En 2022, un petit séisme s'est joué à Hollywood avec l'annulation de plusieurs films pourtant déjà montés et terminés. Dans le but de rééquilibrer ses finances après la fusion de Discovery, Inc. et WarnerMedia, la Warner a enterré plusieurs projets très attendus comme le Batgirl des réalisateurs belgo-marocains Adil El Arbi tet Bilall Fallah, avec Leslie Grace, J. K. Simmons ou Michael Keaton, le film d'animation Scoob! Holiday Haunt mais aussi Coyote vs. Acme.
Basée sur un scénario co-écrit par James Gunn, désormais le patron du DCU, cette comédie mélangeant animation 2D et prises de vues réelles se voulait dans le même esprit que le cultissime Qui veut la peau de Roger Rabbit. Elle s'inspire de la nouvelle Coyote v. Acme publiée par Ian Frazier dans le New Yorker en 1990. Le pitch ?
Un avocat malchanceux, Kevin Avery, est engagé par Vil Coyote. Ce personnage des Looney Tunes veut ainsi attaquer en justice l'entreprise ACME, qui fabrique selon lui des produits défectueux comme les explosifs qu'il utilise pour tenter de chasser Bip Bip. L'avocat va par ailleurs découvrir que son ancien patron Buddy Crane est désormais avocat de ladite société. L'avocat et Coyote vont alors se lier d'amitié et faire équipe pour tenter de gagner le procès.
Avec Will Forte et John Cena pour camper les deux ténors du barreau, et un casting complété par Lana Condor (À tous les garçons que j'ai aimés), Luis Guzmán (Mercredi) et P. J. Byrne, à voir actuellement au cinéma dans La Fin d'Oak Street, le long-métrage de Dave Green promettait un mélange des genres aussi détonnant que loufoque. Mais ça, c'était avant qu'il ne finisse au fond d'un tiroir.
Mais la chance a tourné en faveur de Coyote et ses amis des Looney Tunes ! Trois ans après la fin de son tournage, le studio indépendant Ketchup Entertainment, derrière le génial Daffy et Porky sauvent le monde, acquiert pour 50 millions de dollars les droits d'exploitation de Coyote vs. Acme en mars 2025. Pour les fans dont les nerfs ont été mis à rude épreuve, il faudra encore patienter jusqu'au 28 août pour le découvrir enfin au cinéma. La presse américaine a cependant pu voir le film en avant-première, et il pourrait bien s'agir de la plus belle surprise de l'année.
Sur l'agrégateur de critiques Rotten Tomatoes, Coyote vs. Acme écope de la note parfaite de 100%. "Cette comédie déjantée vous prend aux tripes avec la force d'un piano qui se fracasse à terre. C'est comme avaler une saucisse de TNT. Autrement dit, c'est un pur régal" s'enthousiasme Time Out.
La dimension meta du projet, qui dénonce à coups de gags absurdes le monde des grandes entreprises en parodiant des films comme Erin Brockovich et Le Verdict, semble fonctionner à merveille. Le Daily Beast décrit le film comme "une chronique astucieuse et farfelue d'un outsider qui, à la lumière de l'actualité, résonne aujourd'hui comme une oeuvre d'art préfigurant la réalité".
"Le parcours de Coyote vs. Acme jusqu'au grand écran prouve que la patience est une vertu, mais que la persévérance est la clé du succès." (Collider)
"C'est un plaisir de vous annoncer que ce film est un véritable régal hilarant, l'un des meilleurs films mêlant prises de vues réelles et animation jamais réalisés, et qu'il sera chéri par les fans des Looney Tunes" complète The Hollywood Reporter, même si certains journalistes notent que le scénario parait "neutre et fade" comparé aux dessins animés de notre enfance.
Cette avalanche de compliments permettra-t-elle à Coyote vs. Acme de convaincre un distributeur français de le diffuser dans les salles obscures ? Son destin dépendra sûrement de l'accueil que lui réservera le public nord-américain...