Nepo baby.
C’est LE terme de 2026. Abondamment employé jusqu'à en perdre tout son sens. Il désigne tout naturellement le népotisme et plus précisément les "fils et filles de", qui envahissent l’industrie du divertissement - ciné, musique, séries. Et cette expression toujours employée pour dénoncer des artistes, une popstar l'utilise non sans ironie : Angèle.
Et oui, la chanteuse bruxelloise enfin de retour avec un nouvel album assume complètement cet anglicisme, l'espace d’une prise de parole où la voix de Balance ton quoi passe en revue les critiques dont elle fait l'objet… Depuis la sortie de Brol, au moins.
L’occasion d'éplucher des remarques parfois légitimes, parfois bien sexistes, tout en streamant son troisième opus Instinct.
L’album de la liberté ?
Le nouvel opus d’Angèle marque le grand passage de l’interprète de la pop à l’hyperpop, tendance Charli xcx, entourée de prodiges du genre (Caroline Polachek) ou de l'électro (Justice, Soulwax), mais aussi la revendication dans ses paroles de la sensualité, de la sexualité et du désir - c’est le cas dans le très bien nommé Love Triangle. C’est un renouveau, et donc… l'heure du bilan.
Ce qu’assume la chanteuse dans une longue interview pour Society, revue dont elle fait la cover, et qui l’invite à revenir façon coup de rétro sur la Angèle "d’avant". À savoir, sur les piques qu’elle recevait à l’époque du hit Tout oublier, en compagnie de son frère Roméo Elvis.
“Je suis une nepo sister de fou !”, décoche non sans ironie la chanteuse Belge, avant d'étayer : “Franchement c’est mille fois plus simple d’avoir des gens dans notre entourage, et surtout dans notre famille, qui ont déjà créé un chemin. Après, ça ne fait pas tout…”
Etre une "nepo sister" ne l'a pas toujours aidée effectivement. Lorsque Roméo Elvis est accusé d'agression sexuelle en 2020, les internautes décident de cyber harceler… sa sœur. Notamment puisqu'Angèle est connue pour ses convictions féministes. Un raid évidemment misogyne sur lequel reviendra la musicienne dans le documentaire Netflix qui porte son nom.
Angèle n'a cependant pas envie de prétendre qu'avoir de la famille implantée dans un domaine artistique particulier ne facilite rien quand on souhaite faire carrière - c'est ce que défendent pourtant beaucoup trop de "nepo babies". Non, elle assume tout l'inverse. Mais modère :
"Par contre ça a créé un syndrome de l’imposteur. Ma première apparition sur YouTube en tant qu’Angèle, c’était pour chanter ‘J’ai vu’ avec Roméo… Mais d’un côté, je suis partie de la Belgique et ce que j’ai construit en France, c’est venu de ce que j’ai fait".
Qu'importe au fond, en 2026, Angèle est largement reconnue comme une artiste à part entière. Qui n'a jamais cessé de suivre son instinct.