Isao Takahata : le papa du Tombeau des Lucioles et du studio Ghibli est mort
Isao Takahata : le papa du Tombeau des Lucioles et du studio Ghibli est mort
Isao Takahata s'est éteint ce mardi 5 avril à l'âge de 82 ans. Réalisateur de talent et co-créateur du studio Ghibli, il laisse derrière lui une oeuvre aussi riche qu'émouvante et pleine de merveilles dans le monde de l'animation japonaise.

Le monde de l'animation est en deuil. On vient tristement de l'apprendre, Isao Takahata est décédé à l'âge de 82 ans des suites d'un cancer des poumons. Si son nom ne vous dit probablement rien, son oeuvre devrait pourtant vous rappeler de très jolis souvenirs. Et pour cause, Isao Takahata n'était autre que le co-fondateur du studio d'animation Ghibli avec Hayao Miyazaki, et le papa de nombreux films et séries aussi poétiques que vibrants.

De la télé au ciné

Ainsi, pour les amateurs de télévision, le nom de Isao Takahata est synonyme de moments touchants dans le salon devant TF1 ou France 5, puisqu'on lui doit notamment la cultissime série "Heidi" réalisée en 1974. Cependant, si la télé a longtemps été l'un de ses terrains de jeux favoris avec Ken, l'enfant loup (1963), Marco (1976) ou encore Akage no An (1979), c'est bien au cinéma que son talent s'est imposé à la face du Monde.

Un réalisateur engagé

Régulièrement accompagné de Hayao Miyazaki (Mon voisin Totoro), son compère de toujours, Isao Takahata a sublimé le genre de la "dramédie poétique". Privilégiant la réalisation au dessin, ce passionné de la culture française et du travail de Paul Grimault (Le Roi et l'Oiseau) s'est ainsi plongé dans des mises en scène impressionnantes, novatrices et bouleversantes à travers des histoires fortes aux messages engagés (politique, militaire, écologique). En résulte son plus célèbre film intitulé Le Tombeau des lucioles (1988) ou plus récemment Le Conte de la princesse Kaguya (2013), nommé à l'Oscar du meilleur film d'animation en 2015, ou La Tortue Rouge (2016) dont il était le producteur.

A noter que si l'oeuvre d'Isao Takahata possède une patte si singulière dans sa réalisation, c'est parce qu'il a toujours privilégié le dessin manuel au numérique. Lors d'une interview reprise par Le Monde, il dévoilait ainsi : "L'animation était plate et à deux dimensions. Elle ne pouvait pas prétendre au réalisme. Mais c'était là son point fort : en gardant tout à plat, elle laissait au spectateur la liberté d'imaginer ce qu'il y avait derrière l'image".

C'était ça Isao Takahata, un réalisateur tendre et un pacifiste engagé, prêt à défendre ses idées pour nous permettre de continuer à rêver.