Il y a plus de 30 ans, Tom Hanks a accompli un exploit historique, un exploit que seul Spencer Tracy avait réalisé avant lui et qu'aucun autre acteur n'a réitéré depuis : il a remporté l'Oscar du meilleur acteur deux années de suite : en 1994 pour Philadelphia et en 1995 pour Forrest Gump.
Depuis, Tom Hanks est non seulement devenu l'une des stars hollywoodiennes les plus populaires de tous les temps, surnommé "le papa de l'Amérique" en raison de sa personnalité attachante et de sa simplicité, mais aussi un acteur de composition renommé.
À 70 ans, il a livré des performances remarquables dans des films aussi variés que l'épopée de Steven Spielberg sur la Seconde Guerre mondiale Il faut sauver le soldat Ryan, le film d'aventure et de survie Seul au monde, la comédie romantique Vous avez un message et le thriller dramatique Les sentiers de la perdition.
Une carrière parfaite ? Oui... et non. Car avant son triomphe aux Oscars, Hanks était surtout connu pour ses rôles comiques. Il est devenu une star dans les années 1980 grâce à des comédies à succès comme Splash, Une baraque à tout casser, Big et Turners & Hooch.
Or, si certains de ces films sont devenus des classiques, d'autres ont sérieusement bidé. Et parmi ces échecs honteux, on peut notamment citer L'Homme à la chaussure rouge (1985). Ce titre vous dit quelque chose ? Rien de plus normal, puisqu'il s'agissait d'un remake de l'un des plus grands films français : Le Grand Blond avec une chaussure noire. Or, malgré tout son talent, Hanks n'a jamais réussi à passer derrière l'incontournable et l'inimitable Pierre Richard.
Doté d'une note de 47% sur Rotten Tomatoes, ce film s'est fait détruire par la critique. Aussi, le Washington Post déplorait "Une comédie d'espionnage quasiment inregardable", tandis que Capital Times reprochait l'existence d'une "comédie sans âme et sans intérêt, digne de la période où Hanks se contentait du minimum."
Avec des recettes d'environ 8,6 millions de dollars, L'Homme à la chaussure rouge avait à peine rentabilisé la moitié de son budget.
Un échec retentissant que même Tom Hanks regrette aujourd'hui. Dans une interview accordée à Playboy, l'acteur de Nuits blanches à Seattle a reconnu que ce remake n'avait aucune qualité à proposer :
Ce n'est pas un très bon film. Il manque de cohérence et de clarté. Il ne traite d'aucun sujet précis qu'on puisse vraiment comprendre. Il n'a pas rapporté un sou.
Une tache dans sa filmographie, qu'il explique par un certain melon et une certaine paresse présents au début de sa carrière, qui avait démarré très vite et très fort.
Quand on a un succès, on est sous les feux des projecteurs. Splash a rapporté quatre-vingts millions de dollars et Le Palace en délire quarante millions. On se dit : 'Ah, je sais comment ça marche.' Mais après deux films, on est loin d'avoir tout compris, et on peut devenir arrogant et paresseux. (...) J'ai choisi ce métier parce que c'est amusant , parce que c'est un excellent moyen de gagner sa vie. C'est ce qui guide vraiment ma réaction. Mais on finit par se retrouver sous les feux des projecteurs et notre esprit peut commencer à nous jouer des tours. Aujourd'hui, je pense avoir bien compris comment tout ça fonctionne. J'ai réglé mes problèmes il y a longtemps.
Aujourd'hui, le film est tombé dans l'oubli. L'unique édition DVD parue à ce jour (2004) est épuisée depuis longtemps, et L'Homme à la chaussure rouge n'est disponible sur aucune des plateformes de streaming habituelles, à moins de passer par de la VOD. Un mal pour un bien.