IbraTV : guerre de Tchétchénie, pauvreté... il dévoile son histoire dans un Draw My Life touchant
On connaît tous IbraTV et ses vidéos extrêmes et bien souvent controversées, mais ce que l'on connaît moins, c'est son histoire. A l'occasion de ses 4 millions d'abonnés Youtube, le vidéaste originaire de Tchétchénie a décidé de se livrer à coeur ouvert sur son enfance difficile et son arrivée en France dans un Draw My Life touchant.

C'est grâce à ses vidéos extrêmes et controversées, réalisées avec son acolyte de toujours, Djam, qu'Ibra TV s'est fait connaître dans le monde Youtube. Mais connaissez-vous réellement son histoire ? A l'occasion de ses 4 millions d'abonnés, le vidéaste originaire de Tchétchénie s'est confié dans un Draw My Life très touchant. C'est en effet dans la violence, le sang et les bombardements incessants qu'il a grandi. Alors que l'appartement familial a été détruit par un obus, lui et les membres de sa famille ont dû se réfugier chez les grands-parents. "On n'était nulle part en sécurité", confie-t-il.

Bombardements, pauvreté, faim...

D'ailleurs, il n'a pas vu son père pendant un moment. Celui-ci a été blessé par un éclat d'obus qui l'a atteint à la tête et à la jambe, et il était alors en soins intensifs dans un dispensaire de la région. Même sa grand-mère a reçu une balle dans la jambe, alors qu'un soldat lui a tiré dessus. A cela s'ajoutent la pauvreté et la faim. En 1999, sa mère, son frère, sa soeur et lui ont tenté de fuir le pays pour se rendre à Ingouchie, chez ses grands-parents : un obus a tué tous ceux qui étaient dans le bus devant le leur. Il a fallu un an pour que leur père les rejoigne. Sauf que les autorités russes traquaient son père, l'accusant d'appartenir à la Résistance : c'est pour cette raison qu'en 2004, ils décident de venir en France.

Un parcours compliqué jusqu'en France

Ils mettent 2 ans à réunir l'argent nécessaire mais se font intercepter en Pologne. Ils restent un an là-bas, le temps de réunir assez d'argent pour repartir. Ils ont ensuite trouvé un passeur qui, pour 10 000 euros, a accepté de les emmener en France, enfermés dans une boite. Le passeur leur fait alors croire qu'ils sont en France, sauf qu'ils étaient seulement en Allemagne. Ils se sont réfugiés dans un bar, où on leur a trouvé un taxi pour 900 euros. Mais là encore, le chauffeur leur fait croire qu'ils sont en France, sauf qu'ils étaient à Dusseldorf. "Il nous restait juste assez d'argent pour le train, mais nous n'avions aucun papier". Un policier les a alors aidés à acheter des billets.

"Nous étions enfin en France, loin de la guerre"

Le 29 mai 2006, ils arrivent enfin à Paris : "l'hôtel était sale, miteux, avec des cafards, mais on était très content. Nous étions enfin en France, loin de la guerre". La Croix Rouge, les Restos du Coeur, la Soupe populaire les ont beaucoup aidés, alors que son père ne gagnait que 30 euros par jour, exploité sur un chantier. Ibra a alors été inscrit au collège à Saint-Ouen, dans une classe de 4e spécialisée où les élèves étaient émigrés et ne parlaient pas français. Après un an à apprendre le français, il a été mélangé aux autres élèves en 3e : "l'intégration a été très dure au début car mon éducation et mes codes moraux étaient très différents de ceux de la France". Et pour cause, il ne connaissait que la violence pour se défendre et se battait souvent. Le fait que sa famille changeait de logement très souvent ne l'aidait pas à se faire des amis.

Sa famille a eu l'asile et des papiers au bout de six longues années. Après plusieurs boulots, il a décidé de travailler dans le cinéma et s'est ensuite tourné vers Youtube pour faire des vidéos extrêmes : "je n'avais pas peur de faire ce genre de trucs car dans mon enfance, j'avais connu pire que ça". Ça a payé puisque, aujourd'hui, il compte plus de 4 millions d'abonnés et a ouvert son propre restaurant de burger en plein Paris, intitulé "Black and white".