Longtemps présentée comme une alternative à la télévision, Netflix s'est finalement rapidement transformée en simple chaîne classique. A cet effet, depuis quelques années maintenant, la télé-réalité s'est notamment imposée au sein de son catalogue, que ce soit avec The Circle, Séduction Haute Tension ou encore Love is Blind.
Et c'est justement cette émission qui se retrouve au cœur d'une polémique aujourd'hui. Plus précisément, Pour le meilleur et à l'aveugle, sa version française animée par Teddy Riner et Luthna Plocus, mise en ligne en septembre 2025.
Pour ceux qui ne connaissent pas ce programme, le concept est simple : des candidats font connaissance à l'aveugle, sans jamais se voir. S'ils se plaisent, ils doivent alors se fiancer pour ensuite se découvrir physiquement. S'ensuit une lune de miel et un mariage improvisé devant les caméras.
Un mélange de Tournez manège et Mariés au premier regard qui n'aurait pas laissé de bons souvenirs à certains candidats. D'après les informations du Monde, trois prétendants (Jonathan D., Benjamin J. et David O.) ont saisi les prud’hommes afin d'y dénoncer des "traitements inhumains ou dégradants" survenus au cours du tournage, et réclamer chacun 200 000 euros de dommages et intérêts.
Ces derniers déplorent un "isolement total imposé par la production" au cours d'une partie du tournage qui a eu lieu du 24 octobre au 4 novembre 2024 en Suède, qui leur aurait empêché "tout contact avec le monde extérieur ou les autres participants".
© Netflix
Dans leurs requêtes adressées au conseil de prud’hommes de Nanterre le 20 novembre 2025, soit un an après le tournage, ils dénoncent une entrave à "leur liberté de mouvement et d’expression durant toute la durée du tournage". Mais ce n'est pas tout, leurs horaires de travail auraient également largement dépassé la limite inscrite dans leurs contrats.
On nous réveillait à 5 heures à l’hôtel, pour un départ à 6 heures vers le studio et un tournage qui durait de 10 heures à 20 heures au moins, raconte Jonathan D. On ne se couchait pas avant 23 heures et on dormait très peu, on était tout le temps crevés. Ce qui nous empêchait d’être nous-mêmes pendant les enregistrements.
Enfin, ils assurent que "ces conditions de tournage ont eu un impact important sur [leur] santé physique et l’équilibre mental" et auraient "porté atteinte à [leur] dignité et à [leur] considération".
© Netflix
Aussi, entre un montage accusé d'avoir manipulé la réalité (Jonathan D. regrette l'omniprésence de disputes le concernant), des producteurs soupçonnés d'avoir joué avec le coeur des candidats (David O. dénonce des associations entre prétendants volontairement impossibles en raison des critères non respectés), et une production jugée invivable (les candidats auraient parfois été obligés d'uriner dans des gourdes pour cause de pauses toilettes limitées), les trois hommes réclament dès à présent l’annulation de la clause de leur contrat prévoyant la cession des droits de leur personnalité.
Invités à réagir, ITV Studios France et Netflix n’ont pas répondu (des audiences de conciliation seront organisées le 9 février et le 28 mai 2026), même s'il est rappelé que dans l'Article 4 du fameux contrat, "chaque candidat dispose d’une liberté totale de cesser à tout moment [sa] participation à l’expérience". Une liberté que n'auraient pas utilisée les plaignants à l'époque.
Droit de réponse d'ITV Studios France :
"ITV Studios France n'a pas, à ce jour, reçu les convocations dont il est fait état dans l'article du Monde. Elle a pris connaissance avec étonnement des griefs a priori formulés par les 3 participants, qu'elle conteste avec la plus grande fermeté. ITV Studios France est attaché aux règles éthiques et à la bienveillance envers les personnes participant aux émissions qu'elle produit".
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