Chaque année, le Festival de Cannes a son lot de polémiques. Mais pour cette 79ème édition, elle n'est pas venue directement d'un film en compétition. La tribune anti-Bolloré, signée par des centaines de professionnels du milieu comme les acteurs Swann Arlaud ou Jean-Pascal Zadi mais aussi les réalisateurs Pedro Almodovar et Ken Loach, a fait grand bruit sur la Croisette. Un festival très chargé politiquement, ce qui s'est ressenti lors des conférences de presse, et notamment celle autour du film Moulin, réalisé par László Nemes.
Venu présenter le long-métrage dans lequel il incarne le résistant Jean Moulin, Gilles Lellouche a été interrogé par un journaliste de Paroles d'honneur, média proche de LFI, qui lui a demandé "s'il est primordial, pour ne pas trahir la mémoire de Jean Moulin, de combattre résolument le Rassemblement national" et "si La France Insoumise, majoritaire à gauche, est aujourd'hui le meilleur rempart à l'extrême droite".
Surpris, l'acteur lui a asséné un "Elle n'est pas un tout petit peu orientée votre question ?" avant de clamer qu'il n'avait "pas de réponse" à lui donner. Le metteur en scène László Nemes a estimé quant à lui qu'ils n'étaient "vraiment pas là pour commenter la politique française".
Un refus de répondre qui a alimenté le feu de la controverse, poussant même de nombreux internautes à le renommer "Gilles Le Lâche". Alors que le sujet a pris une énorme ampleur ces derniers jours, causant de nombreux débats à la télévision d'autant plus au vu du sujet de son film, Gilles Lellouche a donc attendu la fin du festival pour prendre la parole.
Dans une story Instagram, l'acteur et réalisateur de L'amour ouf se désole d'une "violence et des raccourcis insultants" à son égard qui circulent depuis quelques jours :
En refusant de répondre à une question que j'ai jugée manipulatrice et orientée, on m'a traité de lâche, voire même de soutien à l'extrême droite. Laquelle, instantanément, s'est empressée de me soutenir comme la corde soutient le pendu.
En effet, Marine Le Pen a pris la défense Gilles Lellouche, estimant qu'il a "bien fait" de ne pas répondre à la question. Le comédien démend fermement tout lien avec l'extrême droite :
"Je veux être clair : je n'ai jamais soutenu et ne soutiendrai jamais un parti ou une idéologie qui prône la haine, l'intolérance et la discrimination. Mes prises de position passées parlent pour moi. Je défendrai toujours les valeurs de la République et les principes qui font la grandeur de notre pays. C'est précisément le combat qu'a mené Jean Moulin pour qu'aujourd'hui, nous puissions vivre libres."
Ces derniers mois, de nombreuses questions politiques, notamment concernant le conflit israélo-palestinien, ont été posées lors de conférences de presse en festival. À la dernière Berlinale, le réalisateur Wim Wenders a estimé devoir "rester en dehors de la politique", alors qu'on le sommait de se positionner sur la guerre en cours. En réaction, une écrivaine indienne a annulé sa venue au festival allemand et deux films ont été retirés de la compétition.
Davantage engagé sur la question, Javier Bardem a quant à lui dénoncé le "génocide" en cours à Gaza lors du Festival de Cannes : "On peut s’y opposer, on peut expliquer, se disputer, mais c’est comme ça. C’est un fait indiscutable, incontestable. Mon approche, mon pouvoir de parole, c’est vous (les journalistes ndlr). Je me sers de ce pouvoir de la meilleure façon possible".
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2