Quand on fait une émission d'envergure comme la Star Academy, il y a des projecteurs, cette effervescence médiatique, ces sollicitations... C’est beaucoup d’agitation. Comment tu as appréhendé cet après ?
Moi j'avais trop hâte. Ça fait partie un peu du truc de pop star, comme faire des interviews ! J'avais trop hâte de vivre cette effervescence, donc je le vis très bien. J'aime trop écrire ma petite musique, aller en studio... Vraiment, c'est le rêve, j'aime tout de cette nouvelle vie.
C'était quoi le challenge le plus difficile ?
Je me suis pris un peu une claque en sortant de la Star Ac par rapport à l'industrie musicale. J'avais déjà eu des échos parce que j'étais fan de personnalités dites "atypiques", donc j'avais eu un avant-goût. Mais je me suis rendu compte avec mes propres yeux de la réalité du marché et du fait que ce n'est pas forcément folichon tout le temps. Le challenge surtout, c'est l'équilibre à trouver entre le fait de devoir faire vite en sortant d'une émission comme ça parce qu'on ne veut pas perdre l'attention des gens, et faire du qualitatif. Faire une musique qui nous ressemble. J'ai plus ou moins trouvé mon équilibre - je ne suis pas allé super vite non plus - mais c'était un peu challengeant de le trouver.
Tu as senti que c'était plus compliqué de défendre un projet musical comme le tien dans les maisons de disques ?
Je pense que c'est plutôt ma personnalité, qui je suis, qui a un peu fait peur. J'ai été déçu peut-être du manque de reconnaissance sur plein d'aspects, sur la façon dont chacun est traité. Forcément je me compare toujours [avec les autres] après le château et bref, il y a des trucs comme ça qui m'ont un peu dégoûté. Mais c'est le jeu ! C'est une industrie qui manque un peu d'audace et ça m'a refroidi quand je suis arrivé tout naïf. On arrive à un tournant dans l'industrie où ils se rendent compte que parfois, les projets un peu plus atypiques plaisent. Theodora fait beaucoup de bien sur ça par exemple. Mais globalement, je pense qu'ils sont encore un peu réticents sur le fait de tenter de nouvelles choses. Ils avaient des idées reçues sur ce que j'allais peut-être faire et ils ont pris peur.
L'avantage d'être indépendant, c'est que tu es plus libre sur la partie création !
Complètement. Là, ça fait du bien. Je me fais les dents sur comment ça fonctionne. Je paye... C'est très cher ! (Rires) Mais c'est cool. Ça m'éduque sur tous les aspects de l'industrie.
Quand tu as eu ces premiers rendez-vous qui ne se sont pas concrétisés, tu l'as vécu comme une déception ?
Ça a été plutôt moteur au final. J'ai forcément été un peu déçu, mais je suis très content que ça se soit passé comme ça parce qu'il y a tellement mieux ailleurs et plein de possibilités différentes dans cette industrie. Au final, je suis très reconnaissant. J'ai de beaux horizons qui se profilent, tout se passe bien donc je suis très content.
Pour ton projet musical, est-ce que tu avais déjà une vision de ce que tu voulais proposer ?
Avant la Star Ac, j'avais déjà une vision particulière, très... attitude. C'est vrai qu'après, j'ai un peu plus mûri le projet et là, je prends un autre angle pour arriver en douceur. Je pense que j'ai d'autres choses à raconter aussi par rapport à l'émission, ce que j'ai vécu et l'expérience que j'en ai faite. Ça a un peu changé ma vision des choses, et c'est cool !
Comment est né ce premier single Je fais de mon mieux ?
C'était assez organique et naturel en studio, avec Timsters à la compo. C'est une très belle rencontre. Avec mon manager, on avait vraiment envie d'avoir cette chanson forte avec un message d'espoir. Je voulais un peu de lumière parce que je pourrais facilement partir dans un truc un peu sombre, raconter mes souffrances. Mais là, je voulais commencer d'abord par un titre assez lumineux, montrer aussi que ce que je suis n'est pas malsain et qu'au contraire, il y a quelque chose de très joyeux et très fun. On voulait faire cette chanson un peu comme une main tendue au public pour dire : "toi aussi tu peux t'amuser et casser les codes". C'était un peu le plan.
