Cela devient désormais un running-gag dans tout le pays : la France n'a plus remporté le concours Eurovision depuis 49 ans. Un embarras synonyme d'éternité alors même que la nation l'avait pourtant remporté à 5 reprises entre 1958 et 1977. De quoi envoyer en dépression les membres du comité, d'autant que cette mauvaise série avait récemment failli se briser.
En 2021, la France s'était en effet classée deuxième du concours, derrière Maneskin, grâce à la chanson Voilà de Barbara Pravi. Une presque réussite frustrante pour les spectateurs, que ne regrette absolument pas l'artiste. 5 ans après sa performance, la chanteuse a au contraire profité de son passage dans l'émission En Aparté (Canal+) pour exprimer… son soulagement d'avoir perdu.
Je suis très heureuse [de la 2ème place]. Je suis dans une quête de liberté en permanence. Tout ce qui peut m’enchaîner, ça m’oppresse. Et je crois que quand on est premier dans un concours pareil, même si évidemment, c’est une fête énorme, on ne peut pas mentir là-dessus, en revanche, je crois aussi que ça m’aurait enchaînée à des équipes télés, à un programme télé. Toute ma vie, on se serait souvenu uniquement de ‘Barbara Pravi, la chanteuse de Voilà’.
Là où sa carrière ne fait que débuter, Barbara Pravi - qui a conscience de l'importance du concours dans son parcours, "évidemment que ça a changé ma vie", n'aurait pas aimé se coltiner une telle étiquette toute sa vie. Certes, elle aime cette chanson et assume cet événement, mais la chanteuse n'est pas que ça. "Ca n’est pas tout ce que je suis et j’espère réussir à faire une carrière qui montre qu’on est beaucoup de choses", a-t-elle expliqué.
© Abaca Press, Zentralbild/DPA/ABACA
Ceci étant dit, Barbara Pravi a rappelé que sa joie d'avoir perdu n'éclipse en rien son bonheur d'avoir représenté la France durant ce concours. Car, elle en a conscience, sans l'Eurovision, elle ne serait peut-être pas là aujourd'hui, auréolée d'une Victoire de la musique (2022) en tant que "Révélation féminine".
S’il n’y avait pas eu l’Eurovision, j’aurais réfléchi à une autre manière de faire mon métier. J’écrivais beaucoup pour d’autres artistes, je l’aurais fait de façon beaucoup plus investie, je n’aurais fait que ça. Je pense qu’en parallèle, j’aurais continué de sortir des petits clips comme ça. Je me serais moins battue. Là, je me battais beaucoup et beaucoup dans le vide. Je pense que j’aurais arrêté de me battre.
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2