Depuis le triomphe du Comte de Monte-Cristo (9,4 millions d'entrées), le cinéma français n'a plus qu'une seule idée en tête : adapter les plus grands chefs d'œuvres, et personnages, de la littérature française. Avant Le Fantôme de l'Opéra et Fantomas, place au mastodonte absolu : Les Misérables.
Fred Cavayé a mis les grands moyens, et un casting XXL, pour transposer à l'écran les 2 600 pages du pavé littéraire de Victor Hugo. Vincent Lindon en Jean Valjean, Tahar Rahim en Javert, Camille Cottin et Benjamin Lavherne dans le rôle des époux Thénardier.
Egalement aidé par une promotion massive, Les Misérables se devait d'être le mastodonte cinématographique français de l'automne. Ce qu'il est... à moitié seulement.
Les chiffres du box-office viennent de tomber : en une semaine, Les Misérables a signé 480 822 entrées en France. Un score encourageant mais clairement en deçà des attentes. D'autant plus pour un blockbuster qui a coûté entre 33 et 41 millions d'euros. Selon Le Parisien, il lui faudrait "un engouement proche des 4 ou 5 millions [de spectateurs]" pour espérer rentrer dans ses frais, là où ces premiers chiffres font état d'un score final plutôt entre 1,5 et 2 millions d'entrées. Soit moitié moins.
À titre de comparaison, Les Trois Mousquetaires : D'Artagnan et Le Comte de Monte-Cristo, dernières grosses adaptations littéraires, avaient rassemblé respectivement 1 million et 1,9 million de spectateurs en première semaine. On en est ici très loin.
"Les Misérables prend la tête du box-office, mais ce n’est pas encore un succès" résume d'ailleurs parfaitement le magazine Première. Un score timoré dans un début d'automne déjà marqué par les échecs successifs de plusieurs grosses productions hollywoodiennes comme Digger ou The Social Reckoning.
Les équipes espèrent toutes que le film, co-produit par TF1 et Netflix et dont les scènes de barricade résonnent étrangement avec l'actualité, connaîtra un effet "De Gaulle". Après un démarrage très timoré (330 000 spectateurs), le biopic La Bataille de Gaulle a vu ses entrées exploser grâce à un bouche-à-oreille très positif et l'afflux des spectateurs dans les salles climatisées en pleine canicule.
Idem pour Les Misérables ? Pas sûr car si les spectateurs sont plutôt enthousiastes (une moyenne de 4/5 sur Allociné), les critiques presses sont beaucoup moins tendres, parlant d'un film "convenu", "réchauffé", de "facture scolaire" ou "terne"... Mais le début des vacances scolaires de la Toussaint pourrait jouer en sa faveur. Tout se précisera dans les prochains jours...