Son ovation au Festival de Cannes, avec une séance de minuit totalement survoltée, laissait présager un bel écho à Jim Queen. Mais pas un succès populaire aussi flamboyant ! Sorti le 17 juin dans les annales obscures - ce qui a donné lieu à un détournement très drôle avec Backrooms, sorti le même jour, le film d'animation français réalisé par Marco Nguyen et Nicolas Athané s'impose comme la comédie la plus délirante de l'été : le cap des 200 000 spectateurs vient d'être franchi ce week-end, après un boost observé lors de la Fête du Cinéma.
L'histoire ? Celle de Jim, icône sexy de la scène gay parisienne, qui voit sa vie basculer lorsqu’il contracte l'Hétérose, un étrange virus qui transforme les hommes gays... en hétérosexuels ! Il voit alors tout le monde lui tourner le dos à l’exception de son dernier follower (et premier admirateur), Lucien, un jeune homme qui peine à s’assumer. Ensemble, ils vont partir en quête d’un mystérieux remède capable de guérir Jim et d’empêcher l’extinction de l’homosexualité.
Une immersion au coeur de la communauté LGBTQIA+, et surtout du cercle gay parisien, qui réussit à faire passer des messages politiques entre deux fous rires et punchlines savoureuses. Dans Jim Queen, tout le monde en prend pour son grade (Christine Boutin, la Manif pour tous, les kiffeurs...) et cette satire, conçue par les papas des Kassos ou de Peepoodo, ne s'adresse pas qu'aux personnes queer :
"On a voulu que le film puisse parler à tout le monde. Ça m'évoquait beaucoup une aventure picaresque comme Les 12 travaux d'Astérix qui est une référence pour nous en termes de comédie" - Brice Chevillard, scénariste du film
Et ça cartonne ! Grâce au savoir-faire de The Jokers, société de distribution ayant chapeauté le succès monstre de Parasite en 2019 et ses 1,88 million de spectateurs en France.
Le compte Instagram @lamanieducinema décrypte le beau succès de Jim Queen dans une vidéo analytique. Pour aider Jim Queen à s'installer sur la fenêtre de juin très compétitive, The Jokers a compté sur deux données : la moyenne par copie et le bouche-à-oreille. Le jour de sa sortie, le film d'animation est proposé sur un parc limité de 95 écrans. Le but avoué ? Accroître le taux de remplissage des séances proposées, qu'on appelle aussi moyenne par copie. Le 17 juin, Toy Story 5 et Backrooms, deux blockbusters annoncés, squattent le haut du panier des nouveautés mais Jim Queen se hisse 3ème sur cet indicateur précieux.
Résultat, le long-métrage, classé dans la catégorie film d'art et d'essai, réalise un joli score de 77 700 entrées en une semaine, se hissant sur la 7ème marche du box-office français. Le travail porte ses fruits : selon le CNC, le nombre de salles diffusant le film atteint les 137 écrans en troisième semaine.
Un cercle vertueux se crée alors avec le jeu du bouche-à-oreille. Sur AlloCiné, Jim Queen obtient la note de 4,3/5 du côté des spectateurs, qui deviennent eux-mêmes les meilleurs ambassadeurs du film auprès de leurs amis, leurs familles et leurs abonnés sur les réseaux sociaux. The Jokers a donc préféré faire un carton dans peu de cinémas plutôt que de diffuser son bébé dans des salles à moitié vide. Malin !
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