C'est l'histoire d'une revanche. Celle d'un groupe qui, à son prime, a connu un succès comparable à la Beatlemania, enchaîné les tubes, multiplié les clips révolutionnaires et rempli les stades. Partout... sauf en France ! Certes, il y a bien eu des concerts à Bercy dans les années 80 et quelques succès, mais jamais à la hauteur de leur immense popularité anglo-saxonne.
"On a un certain lien avec la France mais ça a toujours été compliqué pour nous. On n'a pas eu autant de succès ici que U2 ou The Cure, par exemple" nous confiait d'ailleurs le chanteur Simon Le Bon.
Mais le vent est en train de tourner. En octobre 2025, après 13 ans d'absence, le groupe a signé un retour hexagonal triomphal avec un concert au Zénith de Paris complet en quelques jours. Ce qui lui a donné envie de voir plus grand et de s'attaquer, tout juste un an plus tard, à l'Accor Arena, une première depuis 1988. Un pari ambitieux puisque la salle, en configuration assise, est loin d'afficher complet, certains balcons étant même bâchés.
Mais qu'importe, ce n'est pas ce qui entachera ni l'énergie du public ni celle de la bande. Qui propose d'ailleurs un show très similaire à celui du Zénith : même décor, même setlist (à quelques exceptions près), mêmes reprises, mais même plaisir.
Premier changement tout de même. Duran Duran débarque immédiatement sur scène au son de Is There Something I Should Know?, l'un de ses tubes millésimés 1983. La fosse, assise, se lève d'un bond et les nostalgiques dansent en se rappelant leur jeunesse.
Car a contrario de bons nombres de groupes de la même époque, Duran Duran n'attend pas le rappel pour dégainer les tubes : suivent immédiatement The Wild Boys et A View to A Kill, seul générique de James Bond à avoir été numéro un aux Etats-Unis, puis Hungry Like the Wolf. On a connu pire début de concert... Sur les écrans, les clips révolutionnaires d'antan ont malheureusement laissé place à des animations basiques, pour la plupart créées par IA. Dommage...
Sur scène, le quatuor s'amuse toujours comme au premier jour. Dont un Simon Le Bon cabotin, qui donne tout et garde toujours sa superbe voix, même s'il semble un peu malade (il tousse et se mouche à plusieurs reprises).
Après deux reprises quelque peu inutiles (dont le Super Freak de Rick James qui fait danser la foule), les Anglais reviennent aux choses sérieuses : The Reflex, leur plus gros tube en France, suscite une énorme ovation tandis qu'Ordinary World et Come Undone, deux hits qui ont signé leur renaissance au milieu des années 90, font lever une nuée de smartphones.
Si Free to Love, nouveau single partagé avec Nile Rodgers, est poliment accueilli, la fin du concert se veut 100% best-of. Notorious, Planet Earth, le génial (Reach Up for the) Sunrise - hit de leur deuxième renaissance en 2004 - et Girls on Film, couplé au Psycho Killer des Talking Heads, nous rappellent à quel point les boys de Birmingham ont été un véritable réservoir à tubes dans la première partie des 80's.
En rappel, l'Accor Arena s'illumine de milliers de smartphones sur l'imparable Save a Prayer, avant un final grisant sur Rio avec un invité spécial pour le moins inattendu : Nick Valensi, le guitariste des Strokes. Carré et efficace. A l'image de ce superbe concert nostalgique.
En l'espace de 12 mois, au Zénith puis à Bercy, Duran Duran aura donc tenu sa revanche sur la France et prouvé à quel point il est l'un des groupes les plus indispensables des 80's, qu'on a trop souvent mis de côté. Mieux vaut tard que jamais !
Is There Something I Should Know?
The Wild Boys
A View to a Kill
Hungry Like the Wolf
Evil Woman (reprise d'Electric Light Orchestra)
Lonely in Your Nightmare / Super Freak (reprise de Rick James)
The Reflex
Only in Dreams
Winter Marches On
Ordinary World
Come Undone
Notorious
I Don't Want Your Love
Free to Love
Planet Earth
White Lines (Don't Don't Do It) (reprise de Grandmaster Melle Mel)
(Reach Up for the) Sunrise
Girls on Film / Psycho Killer
Rappel :
Save a Prayer
Rio