Depuis ses débuts au cinéma en 1962, la saga James Bond - adaptée de l'œuvre littéraire de Ian Flemming, a connu de très grands réalisateurs. Que ce soit Guy Hamilton, Peter Roger Hunt, Sam Mendes ou encore Cary Joji Fukunaga. Et pour sa prochaine aventure, l'agent 007 sera dirigé par Denis Villeneuve.
De jolis noms qui expliquent pourquoi cette franchise est toujours aussi puissante, 64 ans après ses débuts, même si l'un des plus grands réalisateurs de l'histoire du cinéma s'est constamment vu refuser une telle opportunité.
De qui s'agit-il ? De Steven Spielberg. Quand bien même le cinéaste pèse aujourd'hui 10,7 milliards de dollars de recettes récoltées au box-office en 37 films et que ses projets sont repartis avec 35 Oscars (pour 147 nominations !), son profil n'a jamais été retenu.
Peu importe qu'il se soit montré capable de mettre en scène tous les genres, en passant de la SF (E.T., Minority Report, La Guerre des mondes), à l'aventure (Indiana Jones, Tintin) ou encore de l'action et du thriller (Dents de la mer, Attrape-moi si tu peux, Le pont des espions), Spielberg a vu le producteur historique de la franchise lui fermer la porte.
"J'ai contacté Cubby Broccoli après le succès des "Dents de la mer, s'est remémoré le réalisateur dans le podcast The Rest Is Entertainment. J'avais toujours rêvé de réaliser un James Bond depuis que j'avais vu "Dr. No", alors j'ai appelé Cubby et je me suis proposé. Je lui ai dit : 'Si vous avez besoin d'un réalisateur, je serais ravi de réaliser un film.' Et il a refusé".
Un refus frustrant quoique compréhensible (à l'époque, sa carrière ne faisait que débuter), mais qui s'est étonnamment répété quelques années plus tard. Suite au succès de Rencontres du troisième type, Broccoli avait lui-même contacté Spielberg afin de lui demander l'autorisation d'utiliser une mélodie de son film dans Moonraker, le 11ème épisode de James Bond.
Un coup de chance pour Spielberg, qui n'a finalement pas tourné à son avantage.
"Je lui ai répondu : 'Je vous propose un marché. Je vous autorise à utiliser les cinq notes si vous me laissez réaliser un James Bond.' Il a refusé. Mais je lui ai quand même donné les cinq notes. Ils m’ont donc systématiquement refusé - du moins, Broccoli. Il n’a jamais expliqué pourquoi il ne voulait pas m'intégrer à la famille Bond."
© BestImage, Zuma Press / Bestimage
Une véritable déception que Spielberg a rapidement pu digérer grâce à son ami de toujours, George Lucas. C'est en effet grâce à James Bond qu'est née l'une des sagas les plus emblématiques du cinéma.
"Quand j'ai raconté cette histoire à George Lucas en 1977, alors que nous étions ensemble à Hawaï pour préparer la sortie de Star Wars : Un nouvel espoir, il m’a dit : 'J’ai mieux que Bond. Ça s’appelle Indiana Smith', c’était le nom du film à l’époque. Il m’a expliqué le concept de la saga Indiana Jones, et c’est comme ça que j’ai décroché le poste. Alors, si on me demandait aujourd’hui de réaliser un James Bond, je répondrais : 'Vous n’avez pas les moyens de me payer.'"
Une nouvelle preuve que le malheur des uns, fait le bonheur des autres.
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