Il y a 20 ans, avant de s'attaquer à Watchmen, puis aux super-héros de DC, Zack Snyder adaptait déjà un comic à succès de Frank Miller et Lynn Varley : 300. Une épopée épique aussi spectaculaire que brutale portée par un Gerard Butler plus en forme que jamais, qui n'a laissé aucun spectateur indifférent.
Le film retrace la légendaire bataille des Thermopyles, où le roi Léonidas (Gerard Butler) mène trois cents guerriers spartiates face à l'immense armée perse de Xerxès (Rodrigo Santoro). Déterminés à défendre la liberté de la Grèce malgré des chances infimes, les Spartiates livrent un combat devenu symbole de courage et de sacrifice.
Entre son esthétisme unique avec cette imagerie très connotée comics créée grâce aux fonds verts/bleus et plus de 1 300 effets visuels, ses ralentis emblématiques qui ont forgé la patte de Snyder et des scènes de combats qui ont rafraîchi le genre, 300 est rapidement devenu un classique avec un box-office de 456 millions de dollars et une note moyenne de 89% sur Rotten Tomatoes.
Une success-story impressionnante, d'autant que cette histoire n'avait pourtant pas débuté de la meilleure des façons pour le réalisateur. Auprès de Variety, Sndyer a rappelé que la présentation de 300 au Festival du Film de Berlin avait été très compliquée avec des reproches sortis de nulle part. En raison de la violence du film et son sujet, le cinéaste s'était retrouvé au centre de nombreuses critiques inattendues.
"Le film a immédiatement suscité des débats houleux, et tout le monde a hué et est sorti de la salle. C'était la première fois qu'on le projetait et on était complètement abasourdis. Ils disaient que c'était "un désastre", "le pire film de tous les temps" et un film "fasciste". Ensuite, on a eu une conférence de presse où ils m'ont posé des tas de questions, du genre : "Êtes-vous un cinéaste fasciste ?"..."
Une situation à laquelle Snyder ne s'attendait pas, tout comme l'une des questions qu'il n'a toujours pas oubliée, 20 ans après : "La question la plus mémorable, c'était quand un des gars m'a demandé : 'Vous êtes pro-gay ou pro-NRA [armes à feu] ? Lequel ?'." Sa réponse ? "J'ai répondu : 'Écoutez, pour être honnête, je suis un peu des deux.' Mais évidemment, je suis pro-gay. J'ai réalisé le film le plus gay de tous les temps."
Snyder est en effet convaincu d'avoir fait de 300 l'un des films les cultes pour la communauté LGBTQ+. Et avec ses personnages testostéronée et en slip qui se soutiennent et s'entraident, il est difficile de lui donner tort. Avec humour, le réalisateur a par la suite ajouté :
"300 est l'un des films les plus gays jamais réalisés. Je dis toujours : "Écoutez, il y a peu de films où les personnes entrent dans la salle hétérosexuelles et en ressortent homosexuelles." Et 300 en fait partie".
Une déclaration amusante mais finalement peu surprenante. Si Sndyer s'est souvent vu reprocher une approche qui tend à satisfaire des conservateurs, voire une partie de l'extrême-droite, en mettant en avant le culte du héros quasi religieux (Man of Steel), en faisant la course au male gaze (Sucker Punch) et en banalisant la violence avec des armes (Batman v Superman, 300), le réalisateur s'est toujours présenté comme un démocrate.
Auprès du Guardian, il rappelait en 2021 :
"Je vote démocrate ! Je suis un fervent défenseur des droits individuels. J'ai toujours été un ardent défenseur des droits des femmes et de leur droit à disposer de leur corps, et j'ai toujours été entouré de femmes influentes. Et, bien sûr, je défends ardemment les droits de toutes les ethnies et de tous les milieux. Je dirais que je suis plutôt progressiste. Je tiens à ce que chacun soit entendu et se sente inclus. Je n'ai pas d'idéologie de droite".