Les origines du plus gros serial killer de l'histoire du septième art.
C'est ce que promet Crystal Lake, série mille fois repoussée ces dernières années, et enfin arrivée sur HBO Max en cette spooky season. Sur le papier, ce portrait de Pamela Voorhes, mère de Jason, le tueur au masque de hockey, éclot d'une équation schizo : les studios A24, temple de "l'elevated horror", cinéma abstrait, cérébral et exigeant (certains diront prétentieux), s'emparent de la saga la plus bourrine et limitée du genre. Cela donne donc Crystal Lake.
Une série qui, malgré ses fulgurances sanguinolentes, est funky. Car le show, comme Stranger Things, joue à fond de son écrin 80's, jusqu'à la BO nostalgique à souhait. Ainsi, le tournage des huit épisodes a été pensé comme un gigantesque blind test, mélodieux et coloré.
Et aussi absurde que cela puisse paraître, ce ne sont pas des maîtres du cinéma d'horreur, mais deux divas de la pop music, exubérantes, controversées et légendaires, qui ont particulièrement inspiré ce récit hyper macabre. Des influences qu'on aurait jamais cité à Halloween.
La série est trash comme du true crime, mais le tournage ressemble à un nightclub. Voilà pour la recette de Crystal Lake.
C'est son actrice principale, Linda Cardellini, soit l'interprète de Pamela Voorhes, "la maman de", qui l'explique à NME : "On écoutait beaucoup de morceaux des années 70 et 80 entre chaque épisode. Chacun proposait ses titres préférés sur le plateau de tournage ; on chantait et on discutait tous ensemble tout au long de la nuit".
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En fait, tout cela était nécessaire pour immerger le casting dans une ambiance très rétro, que retranscrivent parfaitement les costumes, la photo, la direction artistique, le style ringard des coupes de cheveux, le maquillage... Et le choix de la soundtrack bien sûr.
Et là encore, Linda Cardellini confesse quelques influences étonnantes. Car la comédienne, qui est devenue célèbre aux Etats-Unis dans les années 90 (via la série Freaks and Geeks de Judd Apatow, où elle côtoie les très jeunes Seth Rogen et Paul Rudd), a grandi avec deux artistes auxquels elle a beaucoup pensé en incarnant Pamela Voorhes, la mère de famille la plus psycho depuis Psychose, qui incarne l'american way of life de la présidence Reagan.
"Enfant, j’étais une grande fan de Madonna. Je me souviens encore d’être allée voir sa tournée Blond Ambition World Tour. [Like a Prayer] est un album qui comptait énormément pour moi. Je suis aussi une immense admiratrice de Jesus Christ Superstar, alors on en écoutait souvent un peu."
Cela étant, les looks très bateau de Pamela Voorhes sont très loin de l'avant-gardisme fashion de Madonna. Il faut certainement chercher du côté de son attitude quelque peu destroy l'analogie. Même si on a jamais vu la voix de Like a Virgin brandir une machette.
Et son autre coup de coeur ?
Et bien, confie-t-elle, il s'agit de Prince, via l'incontournable Purple Rain. Cardellini s'est replongée avec joie dans la disco des deux icônes de la pop, et leur exubérance emblématique, pour conférer à Crystal Lake toute une aura "capsule temporelle" qui participe pour beaucoup au charme de cette fiction célébrée en cette saison des citrouilles.