Dans les premiers mots de la chanson, on t'entend dire "j’ai envie de véhiculer ce message de liberté". Quand as-tu pris conscience que désormais, tu portes une voix pour une communauté ?
J'avais un peu capté sur la fin de l'émission, quand j'étais allé au Rosa Bonheur et que j'avais vu le public que j'avais touché. En sortant, j'ai vu que j'avais touché un public beaucoup plus large. À partir de là, il y a un sens des responsabilités qui s'est créé. C'est une belle occasion de prouver aux gens que c'est bien d'être soi-même, que je ne fais rien de mal et peut-être d'ouvrir leur esprit d'une certaine façon. Ils ont l'air prêts puisqu'ils me suivent à fond ! C'est une occasion à saisir et je veux absolument bien le faire.
Tu as reçu, j'imagine, des messages de personnes qui ont pu être touchées par ton histoire ? Se maquiller en prime-time sur TF1, c'est déjà beaucoup pour certains...
C'est vrai que pour le coup, j'ai fait ça très naturellement, ça ne me semblait pas grandiose. Mais je vois les réactions de certaines personnes qui me parlent de leur coming out qui s'est mieux passé que prévu, du fait que ça ouvre des discussions. Ça fait du bien à beaucoup de gens et j'en suis trop content. Ce n'était pas forcément attendu et c'est une grande fierté.
À travers ce texte, qu'est-ce que tu as envie de dire à des jeunes qui peuvent se sentir perdus ?
Le message de la chanson, c'est un peu : tu as le droit à l'erreur, vis ta vie, sois toi-même. On peut simplement en ressortir plus fort. C'est un message d'espoir, de ne pas trop se prendre la tête tant qu'il y a une bonne intention derrière. Il faut juste faire les choses à fond et se faire plaisir soi-même, parce qu'on n'a qu'une vie ! C'est trop dommage de se cacher, de ne pas assumer. Bien sûr, c'est toujours plus facile à dire quand on vient d'un milieu privilégié, mais dans l'idée, c'est un peu ça.
C'est dans le prolongement de cette quête d’authenticité que tu as choisi ce nom de scène, quel est ton véritable nom ?
Pour moi, c'est la continuité du château parce que je m'y suis introduit comme Victor et j'ai été moi-même tout du long. Avant la Star Ac, je me cachais beaucoup derrière des acronymes, je m'étais appelé Vico, Viko, VKT.... Je me cachais vraiment derrière les paillettes et le drag. Au château, je me suis vraiment réaligné avec le petit Victor. J'ai vraiment fait grandir ce garçon. Ça me semblait logique et important de vraiment embrasser qui je suis à fond. Mon projet a pour but d'être hyper intimiste, sincère et de me réaligner jusqu'au bout avec ce qui je suis vraiment. Je veux utiliser les paillettes et le drag comme la cerise sur le gâteau parce que ça ne me quittera pas, mais je ne veux pas me cacher derrière. Je veux l'utiliser à propos.
Justement, comment se présente la suite ?
Je ne m'arrête pas à ce single ! Là, je charbonne tout l'été. Je vais essayer de faire au maximum pour un petit EP à la rentrée. On verra, mais l'idée c'est d'y aller à fond ! Il y a une grosse partie du projet qui va dans la direction de ce single, assez à vif avec des textes optimistes où je vais vraiment chercher des choses en moi, faire un petit travail un peu thérapeutique. Et après forcément, il y a le côté un peu attitude qui ne partira pas parce que j'y tiens, je suis un peu têtu ! Il y aura un peu de tout ça et surtout, beaucoup de vocal parce que j'adore chanter.
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