20 ans après, le film culte "Le diable s'habille en Prada" s'offre une suite avec la même brochette d'acteurs : Anne Hathaway, Meryl Streep, Stanley Tucci et Emily Blunt. Pourquoi ? Après tout, pourquoi pas. Il faut dire que le long-métrage a marqué l'histoire de la pop culture en racontant le quotidien chaotique de la jeune Andy, assistante de Miranda Priestly, la tant redoutée rédactrice en chef du magazine "Runway". Un personnage inspiré de l'indétrônable Anna Wintour, qui est tout simplement devenu iconique.
Adapté du best seller du même nom écrit par Lauren Weisberger, "Le diable s'habille en Prada" a véritablement imposé Anne Hathaway au cinéma, s'est transformé en usine à mèmes via les réseaux sociaux, et a surtout cartonné au box office avec 2,1 millions de spectateurs en France et plus de 326 millions de dollars de recettes générées dans le monde. Mais après deux décennies, était-il indispensable de nous offrir un deuxième volet ?
D'autant que le premier film, aussi cool soit-il, a plutôt mal vieilli, tant par son manque de diversité au sein du casting que par ses blagues lourdes sur la taille 40 d'Andy, qualifiée de "grosse" à plusieurs reprises, ou par le côté tyrannique de Miranda. 20 ans plus tard, le monde a changé, les mentalités aussi.
Vous l'aurez compris, on y allait un peu à reculons. Et au final, "Le diable s'habille en Prada 2" se révèle être une très bonne surprise. Déjà parce que le film multiplie les clins d'oeil au premier comme la scène d'introduction où Andy se brosse les dents face au miroir, lorsqu'elle passe devant un marchand de ceintures qui tend deux pièces bleu céruléen (les vrais auront la réf !) ou encore cette scène finale où elle arbore le même pull bleu synthétique tant décrié dans le film sorti en 2006. C'est discret et ça fait plaisir !
Aussi, ces personnages attachants nous avait manqués, sans vraiment s'en rendre compte, et on est ravi d'avoir de leurs nouvelles.
On remarque également que l'équipe du "Diable s'habille en Prada 2" a pris conscience que les choses ont changé 20 ans plus tard. Ici, plus de piques grossophobes, plus de maltraitance des assistants, mais une Miranda Priestly qui doit accrocher son manteau elle-même après une plainte des RH et qui réalise en réunion que ses blagues douteuses ne passent plus vraiment aujourd'hui. Celle sur le body positive est d'ailleurs hilarante !
Alors que l'intrigue est posée en dix minutes top chrono et que le début du film affiche plus de diversité que l'intégralité du premier volet, la comédie nous plonge d'emblée dans une triste réalité : le journalisme est en crise à cause des restrictions budgétaires, des rachats de groupes de presse et des réseaux sociaux.
Sur fond de réalisme sans en faire trop, Andy retrouve donc rapidement Miranda chez "Runway" pour de nouvelles aventures rythmées, drôles et riches en punchlines, même si l'enjeu n'est pas ce qui tient le spectateur en haleine. C'est un prétexte pour 2 heures de nostalgie.
D'ailleurs, il n'y a pas que l'époque qui a changé, les personnages ont évolué eux aussi. La redoutable rédactrice en chef n'est finalement plus qu'un loup mais aussi une proie pour les actionnaires et le public, Emily (jouée par Emily Blunt) a épousé un richissime homme d'affaires fou (incarné par Justin Theroux), seuls personnages très caricaturaux, et Andy n'est plus la jeune assistante hésitante des débuts. La fin d'une époque ? Oui, mais pour le meilleur.
Alors, réussi ou bâclé ?
Au milieu de tout ça, que les fans de mode se tiennent prêts, le film est une page de pub ambulante où sont cités Dior, Louis Vuitton ou Margiela, tandis qu'une avalanche de guests rythme le récit sans l'alourdir entre New York et Milan, avec des apparitions éclair de Tom Ford, Heidi Klum, Law Roach, Donatella Versace... ou encore Lady Gaga.
La superstar voit son titre "Runway" résonner lors d'un défilé alors qu'elle interprète son propre rôle dans une scène face à Miranda Priestly avant de chanter l'inédit "Shape of a Woman" en plein catwalk.
Pour résumer, on n'attendait rien de cette suite du "Diable s'habille en Prada" mais le film réussit à convoquer avec un équilibre remarquable une bonne dose de nostalgie tout en se renouvelant, injectant une belle énergie, avec de la haute couture, des vannes piquantes et de la bonne musique (Madonna, Miley Cyrus...). Que demander de plus ? Un troisième épisode !
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2