriela en 2025, décroché deux nominations aux Grammy Awards et se produit désormais dans les plus grands festivals du monde, de Coachella à Head in the Clouds. WILD, son troisième EP, est donc censé accélérer sa conquête du monde avant le lancement d'une tournée internationale qui passera le 9 septembre par l'Accor Arena de Paris. Mais à l'écoute du projet, force est de constater que la musique passe au second plan derrière les looks et les chorégraphies complexes. J'ai pris 13 minutes pour écouter WILD et je vous livre mon top 5 (sur 5 chansons, oui).
C'est le nouveau single officiel de KATSEYE et sans qualifier le morceau de ratatouille techno messy, on pourra tous s'accorder pour dire que le titre ne brille pas par sa subtilité. Produit par Thom Bridges (ENHYPEN, LE SSERAFIM), Hootie Frutti ose des paroles aussi stupides que "I like my mochi drenched in chocolata" ou "Hootie frutti like the twenty dollar smoothies in LA", avant un refrain (si on peut l'appeler ainsi) abrutissant dans lequel Yoonchae et Megan répètent "Hootie frutti, Hootie I know you like that" en ponctuant chaque mot d'un "Yeah". Fuyez, il n'y a rien à sauver.
Je ne sais pas bien comment Ed Sheeran s'est retrouvé dans ce traquenard. Mièvre et d'une platitude consternante jusque dans sa mélodie, Animal est si générique que n'importe quelle popstar pourrait chanter ce titre faussement sulfureux, qui essaie de répliquer la formule guitare/flamenca de Gabriela sans y parvenir. Sa vibe UK années 2000 ne prend pas : de toute évidence, la foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit.
Ok je l'admets, c'est sans doute la production qui me plaît le plus au premier contact. Et Bel Air cache une surprise de taille : la chanson a originellement été écrite par Charli xcx pour son deuxième album SUCKER en 2013 ! Mais n'espérez pas retrouver l'essence hyperpop de la it-girl anglaise sur cette version, qui perd tout son mordant par rapport à la démo facilement dénichable sur le net. C'est le titre le plus long de l'EP (3min30) mais aussi en ressenti : il y a peu de variations et fatalement, on tourne vite en rond. Je ne pensais pas le dire un jour mais rendez-nous l'auto-tune !
Avec son texte résolument féministe et son essence R&B, That Way aurait pu être un excellent titre. Mais là encore, on croirait la construction de la mélodie générée par Suno en tapant les prompts "pop-R&B", "Ariana Grande" et "whistle notes". Avec un peu de "Justin Timberlake" dans sa période Pharrell Williams ! Ce n'est pas très passionnant côté rythmique mais au moins, les paroles offrent un twist intéressant aux titres de séduction de leurs confrères masculins. Ici, les filles disent "You could be mine" mais seulement "if you're lucky" : "You might even get the privilege to touch me". On aime les divas.
Voilà ! C'est ça, un Hootie Frutti qui se veut réussi. Catchy dès la première seconde, Pinky Up est comme un milkshake : on y ajoute plein d'ingrédients à mixer et on obtient un vrai plaisir coupable. Le mélange des genres créé par la production, entre techno, hyper-pop et vibes R&B plus voluptueuses, couplé à un vrai travail de structure sur les parties vocales, fonctionne à merveille.
On aurait aimé que l'entièreté du projet s'affranchisse des codes de la même manière, même si personne n'est dupe : Pinky Up ressemble beaucoup à Jump de BLACKPINK, jusqu'à son final façon rave party qui copie-colle Meet Her At The Love Parade de Da Hool. Pour la prochaine, servez-nous plus d'audace !