Le sujet est brûlant : pour ou contre l'intelligence artificielle ? Et notamment dans le secteur de la culture, comme la musique. Récemment, Théodora a essuyé une polémique à cause d'un teaser créé artificiellement alors que Gims a assumé de sortir un son avec une artiste virtuelle. La chanteuse américaine SZA s'est de son côté emportée contre l'utilisation de ses chansons pour entraîner une IA, pendant que Madonna a pointé le procédé comme un manque de créativité.
Sur les plateformes de streaming, les règles ne sont pas les mêmes en fonction des acteurs. Pourtant, une chose est certaine : l'IA a infiltré le secteur musical. Il suffit de prendre l'exemple du carton de Willylancien ou de la version afrosoul de Papaoutai de Stromae, alors que la relecture gospel du tube Pilé de Mauvais Djo est devenue virale sur TikTok et compte 21 millions de streams sur Spotify.
Pire, Deezer a fait savoir que près de 75.000 titres générés par l'IA étaient ajoutés chaque jour sur sa plateforme, soit 44% des mises en ligne quotidiennes. Un chiffre tout simplement affolant.
Si Deezer indique clairement à l'auditeur s'il écoute un titre créé par l'intelligence artificielle, Spotify voit l'IA comme une simple révolution numérique comme le sample en son temps. Un badge Verified by Spotify a vu le jour, mais il valide l'artiste, pas le contenu proposé.
Désormais, c'est TIDAL, la plateforme créée par Jay-Z, qui prend des mesures radicales contre l'IA à travers une charte très claire afin de "protéger les artistes, leurs oeuvres, et informer les auditeurs".
Tout d'abord, la plateforme dédiée aux amoureux du son souligne que la musique créée intégralement ou majoritairement par une intelligence artificielle générative reste autorisée. "Les artistes doivent être libres de créer à l’aide d’outils d’IA et les auditeurs doivent avoir la liberté de choisir le type de contenu qu’ils consomment" est-il précisé.
Cependant, dès la mi-juillet, une icône IA sera ajoutée quand une chanson aura été identifiée comme étant générée par IA. En parallèle, ces titres ne seront plus monétisables : "La priorité de Tidal est de faire en sorte que les redevances reviennent aux oeuvres originales directement produites, écrites et interprétées par des êtres humains". Si elles sont donc consommées en masse par les auditeurs, ces oeuvres ne rapporteront pas d'argent à leurs créateurs.
Aussi, toute chanson reprenant une oeuvre existante, le nom ou la voix d'un artiste sans en détenir le droit "sera bloquée ou supprimée de notre plateforme".
Une prise de position forte dans un secteur polarisé sur cette question épineuse. Même si TIDAL reste minoritaire dans le marché du streaming musical avec entre 3 et 5 millions d'utilisateurs dans le monde. À titre de comparaison, Spotify pèse 761 millions d'utilisateurs actifs et 293 millions d'abonnés payants.
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