Talk Talk, Simple Minds, a-ha, Orchestral Manoeuvres in the dark…
Tout cela c’est joli, mais n’oubliez jamais Duran Duran. Cela tombe bien, le groupe mythique de synth pop 80's revient pour une tournée nostalgique, l’occasion de raviver la flamme. Malgré leur âge qui tutoie davantage les points retraite que les riffs endiablés de guitare.
Et justement, nombreux sont ceux, journalistes en premier, à considérer les cadors de la new wave trop vieux pour aligner les concerts. Ce qui n’a pas suscité l’enthousiasme des principaux concernés.
Comme en témoignent leurs réactions énervées…
Trop vieux pour remplir des stades ?
Duran Duran n’en a cure. Tels les Rolling Stones, les auteurs de Rio, A View to a Kill et The Reflex continuent d’affoler les billetteries, en Angleterre comme en France - on les attend à l’Accor Arena de Paris le 28 octobre. C'est la première fois que le groupe s'y produira depuis 1987. Et l'un des rares passages hexagonaux d'une formation qui n'a jamais réussi à s'imposer pleinement chez nous.
Toujours est-il que les musiciens anglais misent tout sur un franc parler pas très élégance so british.
"Je n'ai rien à foutre de ce que les gens pensent de moi", affirme de but en blanc leur chanteur Simon Le Bon au Guardian - le journal précisant non sans malice que le leader est aujourd'hui grand-père. Et il a toujours revendiqué ses looks, ses excès, ses sonorités, lesquels ont suscité les foudres de la presse.
Oui oui, tous ceux qui louaient l’aura d’un The Cure ou d’un Depeche Mode fustigaient intensément Duran Duran. Et cela, c’est dans les pages du dernier Paris Match que le groupe le rappelle : “La presse anglaise a toujours été dure avec nous. Alors que Lady Di était notre première fan. Susciter les cris de toutes les filles du royaume, c’était beaucoup trop pour les journalistes”, affirment les légendes de la pop, qualifiés par la revue hexagonale de “Indochine d’outre manche”. Drôle de qualificatif.
Bon, Duran Duran n’est pas non plus une team d’angelots consensuels pris en grippe par les méchants reporters rock. A l’heure de leur prime dans les années 80, ils n’hésitent ainsi pas à gentiment critiquer leurs collègues Pink Floyd, Deep Purple et Genesis, des formations très populaires contre lesquelles ils se sont constitués.
Simon Le Bon revendique sa tournée à l’heure de la retraite : "On a toujours voulu faire ce qui nous plaît, sans savoir si c'est cool ou non. Faire partie d'un groupe vous donne de la souplesse mentale", défend-t-il auprès du Guardian. Sans se la jouer vieux jeu, le chanteur conserve un regard critique sur l'actu : "Je suis optimiste concernant l'IA dans la musique... Si l'on s'en sert comme un outil artistique.", confie-t-il entre deux introspections. Surtout, la voix de Duran Duran tacle une dernière fois les "âgistes", ceux qui discriminent et stigmatisent les sexagénaires : "Je ferai de la musique jusqu'à ce que je tombe raide mort sur scène. Ce n'est pas une mauvaise façon de s'en aller".
On a enfin trouvé un point commun entre Duran Duran et Dalida.