Youssoupha Diaby : bientôt un feat avec Mister V, Nekfeu ou Maitre Gims ? Il nous répond (Interview)
Youssoupha Diaby : bientôt un feat avec Mister V, Nekfeu ou Maitre Gims ? Il nous répond (Interview)
Après Vine, YouTube ou encore la scène, Youssoupha Diaby se lance désormais dans la musique ! L'humoriste et membre du Woop aux côtés de Mister V, Hugo Tout Seul ou encore Hakim Jemili, sort cette semaine son premier album "Crazy Island", dont il a déjà dévoilé "C'est du n'importe quoi" et "L'étymologiste". A cette occasion, PureBreak l'a interviewé.

C'est sur Vine que Youssoupha Diaby a commencé, avant d'enchaîner sur YouTube, notamment avec le crew du Woop. Aux côtés de Mister V, Hakim Jemili, Malcolm ToTheWorld, Hugo Tout Seul, Mike Kenli et Jérémy Déthelot, il fait rire plus de 3,2 millions d'internautes. Habitué au stand up, il se lance aujourd'hui dans la musique, tout en restant dans son univers d'humoriste. Et pour cause, dans son premier album "Crazy Island", disponible dès ce vendredi 9 février 2018, il rappe sur des textes de stand up, comme on a pu le voir avec plusieurs de ses titres déjà dévoilés comme "C'est du n'importe quoi", "L'effet Snapillon" et "L'étymologiste". PureBreak a eu l'occasion d'interviewer Youssoupha.

PureBreak : Pourquoi te lancer dans la musique maintenant ?

Youssoupha Diaby : J'ai toujours fait de la musique, c'est juste que j'étais bloqué avec un contrat qui faisait que, malheureusement, je n'ai pas pu sortir d'album pendant 5 ans. J'étais concentré sur le stand up - les gens me connaissent plus en tant que stand uper qu'en tant que musicien ou chanteur – mais je fais de la musique depuis longtemps. J'avais déjà balancé des morceaux sur la chaîne du Woop, comme "L'effet Snapillon" ou "Gogogadget", dans la même lignée que mon album. Les gens ont été agréablement surpris.

"Ma musique est différentiable"

Est-ce que tu y pensais avant de te lancer dans l'humour ?

Je fais de la musique depuis l'âge de 15 ans, mais c'est le stand up qui a marché. Je pense que la musique que je faisais était la même que tout le monde. Dans tous les quartiers dans lesquels j'allais, les gens rappaient la même chose que moi. C'est quand j'ai commencé à réussir dans l'humour (avec le Jamel Comedy Club puis le Woop), que mon univers rap s'est ouvert à un truc tout public, bien marrant, bien fun. Aujourd'hui, ma musique est différentiable par rapport à ce qui existe.

Quelles sont tes influences musicales ?

J'aime beaucoup le rap américain comme Mobb Deep, surtout au niveau des instrus. J'écoute beaucoup Eminem, le Wu-Tang. En rap français, j'aime bien Arsenik, Lunatic. Tous ces artistes des années 90 me surprenaient quand je les écoutais, il y avait de la technique, de l'ingéniosité. Tout s'enchaînait en restant dans un thème. Maintenant, il n'y a plus un seul thème dans un album.

Tu écoutes quoi en ce moment ?

J'écoute tout ce qui sort, comme Guizmo, Niska ou Kaaris. Je m'actualise. C'est comme les films, j'aime bien regarder ce qu'il y a au cinéma. Il ne faut pas être dépassé, sinon tu ne sais pas ce qu'il se passe et tu restes sur ta position de mec de 1990 qui n'a pas évolué. Les codes changent, il y a de l'autotune tout le temps. Je pense que c'est du vrai rap, mais c'est juste un autre type de rap. Tout est bon à prendre.

Il y un son son que tu as honte d'écouter ?

J'écoute de tout ! Dans ma playlist, il y a du rock, du zouk, des chansons sénégalaises, du rap américain. C'est surtout les sonorités que je kiffe. Je n'ai honte d'aucun type de musique parce que moi-même, je ne sais pas faire ce que les chanteurs font. Les gens disent que c'est nul mais ils ne savent pas le faire. Il y a du travail derrière. C'est comme pour mon morceau "C'est n'importe quoi". S'il a des bons retours et je suis vraiment content, ça me fait rire quand je vois des gens dire en commentaire "C'est pas ouf". Ces gens-là ne sauraient pas le refaire, ni faire toutes les voix en one shot. Ça m'a demandé des années de travail ! Pas pour faire ce son, mais pour développer ce style que personne ne peut reproduire.

Youssoupha Diaby :

Justement, en parlant de ton single, c'est quand la dernière fois que tu t'es dit "C'est n'importe quoi" ?

Tous les jours ! Là, y'a un mec qui se balade avec un volant dans la main, c'est n'importe quoi ! Tout à l'heure j'étais dans le tramway, y'avait un pickpocket, c'est du n'importe quoi ! Rien ne va plus, comme on dit (rires) ! C'est une expression que les gens disent tout le temps, même les parents, les profs... C'est la limite d'un mot grossier, que tout le monde peut utiliser. Vu qu'il m'arrive toujours plein de merdes, je me suis dit que ce serait marrant de les dire en rappant. Mon travail de stand-upper, c'est de rendre les choses cool donc le but, c'était de faire rire avec des choses hyper vraies. D'ailleurs, j'ai plein d'autres morceaux avec des choses vraies, qui peuvent arriver aux gens. Vous allez vraiment rigoler !

