Les Beatles ne seraient rien sans leurs covers. Que l’on pense à la pochette de Sergent Peppers Lonely Hearts Club Band ou à celle de Yellow Submarine, toutes deux foisonnant de détails et d’easter eggs.
Mais c’est encore une autre qui a tant fait fantasmer les fans ces dernières décennies : celle de Rubber Soul, le sixième opus des quatre garçons dans le vent, qui voit ces derniers être immortalisés sous l’objectif du photographe londonien Robert Freeman.
Sur cette cover le crew est intégré à une iconographie très psychédélique (l’album est sorti en 1965), chacun arborant une expression différente, entre la mélancolie et l’amusement. Et comme toute pochette des Beatles, on s'interroge sur ce que se sont dits les musiciens en off, d’autant plus que le cadre familier où a pris place le shooting (la propriété de John Lennon à Weybridge) a forcément encouragé les private jokes et les confessions. Les érudits des Fab Four ne se lassent pas d’étudier ce visuel en apparence anodin.
Et aujourd’hui, c’est Paul McCartney qui en révèle les secrets de tournage. Des coulisses empreintes d'un humour qui n'appartient qu'aux virtuoses de Liverpool... Et absurdes à souhait.
La pochette du burn out ? Les fans des Beatles s’accordent tous à dire que cette cover témoigne de l’épuisement dont faisaient état les Britanniques, sources d’une passion disproportionnée à travers le monde. Déjà auteurs de nombreux “hits” et pris dans une “mania” en forme de tornade.
Mais elle révèle aussi de la facette “psyché” (et sous substances) du quatuor, puisque ce portrait du quatuor, par le prisme d’une courte focale, a été totalement déformé, à l’image de la typographie du titre de l’album, dans un pur esprit “d’expérimentation” très sixties.
Cela étant, sa conception est beaucoup plus… Triviale !
“En fait, le photographe, qui était d'ailleurs un très bon ami de John (Lennon), avait pour habitude de nous montrer ses clichés en les projetant sur une toile. Sauf que le carton dont il se servait pour la rétroprojection a glissé... Et ça a complètement rallongé la photo projetée !”, révèle de son côté Paul McCartney dans une toute récente interview à NME. Un souci technique qui a réjoui les joyeux lurons.
“C'était vraiment un incident. Mais on a tout de suite adoré l’effet : on s'est dit qu'il fallait l'imprimer comme ça, ce portrait, avec cet aspect complètement étiré de l’image, car ça donne tout son sens au titre Rubber Soul : la photo avait cet aspect caoutchouc."
Et voilà comment un bête incident a donné lieu à l’une des plus mythiques pochettes d’albums des années soixante. Rubber Soul s’écoulera à plus de 16 millions d’exemplaires à travers le monde. Cinq ans avant la séparation dramatique des Beatles.