Coronavirus : la plus jeune victime morte à 16 ans, "elle avait juste une toux"
Coronavirus : la plus jeune victime morte à 16 ans, "elle avait juste une toux"
Le bilan continue de s'alourdir : près de 1 700 personnes sont mortes du coronavirus en France, dont 365 en 24 heures ce jeudi 26 mars 2020. Parmi elles, une adolescente de 16 ans qui n'avait aucun problème de santé. Selon les médecins, Julie, la plus jeune victime et la première victime mineure, a contracté une forme "extrêmement rare" du Covid-19. Sa mère et sa soeur témoignent.

Non, le coronavirus ne touche pas que les personnes les plus âgées. Personne n'est immunisé contre le Covid-19, ce qui est assez effrayant. Le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a d'ailleurs annoncé la mort d'une adolescente de 16 ans : Julie est la première victime aussi jeune et mineure. Comment expliquer qu'elle a succombé au virus ? Selon Jérôme Salomon, elle a contracté une forme "extrêmement rare" de la maladie alors qu'elle n'avait pourtant aucun problème de santé à première vue.

"Personne n'est invincible face à ce virus mutant"

Tout a commencé lorsque Julie "avait juste une toux". Durant une semaine, elle a essayé de se soigner avec du sirop, des plantes et des inhalations, mais tout a "empiré ce week-end avec des glaires et lundi, on a été voir un médecin généraliste. C'est là qu'on lui a diagnostiqué une détresse respiratoire. Elle n'avait pas de maladies particulières avant cela", raconte sa soeur Manon au Parisien avant de préciser : "Faut arrêter de croire que cela ne touche que les personnes âgées. Personne n'est invincible face à ce virus mutant."

Même si la détresse respiratoire est diagnostiquée "acceptable", le médecin appelle quand même le Samu. Julie est alors emmenée à l'hôpital à Longjumeau (Essonne), près de chez elle, avant d'être transférée à l'hôpital Necker à Paris, où son état se dégrade. Son test au Covid-19 s'avère pourtant négatif sauf que le premier réalisé à Longjumeau quelques jours auparavant, lui, est positif.

"Ses poumons ont lâché"

L'adolescente est ensuite admise en réanimation, intubée. Elle décède quelques heures plus tard. Sa mère apprend la terrible nouvelle au téléphone comme elle le raconte au Parisien : "'Venez, vite !' Là, j'ai paniqué. Il y a des mots qui vous font comprendre. On n'y croit pas. On se dit qu'ils se sont trompé. Et pourquoi ces résultats arrivent aussi tard ?" La soeur de Julie, elle, confie : "Ses poumons ont lâché. Les médecins ont fait tout ce qu'ils pouvaient mais la réveiller n'aurait servi à rien."

Manon et sa maman foncent bien évidemment à l'hôpital, mais une fois sur place, elles apprennent qu'il est trop tard, Julie est morte : "C'était violent. On a eu le temps de la voir mais il a vite fallu penser à l'après. Vu les circonstances de l'épidémie, le protocole va très très vite. C'est compliqué mais il faudrait un peu plus d'humanité." Pour des mesures de sécurité, les affaires de l'adolescente ont été brûlées. Sa mère et sa soeur n'ont pu récupérer que "une chaîne de baptême et un bracelet".

Un enterrement en petit comité

Les obsèques de Julie auront lieu ce lundi 30 mars 2020. Seules 10 personnes auront le droit d'y assister : "on a dû choisir parmi nos proches qui sera présent", confie Manon. Un temps de recueillement sera aussi organisé dans son lycée le 4 mai, date à laquelle devraient reprendre les cours. Au programme, une minute de silence et une marche blanche et rouge : "Le blanc pour sa bonne humeur, le rouge parce que c'était sa couleur préférée", rapporte l'une des camarades de Julie.

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