Face au Covid-19, des influenceurs contactés pour... critiquer le vaccin Pfizer
Face au Covid-19, des influenceurs contactés pour... critiquer le vaccin Pfizer
Tandis que le monde entier lutte encore aujourd'hui contre l'épidémie de Covid-19, des influenceurs français viennent de faire une révélation fracassante : ils ont été contactés pour mener une campagne de désinformation contre Pfizer-BioNTech, l'un des vaccins les plus utilisés, en échange d'argent.

Un an et demi après le début de l'épidémie de Covid-19 dans le monde entier, le bout du tunnel commence (doucement) à apparaître. Depuis plusieurs mois maintenant, de nombreuses campagnes de vaccination contre le virus sont enfin lancées dans différents pays afin de permettre à la population de se protéger contre cette maladie et de retrouver un semblant de vie normale.

Pourtant, alors que des vaccins différents sont désormais disponibles, il y en a un qui se retrouve aujourd'hui au centre d'une inquiétante polémique : le Pfizer-BioNTech. Rassurez-vous, celui-ci est sans danger et protège aussi bien que ses concurrents. Cependant, une agence de communication a secrètement tenté de tout faire pour le décrédibiliser ces derniers jours.

Des influenceurs contactés pour dénigrer un vaccin

De nombreux influenceurs français présents sur les réseaux sociaux (Twitter, Instagram) et les plateformes de vidéos (Youtube, Tik Tok) ont en effet tiré la sonnette d'alarme en affirmant avoir récemment été contactés afin de dire du mal de ce fameux vaccin. C'est notamment le cas de Léo Grasset (vulgarisateur sur la chaîne Dirty Biology), qui a révélé sur Twitter, "J'ai reçu une proposition de partenariat qui consiste à déglinguer le vaccin Pfizer en vidéo. Budget colossal, client qui veut rester incognito et il faut cacher la sponso."

Et il n'est pas le seul, l'internaute derrière le compte Twitter "Et ça se dit médecin" a lui aussi révélé avoir été démarché pour un tel partenariat, "Je viens de recevoir sur Instagram une demande de partenariat rémunéré genre 2000€ la story pour décrédibiliser le vaccin Pfizer-BioNTech (genre dire des effets indésirables graves, etc.)", tout comme le vidéaste Sami Ouladitto, "Une agence m'a contacté pour partager, en échange de rémunération, des articles qui décrédibilisent le vaccin pfizer, et de parler de son taux de mortalité. En gros ces gens là (je sais pas qui est derrière) payent des influenceurs/artistes pour faire de la propagande et de la désinformation".

Une véritable campagne de désinformation

Comme l'ont précisé ces influenceurs, il ne s'agissait pas d'une démarche sérieuse afin de faire de la prévention auprès du grand public, mais bien d'une campagne de manipulation et de désinformation. Dans des documents dévoilés par Léo Grasset (il s'agit du briefing reçu pour cette collaboration), on y découvre des éléments inquiétants.

Premièrement, les personnes contactées ne devaient absolument pas dire qu'il s'agissait d'une "publicité" ou "vidéo sponsorisée". Au contraire, celles-ci étaient invitées à faire passer leurs messages comme de véritables "conseils" à destination de leurs abonnés avec qui ils entretiennent une certaine relation de confiance. Une demande évidemment contraire à l'éthique et mensongère.

Deuxièmement, cette campagne surfait alégrement sur l'ambiance complotiste qui règne déjà autour des vaccins. Comment ? En faisant croire que Pfizer est "trois fois plus mortel" que ses concurrents et que les médias ignorent volontairement cette information. Ce qui est faux.

Aussi, en invitant les influenceurs à se faire passer pour les chevaliers blancs "Vous pourrez dire que vous avez décidé de partager cette info [secrète] avec vos abonnés", l'entreprise derrière cette campagne souhaitait à tout prix descendre Pfizer, qui est l'un des vaccins les plus plébiscités dans le monde. Et pour se faire, il y avait une liste de liens à partager. Or, de nombreux liens semblaient avoir été créés spécialement pour la campagne...

Quel est l'intérêt de cette campagne ?

De fait, une question se pose désormais : quel était l'intérêt de cette horrible campagne de désinformation ? Malheureusement, le mystère reste entier à ce jour. L'agence Fazze qui a contacté les influenceurs n'a jamais dévoilé le nom de l'entreprise / organisme qui en était à l'origine. Pire, cette agence n'existerait pas réellement, ce qui interroge grandement sur l'échelle de ce scandale.

Par ailleurs, là où le brief laissait entendre que cette campagne avait pour objectif de favoriser un autre vaccin en comparant Pfizer à AstraZeneca, les étranges consignes du genre, "Posez ensuite une question comme 'Pourquoi certains gouvernements utilisent activement Pfizer, qui est dangereux pour la santé des gens ?'" semblaient surtout avoir pour but d'accélérer les théories du complot et de convaincre le public de se détourner des vaccins.

La seule certitude que l'on a pour l'instant, c'est que le laboratoire AstraZeneca a déjà démenti être à l'origine de cette affaire. Auprès de BFMTV, un porte-parole a notamment déclaré, "Nous condamnons fermement toute initiative qui cherche à saper la confiance dans les vaccins et nions catégoriquement les commentaires apparemment illégitimes sur les réseaux sociaux spéculant sur notre implication dans de telles activités".

A noter que le Ministère de la Santé a de son côté assuré suivre cette affaire de près et la prendre très au sérieux. Contacté par BFM TV, il souligne d'ailleurs "l'intégrité des influenceurs qui ont dénoncé ces tentatives manifestes de manipulation." Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, ajoute à propos de cette tentative de désinformation : "C'est minable, c'est dangereux, c'est irresponsable et ça ne marche pas".