Plus aucun doute là-dessus : Christopher Nolan est bel et bien le plus grand réalisateur en activité. En tous cas, le plus bankable. Servi par un casting cinq étoiles, L'Odyssée écrase tout sur son passage. La fresque épique a déjà été vue par plus de 3,5 millions de spectateurs en France et dépasse les 700 millions de dollars de recettes mondiales en deux semaines.
Un succès vertigineux pour le cinéaste britannique qui ne vient pas de nulle part. S'il s'est autant imposé, c'est autant par son talent que par son amour immodéré pour le 7ème art. C'est dans cette optique que Nolan a pris part au fameux format Closet Picks pour Criterion, où il a été invité à parler de ses films préférés et ceux qui ont influencé son œuvre.
Parmi eux ? Le testament du docteur Mabuse de Fritz Lang, essentiel pour The Dark Knight, les filmographies de John Cassavettes, Satyajit Ray et Martin Scorsese, Malcolm X de Spike Lee ou encore Lost Highway de David Lynch.
Sorti en 1997, Lost Highway marquait le grand retour de Lynch au cinéma, cinq ans après l'échec de Twin Peaks : Fire Walk With Me. Ce thriller, grandement inspiré du film noir, suit l'histoire d'un saxophoniste dépressif et de sa femme Renée qui reçoivent des cassettes montrant l'intérieur de leur maison. Alors que les vidéos menaçantes se multiplient, il va être alors accusé du meurtre de son épouse.
S'il est aujourd'hui devenu l'un des films emblématiques du cinéma de David Lynch, Lost Highway a pourtant été un échec retentissant à sa sortie avec seulement 3,8 millions de recettes pour un budget de 15 millions.
Ce qui ne l'a pas empêché d'être salué par la critique pour ses audaces graphiques, devenues la marque de fabrique du cinéaste, son utilisation hallucinante du son et sa BO "rock industriel" constituée de titres de David Bowie, Marilyn Manson, Rammstein ou Nine Inch Nails.
Ainsi, Lost Highway est "l'un des films préférés de Lynch" de Nolan même si, au premier visionnage, il n'a pas vraiment adhéré au concept : "La première fois que je l’ai vu, je ne peux pas dire que je l'ai aimé. J'ai trouvé ça plutôt pénible à regarder. C'était assez lourd, assez difficile...".
Sauf que les scènes du film lui sont longtemps restées en tête :
"Je me suis surpris à y penser des semaines plus tard... J'ai commencé à m'en souvenir comme si je me souvenais de l'un de mes propres rêves, ce qui témoigne tout simplement de la manière dont Lynch a su saisir la logique du rêve, et l'expérience du rêve, pour en faire une sorte de substitut cinématographique pour le public."
Un témoignage que Lynch aurait particulièrement adoré, lui dont la thématique du rêve est présente dans toute son oeuvre.
D'ailleurs, Lost Highway a eu une énorme influence lorsqu'il a préparé Memento, son premier succès public et critique sorti en 2000. Et l'influence de Lynch semble avoir infusé le cinéma de Nolan qui, comme son modèle, utilise souvent des récits déstructurés dans ses blockbusters comme Tenet, Inception ou L'Odyssée... mais en plus compréhensible !