Pendant que certains experts travaillant au sein d'entreprises comme Anthropic et OpenAI mettent en garde le grand public sur les dangers de l'IA, alors même que la technologie commencerait à devenir hors de contrôle et pourrait être une véritable menace pour l'humanité d'ici dix ans, les développeurs du studio Fable continuent de jouer avec pour se faire passer pour des artistes du septième art.
Le 4 décembre 2026, c'est le projet Gods Don't Give Gifts signé du YouTubeur Gossip Goblin (né Zack London) qui débarquera dans les salles de cinéma américaines. Au programme ? Une anthologie de quatre histoires intégralement réalisées à l'aide de l'Intelligence Artificielle.
Selon Variety, l'histoire de Gods Don't Give Gifts se situe dans le "deuxième cycle de l'humanité" qui prend place au sein de l'univers "13 cycles" de Gossip Goblin et a pour objectif de satiriser la relation de la société avec l'IA, explorant les conséquences de la capacité de l'humanité à surmonter les limites terrestres, telles que la mort et la mémoire grâce à la technologie, et la manière dont cette dernière appréhende l'humanité.
Tandis qu'une bande-annonce a été dévoilée (voir dans notre diaporama) pour nous donner un avant-goût de ce projet dont on se serait bien passé, Fable a de son côté annoncé qu'il voyait les choses en grand. Le studio espère ainsi convaincre l'Académie des Oscars de nommer Gods Don't Give Gifts dans la catégorie "Meilleur film d'animation" pour l'édition 2027.
A cet effet, une campagne va prochainement être lancée aux USA avec des projections avancées pour les membres de l'Academy, des projections presses organisées pour les critiques et la mise en place d'une véritable promo sur de nombreux panneaux publicitaires dans les rues de Los Angeles. Une évidence pour Edward Saatchi (CEO de Fable), qui estime que l'IA doit désormais entrer dans les conversations.
Depuis cinq ans, la question est : à quel moment un film créé par IA remportera-t-il un Oscar ? Gods Don't Give Gifts est le premier à avoir une chance d'être nommé, et ensuite, tout est possible. Nous pensons qu'il pourrait être le Toy Story de cette génération ; le fait que ce Toy Story soit une satire sombre et audacieuse, une réflexion pertinente sur toutes les craintes de 2026 concernant l'IA et l'avenir de notre espèce, est un commentaire particulièrement pertinent sur les questions auxquelles nous sommes tous confrontés en tant que société.
Oui, si le culot avait un nom, ce serait celui de Fable. Malheureusement pour le studio, les chances d'entrer dans ces fameuses conversations des votants sont faibles. En mai dernier, l'Académie a banni des candidatures potentielles tous les acteurs et actrices IA, ainsi que les scénarios écrits avec IA. Autrement dit, on ne voit pas comment un film intégralement créé avec cette technologie ne serait pas boycotté.
Ne reste finalement qu'un coup marketing pour faire parler du film. Suffisant pour rembourser les frais de production (hum) et de promotion ? En attendant de le savoir, son "réalisateur" (ou plutôt "prompteur") s'avoue fier du projet.
J'ai réalisé ces films avec l'IA, ce que certains trouvent ironique. Mais utiliser un médium pour l'interroger est une démarche artistique des plus anciennes ; je suis peut-être simplement parmi les premiers à l'appliquer à l'IA. Ce que l'IA m'a réellement apporté, c'est la possibilité de transmettre des histoires à l'écran, avec un minimum de filtres, d'interventions, de comités ou de contraintes. Elle a permis à une petite équipe talentueuse et à moi-même d'imaginer un monde extravagant, jusque dans les moindres détails, et de lui donner vie avec une fidélité extraordinaire, des images époustouflantes de léviathans aux vaisseaux spatiaux et singes parlants, jusqu'aux baskets usées d'un figurant.