À l'annonce du concert, beaucoup ont levé un sourcil : après deux Olympia il y a tout juste un an, voir Olivia Dean s'attaquer à l'Accor Arena semblait un peu grand, un peu ambitieux. Sauf que depuis la mise en vente des places, tout a changé : la chanteuse anglaise est devenue une superstar grâce à ses tubes viraux Man I Need et So Easy (To Fall In Love). Son dernier album, le formidable The Art of Loving, n'a jamais quitté le top 5 des meilleures ventes en Angleterre et a même séduit plus de 63 000 Français.
Preuve en est dans les allées de Bercy, on entend beaucoup parler anglais, tandis que la plupart des spectateurs se parent d'une robe à pois, visible signe de ralliement des fans.
Comme Raye plus tôt cette année dans la même salle, on pouvait donc s'étonner d'écouter son répertoire soul velouté dans une aussi grande salle. D'autant plus avec une scénographie assez minimale, simplement construite avec de grands rideaux blancs en guise d'écrans. Mais il n'en n'est rien.
Dès son début théâtral, et son jeu d'ombres, la chanteuse met tout de suite le public dans sa poche et enchaîne d'emblée six morceaux tirés de son nouvel album dont ses tubes Nice to Each Other et So Easy (To Fall In Love). Rapidement, la chanteuse fait preuve d'une énorme aisance scénique. Proche de son public, très en voix, rayonnante et naturelle, la chanteuse rappelle plusieurs fois qu'à travers ses chansons, elle incite le public à s'aimer davantage. C'est là l'art de s'aimer qui donne son nom à son album.
Accompagnée de neuf musiciens, dont trois cuivres et deux choristes ovationnées, la diva mène son show à la baguette, offrant des vibes feel-good pendant tout le concert et même quelques moments émouvants. À l'instar de ce Carmen, chanson dédiée à sa grand-mère guyanaise venue en Angleterre à l'âge de 18 ans, et s'interroge sur la peur du public face à l'immigration. Ou du surpuissant Time. Elle offre même à Paris, la primeur d'un titre rare Be My Own Boyfriend, que le public connaît pourtant sur le bout des doigts.
Puis, comme il est devenu d'usure durant les concerts pop, s'offre une parenthèse sur une petite scène placée au milieu de la fosse. Ou comment créer un nouveau moment de proximité entre la chanteuse et ses fans les plus dévoués.
© VOLUM / Théau Berthelot
"C'est l'heure d'être un peu funky" lance-t-elle, dans une somptueuse robe dorée lamée, pour un dernier quart d'heure plus up tempo que jamais. Deux boules disco encerclent la scène tandis qu'elle fait vibrer le public avec Baby Steps et sa reprise du Move On Up de Curtis Mayfield. Le final se fait au son de ses deux plus gros hits : Dive puis l'inévitable Man I Need. Qu'elle introduit en sautant de joie car l'Angleterre vient de marquer un but à la Coupe du Monde. Et qu'elle termine sous une pluie de confettis.
Pari réussi. Olivia Dean a réussi à dompter l'écrin pourtant énorme et parfois inhumain de l'Accor Arena avec ses chansons douces comme une caresse d'été. En cette période caniculaire, le confort velouté de son répertoire et de sa voix, incroyable, ont réussi à charmer 20 000 spectateurs qui sont facilement tombés amoureux. D'eux-mêmes comme d'Olivia Dean.
The Art of Loving (Intro)
Nice to Each Other
Lady Lady
So Easy (To Fall in Love)
Close Up
Let Alone the One You Love
Messy
UFO
Touching Toes
Be My Own Boyfriend
I've Seen It
Carmen
Echo
Time
Loud
A Couple Minutes
The Hardest Part
Baby Steps
Ladies Room
Move On Up (reprise de Curtis Mayfield)
OK Love You Bye
It Isn't Perfect But It Might Be
Dive
Man I Need
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