"I'm siiiiiinging in the raiiiiin". Qui n'a pas eu envie de pousser la chansonnette en sortant son parapluie sous une averse ? Il faut dire que la chanson culte interprétée par Gene Kelly est devenu un véritable standard de la musique. Mais il ne faut pas oublier le film dont elle est extraite : Chantons sous la pluie, chef d'oeuvre de la comédie musicale et feel good movie ultime, classé cinquième meilleur film de tous les temps.
Plus de dix ans après une première version au Théâtre du Chatelet, le metteur en scène canadien Robert Carsen fait renaître le classique réalisé par Stanley Donen sur les planches du Lido. Et autant vous le dire tout de suite, on tient là l'un des meilleurs spectacles de l'année. Voici nos trois raisons de ne pas manquer le musical phare de la rentrée.
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C'est le maître mot de cette adaptation : redonner ses lettres de noblesses à un genre qui n'a pas été souvent bien traité en France. Un an après le déjà très réussi Les Demoiselles de Rochefort, c'est donc un autre classique du musical qui renaît dans un Lido récemment rénové. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le spectacle est une franche réussite, bien que paradoxalement imposant et assez sobre.
Autour d'un énorme écran circulaire, la mise en scène fait revivre les scènes cultes du film de Stanley Donen. Pas véritablement de décors XXL mais quelques éléments bien pensés, placés ci et là pour nous replonger dans l'ambiance du Hollywood de la fin des années 1920, confronté au tournant des films parlants. Un banc et un lampadaire pour une rue, quelques chaises et des projecteurs pour un studio, une loge coupée en deux, une scène kaléidoscopique en hommage aux ballets aquatiques de Busby Berkeley... Robert Carsen fait parfois le choix de l'épure mais qui s'avère payant.
D'autant plus que quelques modifications ont été réalisées par rapport au film : la rencontre entre Don et Kathy ne se fait plus dans une voiture mais sur un simple banc, le personnage du professeur de diction est désormais une femme. De plus, quelques chansons changent de place dans le récit. De ce fait, le spectacle s'étire désormais sur trois heures, entracte compris, contre 1h40 seulement pour le film. Ce qui suscite parfois quelques longueurs inutiles...
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La comédie musicale est portée par une troupe d'exception. Autour de la quinzaine de danseurs, les trois acteurs principaux virevoltent : Ashley Day est un Don Lockwood bondissant et magnétique, même s'il est difficile de succéder au Gene Kelly, Maddie Waller est touchante en Kathy Selden aux aspirations shakespeariennes, tandis que Charlie Waddell est aussi virevoltant que comique en Cosmo, qui brille lors de son numéro solo sur Make 'Em Laugh.
Ce qui marque le plus, c'est que la troupe prend un plaisir fou à chanter et danser, que ce soit lors de numéros de claquettes impressionnants, de bluettes plus romantiques et même de scènes plus comiques dans cette spectacle où, finalement, les chansons ne sont pas forcément légion et où l'on parle beaucoup.
Forcément, le public, conquis, finit debout et fait un triomphe bien mérité à la troupe. Un célèbre acteur britannique fait même un petit caméo dans le spectacle, mais on vous laisse la surprise de le découvrir en vrai...
On se demandait comment cette scène légendaire du cinéma allait rendre sur la scène du Lido. Force est de constater que nous n'avons pas été déçus, bien au contraire !
Pour reproduire cette séquence, ce sont littéralement des trombes d'eau qui tombent sur la scène, et son interprète Ashley Day s'amuse à sauter dans les flaques, danser avec son parapluie ou chanter sous une canalisation brisée et qui déverse des hectolitres. Il finit la scène trempé comme jamais, mais le sourire aux lèvres. Une véritable prouesse, qui entraîne forcément un véritable défi technique que l'équipe a relevé haut la main.
Et qu'importe si le premier rang reçoit quelques gouttes, l'effet est véritablement saisissant. Forcément, le public est gâté avec une deuxième interprétation tout aussi pluvieuse de Singing in the Rain pour conclure le spectacle. Sensationnel !