"Ce n'est pas du Fatal Bazooka ou du Kamini"

Tu parles de sujets sérieux comme tes problèmes avec les filles ou ton beau-père qui te bat tout en gardant l'humour. Pourquoi ?

Je me suis dit que c'était tellement triste que ça devait être marrant. C'est de la thérapie, sinon tu deviens fou ! Je voulais faire un truc vrai, que les gens disent 'il est vrai ce gars'. Ce n'est pas du Fatal Bazooka ou du Kamini, même si je les aime beaucoup.

Tout est vraiment basé sur ton histoire perso ?

Oui ! Sauf l'accouchement, où je ne suis pas tombé. Mais j'ai une vie tellement dingue, il m'est arrivé tellement de trucs que ça ne m'étonnerait pas que l'on me dise que je suis vraiment tombé.

Tu fais des feat avec plusieurs membres du Woop (Hakim, Jérémy, Malcolm...), c'était important pour toi ?

Oui, c'est mes frérots ! Même si eux me demandent, je leur dirais oui ! Je n'ai pas pu mettre tout le monde car certains n'étaient pas là quand j'étais en studio. Mais c'est pas grave, si tout se passe bien, il y aura d'autres albums, y'en a d'autres en préparation. Je suis content d'en avoir au moins 3 sur 6, comme dans Pokémon (rires) !

As-tu prévu un duo avec Mister V ?

Oui, on va faire ça ! Prochainement, car dans le premier album, y'a tellement de vannes, de voix, de personnages, d'idées, de thèmes nouveaux, j'ai pas eu besoin de faire des featurings musicaux car le concept était déjà neuf à 100 %.

Prévois-tu de toucher les States comme Mister V ?

Musicalement, ça va être plus dur. J'ai commencé le stand up cet été aux États-Unis, ça s'est très bien passé, mais j'ai dû rentrer pour tourner des vidéos et pour sortir mon album. Percer aux USA, c'est pas très compliqué, il suffit de percer en France car tout est connecté. Si t'as 1 million d'abonnés sur Instagram, tu deviens viral. Moi j'avais même pas 100.000 à l'époque. Pour la musique, c'est pas pareil, il faut une vraie crédibilité pour rapper.

Avec quel artiste français et international rêverais-tu de faire un duo ?

Je suis prêt à bosser avec n'importe qui tant qu'on fait quelque chose de nouveau. Si c'est du déjà vu, ça ne sert strictement à rien. Aujourd'hui, comme tout le monde rappe pareil, ça fait les mêmes morceaux. Après, j'aime bien la technique de Nekfeu, le chant de Maître Gims, le rap de Kaaris. Par exemple, si on me prend moi, un humoriste complètement déjanté, qui rappe avec Lacrim, un mec hyper strict et sérieux, ça va donner un truc super original. C'est vraiment la création à l'état pur qui m'intéresse.

Tu parles de l'addiction aux réseaux sociaux et notamment à Snapchat dans l'effet Snapillon. Penses-tu que les RS sont trop intrusifs ?

J'ai l'impression que les gens deviennent bêtes à cause de ça, vraiment. Il y a des gens qui cassent des vitres avec la tête pour devenir viraux ou des gens qui n'ont pas forcément un talent mais qui veulent être connus. J'appelle ça le syndrome de Jackass. Il faisait exactement la même chose. Il y a plusieurs cas où ça va trop loin, comme avec Logan Paul. Je ne le défends pas mais quand il a filmé le mec, ça se voyait qu'il était choqué. Après, il n'aurait pas dû uploader la vidéo. Il a fait une erreur. Ça se retourne contre lui mais y'en a qui ont fait pire sur YouTube. Dès que ça arrive dans les médias, ça prend une autre ampleur.

Youssoupha Diaby

Vas-tu être tout aussi présent sur YouTube ?

Oui bien sûr ! Pour 2018, j'ai prévu des clips bien marrants qui sortiront sur ma chaîne mais aussi sur celle du Woop. Notre objectif, c'est d'atteindre les 5 millions d'abonnés cette année, alors qu'on est actuellement à 3 millions. C'est un beau challenge mais c'est faisable !

YouTube, la musique... Quel est ton prochain défi ?

Mon prochain défi, c'est de faire mon passage de stand up de 30 minutes en anglais à New York. Ça, c'est un vrai challenge !

Emy LTR, Bengous, Mister V... De nombreux youtubeurs se sont lancés dans la musique dernièrement, comment expliques-tu cela ?

C'est le phénomène de l'évolution. On est des youtubeurs, on a des gens qui nous suivent, si on veut faire un album, on en fait un, si on veut faire un spectacle, on en fait un, si on veut écrire un livre, on en écrit un... On a une certaine liberté grâce aux fans qui nous suivent. Après, ça reste toujours dans l'humour. Les gens me reconnaissent avec mon album, ça reste marrant. Après, il y a une différence entre faire un morceau et faire un album, c'est comme faire un passage de 5 minutes au Jamel Comedy Club et faire 1h sur scène. Tu ne dois pas te répéter, tu dois te renouveler, tu dois être varié. Après je les encourage tous à faire un album. Nous, les youtubeurs, on est tous dans le même bateau et il faut un gros truc fort, sinon les gens t'attendront au tournant comme Logan Paul (rires). Ils n'attendent que ça !

Propos recueillis par Marion Poulle. Contenu exclusif. Ne pas reproduire sans citer PureBreak.com

=> L'album est disponible ici.