Primetime interpelle et bouscule.
Sous son postulat choc, la nouvelle production A24, qu'on pourrait situer à mi chemin entre Nightcall (avec Jake Gyllenhaal en caméraman avide de news morbides) et Tueurs nés, aborde aussi bien les excès des reality shows américains, et leur déformation, justement, de la réalité, que la dure vie de comédien à Hollywood. Et au milieu, affole l'ambigu Robert Pattinson, caméléon qui ne craint jamais le cabotinage.
Mais où va-t-il chercher toutes ses mimiques ? Ses grimaces ? Ce jeu qui frôle toujours le ridicule ? Et bien, du côté des comic books. Il faut dire que dans la peau d'un présentateur persuadé de faire le bien en se substituant à la Justice, Pattinson fait penser... à Batman. C'est logique, puisque la star a déjà incarné le justicier de la nuit. Même sentiment de toute puissance, même ambivalence morale, même folie sous-jacente.
Cela étant, c'est à tout un autre personnage de comic book que les fans pensent... Quitte à en faire la grosse théorie autour du film.
Et si Robert s'inspirait... du Joker ?
C'est là la certitude de nombreux internautes. Sur X, les fans comparent des extraits de Primetime, notamment les "répétitions" du personnage principal, à la grande Némésis de Batman, et éditent des montages alignant des millions de vues, comme le rapporte Entertainment Weekly. Mêmes murmures, tics physiques, cabotinages, attitude malsaine.
Etrangement, ça tient debout. Et voici pourquoi.
En vérité, entre le Joker de Todd Philips, incarné par Joaquin Phoenix, et le Pattinson de la production A24, s'entremêlent de très nombreux points communs. Voilà deux satires des médias qui associent directement la violence, sa réalité, et son illustration, à la télévision. Deux oeuvres-chocs qui mettent en scène un protagoniste ouvertement dérangeant, persuadé d'être dans le vrai, quand bien même il s'avère presque aussi inquiétant que ceux auxquels il s'attaque.
C'est vrai qu'il est très "Joker", ce présentateur-télé, hanté par des apparitions surnaturelles mettant sérieusement en doute la bonne tenue de sa santé mentale. Cet aspect-là, cet énorme trouble qui parasite cet anti-héros, c'est l'une des zones d'interprétation, nombreuses, d'un film qui pourrait bien cartonner aux Oscars.