Les jours passent et se ressemblent à l'Assemblée Nationale. Depuis que le débat a commencé il y a quelques jours, l'ambiance est électrique dans l'hémicycle, mais elle tourne carrément à l'orage depuis deux jours. La ministre de la justice Christiane Taubira et le président du groupe UMP Christian Jacob s'accrochent à

Les jours passent et se ressemblent à l'Assemblée Nationale. Depuis que le débat sur le mariage pour tous a commencé, l'ambiance est électrique dans l'hémicycle, mais elle tourne carrément à l'orage depuis deux jours. La ministre de la justice, Christiane Taubira, et le président du groupe UMP, Christian Jacob, s'accrochent à l'Assemblée pendant que les députés de gauche comme de droite se taclent par l'intermédiaire de Twitter.

L'ambiance est mouvementée à l'Assemblée. Est-ce le résultat d'une nuit blanche de folie qui excite nos députés ou bien le vote du premier article du projet de loi qui échauffe les esprits ? Sans doute un peu les deux.

Christiane Toubira VS Christian Jacob
Dans l'hémicycle, ça s'interpelle, ça se bagarre, ça se clashe et ça s'insulte. Dernier dérapage en date ? Il date de lundi soir. Tout commence avec le député UMP Elie Aboud qui a quelque peu agacé Christiane Toubira avec cette phrase : "Je peux vous assurer que mes collègues pédopsychiatres se réveillent et se rendent compte qu'il y a un vrai danger. (...) Vous savez madame la garde des Sceaux, ce n'est pas du triangle rose qu'il parle, mais d'un triangle noir, avec inscription SOS danger".

Un symbole nazi
Le malheureux n'a à ce moment-là pas encore conscience de l'orage qu'il vient de déclencher en utilisant le mot "triangle", un emblème utilisé par les nazis pour marquer les homosexuels. Rien que ça... Christiane juge l'expression "d'inqualifiable". Christian Jacob, président du groupe UMP à l'Assemblée, en profite illico pour monter au créneau et interpeller la ministre. "Vous êtes indigne madame la ministre" lui lance-t-il avant de préciser : "Ce sont les députés de votre camp qui ont fait (les premiers) référence scandaleusement au triangle rose et vous reprenez cette expression". L'Assemblée est en folie et la séance suspendue.

Clashs en rafale sur Twitter
Il n'y a pas qu'à l'Assemblée que ça se tacle dans tous les sens. Les élus se lâchent également sur le fil Twitter. Les remarques en 140 caractères pleuvent sur le réseau. Certains sont même très actifs. Côté majorité, on clashe l'opposition, comme Jean-Claude Urvoas, très bavard sur Twitter : "Nouvelle interpellation de C. Jacob contre le gouvernement. Pas une fois depuis des heures il n'aura manifesté une seule fois de la simple courtoisie". Le député écologiste Sergio Coronado se moque de la droite : "Quand la droite parle, j'ai l'impression de lire S. Agacinski (philosophe française opposée au mariage pour tous). Je finis par préférer entendre F. Barjot chanter".

Côté opposition, ça enchaîne pas mal les élus de gauche aussi sur Twitter. La championne toute catégorie du clash 2.0 de gauchos reste Christine Boutin. Présidente du Parti chrétien-démocrate, Chri-Chri n'est pas contente : "Incroyable de voir la gauche cadenasser l'opposition sur le mariage gay ! Quel régime, si la parole n'est + libre dans l'hémicycle ?".

Interdits de tweets ?
Ca déborde tellement sur Twitter, que l'élu UMP Philippe Gosselin a demandé lundi un rappel au réglement au président de l'Assemblée Nationale Claude Bartolone, afin de "réfléchir à la façon dont les députés doivent totalement ou partiellement (...) vérifier l'usage des tweets, gazouillis et autres réseaux sociaux". Ce à quoi ce dernier a répondu que son rôle de président consistait à : "veiller au bon déroulement de nos travaux dans l'hémicycle" et non pas à ce qui se dit à l'extérieur...