La question de l'IA continue de secouer le monde de la culture. Alors que le SNEP, qui régule le marché de la musique en France, a décidé de supprimer toute création artificielle de ses classements, le livre de Thélyson Orélien fait polémique. Déjà vendu à 35 000 exemplaires et salué par la critique, son nouveau roman C'était ça ou mourir aurait été écrit avec l'aide de l'IA, ce que le romancier haïtien et sa maison d'édition Grasset démentent.
Alors qu'il a été retiré de la liste des nommés pour le Goncourt, cette affaire montre que le sujet est plus épineux que jamais. Dans le monde du cinéma, certains assument pleinement de l'utiliser, à l'instar de Michel Hazanavicius.
Après OSS 117, The Artist ou Le Redoutable, son nouveau film La troisième main nous plonge en pleine Première Guerre mondiale et suit l'histoire d'un soldat français qui, après avoir été blessé, se réveille dans le laboratoire d'un savant fou qui lui a greffé la main d'un guerrier allemand au milieu de l'abdomen.
Un scénario totalement improbable et digne d'un film d'horreur que Michel Hazanavicius grâce à l'aide de l'intelligence artificielle.
C'est ce que confirme Vincent Maraval lors d'une conférence à San Sebastian. Interrogé sur la façon dont les nouvelles technologiques bouleversent la création d'un film, le producteur confirme que l'IA a donc été utilisée sur le tournage de La troisième main. Ce qui aurait permis, selon lui, d'économiser plus d'une semaine de tournage, et donc de l'argent - le budget étant estimé à 14 millions d'euros.
"Le film commence sur un champ de bataille durant la Première Guerre mondiale. Sans l'IA, cela demande dix jours de tournage. Avec, seulement deux jours" assure le PDG de la compagnie Goodfellas, parlant là d'un "choix du réalisateur".
Et si la démocratisation de l'IA menace la survie de nombreux métiers, notamment dans le monde du cinéma, Vincent Maraval préfère ne garder que le positif : "Si nous utilisons l'intelligence artificielle pour ouvrir notre créativité et notre imagination, cela va nous aider". Il y voit aussi une façon de faire des films "plus lucratifs".
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Pas sûr que cette déclaration ne joue en faveur de Michel Hazanavicius, d'autant plus que La troisième main, adapté du roman éponyme d'Arthur Dreyfus (2023), serait un nouveau film muet, 15 ans après le triomphe de The Artist. Et signe aussi son retour à un genre horrifique, qu'il avait déjà expérimenté en 2022 avec Coupez !, l'histoire d'un tournage d'un film d'horreur qui devient réalité lorsqu'une horde de zombies commence à les attaquer.
"Je n’aime pas trop les films de zombies et le cinéma d’horreur n’est pas celui que je préfère. Le prétexte, c’était surtout de faire partager l’énergie qui se dégage d’un tournage comme si le spectateur en était le témoin privilégié" expliquait le metteur en scène à l'époque.
La troisième main sera porté par François Civil, Bérénice Béjo, Michel Fau ou Rebecca Marder.