Un film doit-il nécessairement être bon pour cartonner au cinéma ? La réponse est… non. C'est en effet ce que l'on peut en déduire (à nouveau) au regard de l'immense succès de Michael réalisé par Antoine Fuqua.
À sa sortie en salles le 24 avril 2026, ce biopic centré sur la première partie de la carrière de Michael Jackson avait été vivement critiqué par la presse. Doté d'une note moyenne de 37% sur Rotten Tomatoes, Michael avait rapidement fait l'unanimité… en sa défaveur.
"Une vision mièvre, ringarde, sans risque, clichée et aseptisée de Michael Jackson" déplorait FilmWeek, tandis que Time Magazine regrettait la futilité du projet, "Ce n'est pas que ces anecdotes soient inexactes. C'est juste qu'elles sont tellement incomplètes qu'elles peinent à saisir l'essence même de Michael Jackson."
"Ne vous y trompez pas : Michael n’est pas un film. C’est une playlist filmée en quête d’une histoire", soufflait de son côté RogerEbert devant la platitude du scénario, pendant The Wrap se lamentait du manque d'ambition d'un tel projet, finalement reconverti en panneau publicitaire, "On ne peut pas prendre ça au sérieux, aussi sincère que ça puisse paraître. Parce que ce n'est pas vraiment une histoire. Peut-être que ça l'était avant les reshoots. Peut-être pas. Quoi qu'il en soit, maintenant, ce n'est qu'un coup de pub digne d'un long métrage, et ça ressemble à une opération de communication de crise."
Et pourtant, malgré de vives critiques de la part de la presse, Michael n'a eu aucun mal à rencontrer son public. C'est simple, en l'espace de trois mois, le film est entré dans l'histoire du cinéma. C'est désormais officiel, il vient de passer la barre du milliard de dollars de recettes au box-office mondial, lui permettant de devenir le seul biopic à réaliser un tel exploit.
Avec 371.8 millions de dollars récoltés aux USA et 629.8 millions de dollars engrangés dans le reste du monde, Michael est devenu le biopic musical le plus puissant du cinéma, dépassant les 911 millions de dollars de Bohemian Rhapsody, mais également le biopic classique le plus important du septième art, faisant mieux que les 975 millions de dollars de recettes d'Oppenheimer.
Michael est même devenu le plus gros succès du studio Lionsgate, reléguant derrière lui deux sagas cultes du ciné avec Hunger Games : L'Embrasement (865 millions de dollars) et Twilight : Chapitre 4 - Révélation - partie 2 (850 millions de dollars).
© Lionsgate
Au regard des critiques des professionnels envers ce film, on imagine difficilement Michael connaître un destin semblable à celui d'Oppenheimer et ses 7 Oscars (dont celui du "Meilleur film"). Malgré tout, ce succès impressionnant suffit à redonner le sourire à Antoine Fuqua qui, on le sait, avait connu l'enfer dans les coulisses de ce projet.
Atteindre le cap extraordinaire du milliard de dollars avec "Michael" est un moment profondément émouvant qui célèbre le dévouement sans faille de nos incroyables producteurs, acteurs, techniciens et partenaires. Ce succès appartient à tous ceux qui se sont unis autour d'une vision commune pour rendre hommage à l'un des plus grands artistes que le monde ait jamais connus. Je suis profondément reconnaissant envers les spectateurs du monde entier qui ont accueilli ce film avec enthousiasme, se sont déplacés dans les salles et ont été touchés par cette histoire, par-delà les générations et les cultures. Ce jalon historique témoigne du pouvoir intemporel du cinéma de nous rassembler, et c'est un chapitre de l'histoire du cinéma que je n'oublierai jamais.
© Universal Pictures France
Pour rappel, le dernier acte du film n'était pas censé ressembler à celui que l'on connait désormais. Initialement, Michael abordait les accusations de pédocriminalité, avec notamment une scène d'ouverture montrant la police à Neverland. Or, les producteurs ont découvert tardivement qu'une clause de l'accord financier de 1993 avec la famille de Jordan Chandler leur interdisait légalement d'exploiter cette histoire à des fins commerciales.
Résultat ? Toute cette partie a dû être intégralement coupée. Pour pallier ces coupes, l'équipe a été forcée de réécrire le dernier acte et retourner des scènes pendant 22 jours en juin 2025, faisant gonfler le budget de 15 millions de dollars. Désormais, le film s'achève de manière abrupte sur le triomphe de la tournée Bad à la fin des années 80, lissant complètement l'histoire et la face sombre du chanteur.
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