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Cinéma
Clayface : triomphe au box office, critique séduite... Et si on tenait le nouveau Joker ?
Publié le 27 octobre 2026 à 14:48
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Succès surprise au box-office, coup de cœur de la critique, la réception de Clayface fait intensément écho à celle de Joker. Deux ovnis pour faire triompher DC Comics de nouveau dans le monde ?
Clayface : triomphe au box office, critique séduite, et si on tenait le nouveau Joker ?

Clayface va -t-il secouer la sphère comics ?

Alors que l'année promet d'être Marvel-euse - les Avengers débarquent dans deux mois - DC se rebelle en proposant une équation audacieuse : un film énigmatique et anti glamour mettant à l'honneur un personnage méconnu du large public, embourbé dans de l'horreur très organique tendance The Substance, ne suscitant absolument rien d'héroïque, porté par un acteur britannique pas du tout bankable, un vrai cinéaste (qui n'a rien signé de mainstream), un budget plutôt modeste pour une production de ce genre et un bon scénariste.... 

Et ce cocktail exigeant donne donc Clayface.

Un vrai exercice de style, surtout à l'échelle des blockbusters inspirés de bande dessinées à succès. Détaillé ainsi, on tient un grand challenge hollywoodien façon "ça passe ou ça casse !" qui fait gentiment écho à d'autres tentatives artistiques récentes - celles de la Warner, via Sinners par exemple. Alors, verdict ? Et bien, la sauce prend carrément : l'anti Spider-Man de James Watkins pavoise au sommet du box office, alignant 43 millions de dollars dans le monde, dont 24 millions outre-Atlantique dès son premier week-end d'exploitation et les critiques saluent l'effort. Notamment ce besoin de proposer un film émancipé de toute franchise.

Tout cela fait furieusement écho à un vrai phénomène culturel : Joker.

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Le nouveau Joker ? Pourquoi Clayface pourrait faire toute la différence à Hollywood

Et si Clayface rabattait les cartes ? Et ces cartes sont toutes à l'effigie du Joker. 

Il y a sept ans déjà, le film de Todd Philips rendait la critique internationale euphorique, les académies en plein syndrome de Stendhal (l'œuvre triomphant à Venise, très loin de son audience geek) et le public accro - des chiffres maousses au box office - en misant tout sur le cinéma d'auteur. Interprète hyper Actor's Studio éloigné au possible des blockbusters, réalisateur qui avait beaucoup de choses à dire (certainement trop), violence sans filtre, inspirations premium (les films de Martin Scorsese Taxi Driver et La valse des pantins), et à l'arrivée, autant de bravos que de controverses : Joker est devenu, bien plus qu'un produit DC Comics de plus, un véritable phénomène culturel.

Les chiffres engendrés par Clayface sont moins sidérants mais très enthousiasmants, l'œuvre ayant dès sa première semaine en salles obscures remboursé son budget loin d'être faramineux - 45 millions. Et ainsi corrigé la malédiction DC, après le flop absolu du très malaimé Supergirl. A l'inverse, l'histoire de Gueule d'Argile, réalisée par l'auteur du traumatisant Eden Lake, marche sur les pas des gros succès horrifiques de ces dernières années : The Substance donc mais aussi Obsession ou Resident Evil. C'est un succès, surtout pour un film hollywoodien de 2026 sans franchise derrière, sans marque, sans repères familiers, si ce n'est l'imaginaire DC, sans merchandising à outrance, qui mise absolument tout sur le mystère.

Le film DC Comics qui pourrait changer la donne au sein de l'usine à rêves.

Et la critique suit. Loin de crier à la révolution, mais ne ménageant pas ses encouragements. Beaucoup évoquent un "one shot" singulier, dénotant dans un paysage très monochromatique, traversé de grosses machines trop impersonnelles et frileuses. Variety en fait carrément ses gros titres et en France, la moyenne presse est loin d'être mauvaise - 3,1/5, honorable pour un comic book movie, mais 3,8/5 pour la moyenne public, pour un film qui semblait beaucoup trop "nerd" et pas assez francophone pour marcher. 

Et mine de rien, tous ces signaux pourraient faire beaucoup de bien à Hollywood, et à nous, son public. Car tout cela rend plus que lucratifs les risques pris par DC Comics avec ce récit alternatif, qui semble viser une économie différente - sans mépris aucun, un public beaucoup plus "Letterboxd, Neon ou A24", que Marvel Studios. Ce qui signifierait, à l'avenir, plus de tentatives "auteuristes", ambitieuses, singulières, et moins de films à la photo, aux enjeux et aux caractérisations de personnages hyper interchangeables. C'est d'autant plus réjouissant à l'heure où les ovnis aux budgets colossaux issus de l'industrie se fracassent misérablement au box-office comme Digger ?

Y'aura-t-il un avant et un après Clayface ? On ne peut que croiser les doigts...

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Par Clément Arbrun | Journaliste société
Journaliste Société et Pop Culture, Clément s'intéresse autant aux punchlines de Virginie Despentes qu'aux perruques de Bilal Hassani et aux blagues de Panayotis Pascot. Il aiguise principalement sa plume en papotant féminismes, genre et fashion, ce qui lui permet de parler d'Harry Styles, des gens pas toujours fréquentables qui emploient le mot "woke" sur Twitter et des dernières prods Netflix.
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