Une sortie très attendue. Depuis ce mercredi, le public peut enfin découvrir en salles "Michael", le film événement retraçant la vie de Michael Jackson. Si les premières critiques sont très froides, beaucoup louent tout de même la performance de Jaafar Jackson, le vrai neveu de la star, dans la peau du Roi de la Pop. Mais ce qui a déplu aux critiques, c'est le côté lisse d'un projet qui devait, au départ, évoquer les côtés sombres de la légende.
"Michael" a été produit par Graham King, déjà à l'œuvre sur "Bohemian Rhapsody", autre biopic à succès sur Freddie Mercury, qui avait été dézingué pour ses trop grandes libertés prises avec la vraie histoire du chanteur de Queen. Le biopic sur Michael Jackson est-il plus fidèle à la réalité ? La réponse est oui... comparé à "Bohemian Rhapsody" ! Le long-métrage réalisé par Antoine Fuqua se déroule ainsi de 1966, trois ans avant les premiers succès des Jackson Five, jusqu'à sa tournée mondiale "Bad" en 1988.
Interrogé à ce sujet par nos confrères de 20 Minutes, Stéphane Boudsocq, journaliste sur RTL et spécialiste de l'œuvre de Michael Jackson, assure que le film est assez fidèle à la vie de la star. Il se dit même "étonné" de la représentation de la brutalité de son père, le tyrannique Joseph Jackson, à l'écran. "Cela correspond aux témoignages de ses proches et aussi à ce que racontait Michael dans son autobiographie où il reconnaissait qu’il n’aurait peut-être pas aussi bien réussi dans la discipline imposée par son père" décrypte-t-il.
Malheureusement, c'est sur la partie musicale que ça coince. En deux heures de temps, impossible d'évoquer dans les détails 20 années de la vie de Michael Jackson et certaines parties essentielles sont ainsi survolées : son premier Moonwalk en live, l'enregistrement de ses albums légendaires "Off the Wall" ou "Thriller", les idées derrière ses clips, ses chorégraphies ou ses concerts... Tout est montré, certes, mais rien n'est véritablement amené ou détaillé.
"On a l’impression que le moonwalk tombe du ciel et qu’il l’a inventé sur scène alors qu’il a accompli un vrai boulot de danseur et qu’il a toujours revendiqué [les inspirations du Mime Marceau]" se désole Stéphane Boudsocq : "Il a mis trois ans à finaliser l’album Off The Wall et là, on a l’impression qu’il entre en studio avec les mélodies en tête et que c’est fini". Selon Le Figaro, le biopic "passe à côté de la révolution Thriller" et "enchaîne paresseusement les scènes de concerts".
D'autres personnes phares de la vie de Michael Jackson sont absentes du film, comme sa sœur Janet Jackson, qui aurait "poliment refusé" de participer au projet, ou encore Diana Ross. Même feu Quincy Jones, producteur de ses plus tubes légendaires "Billie Jean" ou "Thriller", n'apparaît que très peu à l'écran.
L'autre sujet polémique totalement absent du biopic ? Les accusations d'abus s*xuels sur mineurs. Selon Variety, les héritiers du répertoire de Michael Jackson auraient déboursé 15 millions de dollars pour retourner des scènes et effacer totalement le sujet du film. Le magazine révèle que "Michael" aurait dû commencer en 1993, avec une descente de police dans son ranch de Neverland. Le sujet n'est ici absolument pas traité, mais il peut se comprendre pour une raison chronologique : le biopic s'arrête en 1988, là où les premières accusations de p*dophilie n'ont été faites que cinq ans plus tard. Reste à voir si le potentiel deuxième volet du biopic sur Michael Jackson, qui aurait déjà été tourné selon Stéphane Boudsocq, contiendra ce chapitre polémique de sa carrière.
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