Robin Williams était l'un des rares acteurs capables de passer avec une aisance déconcertante de la comédie espiègle au drame poignant. Que ce soit dans le rôle d'un animateur radio hyperactif dans Good Morning, Vietnam ou celui d'un professeur attachant dans Le Cercle des poètes disparus, Williams a maintes fois démontré que derrière son énergie d'improvisation se cachait un artiste d'une extraordinaire finesse émotionnelle.
Après plusieurs succès dans des rôles dramatiques, il reçut à la fin des années 1980 un autre scénario qui lui offrait l'opportunité de déployer tout son talent dramatique et qui le captiva instantanément : L'Éveil.
Alors que Robin Williams avait déjà brillé dans plusieurs drames exigeants, au point d'obtenir une nomination aux Oscars pour Good Morning, Vietnam, le public s'était brièvement demandé s'il allait abandonner la comédie pour se consacrer exclusivement aux rôles dramatiques. Mais pour lui, il n'avait jamais été question d'être "drôle ou sérieux" : il s'agissait simplement de jouer des histoires qui le touchaient.
Et c'est précisément ce qui s’est passé lorsque Penny Marshall lui a proposé le rôle dans l’adaptation cinématographique du roman d’Oliver Sacks, L’Éveil. Dans une interview accordée au journal The Oklahoman, le comédien s'était souvenu du moment où il avait lu pour la première fois les pages du scénario et avait compris qu'il ne pouvait pas refuser le rôle :
Quand une telle opportunité se présente, il serait absurde de la refuser… Quand je lis quelque chose d’aussi marquant, je la saisis.
Par ailleurs, outre l’histoire de Malcolm Sayer, le personnage qu’il incarnait, qui l'avait immédiatement captivé, le comédien était également enthousiasmé à l'idée de jouer aux côtés de Robert De Niro, qui interpréterait Leonard Lowe, le patient de Sayer.
A cet effet, au cours du tournage, un incident légendaire s'était même produit entre les deux hommes, puisque Williams avait involontairement cassé le nez de De Niro. Malgré cela, les deux hommes n'avaient jamais cessé de toujours vanter leur grande admiration l'un pour l'autre.
Même lorsqu'on est censé jouer un personnage catatonique, on peut en faire trop. Les gens le remarquent… Quand Bobby [Robert De Niro] a parlé le premier jour, j'ai su que c'était le ton parfait. Il savait exactement ce qu'il faisait. Je savais que ça allait marcher. C'était comme un rayon laser.
Le film L'Éveil a été salué par la critique et a prouvé, une fois de plus, que Williams était non seulement un maître de l'improvisation, mais aussi un acteur doté d'une grande palette émotionnelle. Tandis que De Niro avait été nommé aux Oscars pour sa performance, Williams avait de son côté reçu une nomination aux Golden Globes.
Après le film, une évidence s'était imposée : Williams n'allait jamais cesser de naviguer entre les genres, et c'est cette oscillation entre sérieux et légèreté qui a fait de lui une icône qui a défié toute catégorisation.
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