En 2017, le studio Lionsgate tentait un pari un peu fou : lancer au cinéma une franchise adaptée d'une série jeunesse culte, mais totalement kitsch, en lui apportant un ton différent. Et c'est comme ça que, sous la direction de Dean Israelite, Power Rangers est né.
Porté par un casting incroyable composé notamment de Dacre Montgomery (Stranger Things), Naomi Scott (Aladdin), RJ Cyler (Sierra Burgess Is a Loser), Becky G (Blue Beetle) et Ludi Lin (Aquaman), ce film servait d'origin story à cet univers avec lequel on a tous grandi. Le pitch ?
À Angel Grove, cinq adolescents que tout oppose - Jason, Kimberly, Billy, Trini et Zack - découvrent des pièces extraterrestres qui leur donnent une force et des capacités hors du commun. Choisis par l'ancien guerrier Zordon, ils doivent apprendre à surmonter leurs différences pour devenir les nouveaux Power Rangers. Alors que la puissante Rita Repulsa, une ancienne Ranger devenue maléfique, cherche à s'emparer du Cristal Zeo afin d'anéantir la Terre, les cinq héros n'ont que quelques jours pour maîtriser leurs pouvoirs.
Malheureusement, si le film a été particulièrement bien accueilli par les personnes qui se sont rendues en salles pour l'y découvrir, celles-ci n'ont pas été suffisamment nombreuses. Avec seulement 142 millions de dollars de recettes récoltés au box-office, Power Rangers a déçu le studio, qui a préféré en rester là et ranger ses ambitions de saga au placard.
Une déception pour les fans, mais également pour les acteurs, à commencer par Becky G - la Ranger Jaune. Au micro de La Platica, la comédienne et chanteuse a révélé qu'elle avait passé un moment incroyable durant la production et que le public continuait de lui parler de ce film, neuf ans plus tard.
C'était fou ! C'était génial ! On s'est vraiment éclatés. Je sais qu'on a des fans qui nous soutiennent en mode : "On veut un autre film, car il n'a pas du tout fait ce à quoi on s'attendait".
En effet, le parti pris créatif de cette adaptation, un poil plus sombre et sérieuse que la série d'origine, était son gros point fort. Or, à en croire Becky G, le résultat à l'écran aurait même pu être encore plus intense : "C'est marrant parce que le film qu'on a tourné et celui qui est sorti sont vraiment très différents".
Au cours de l'interview, l'artiste a confessé que l'ambition initiale avec Power Rangers était d'aller titiller la nostalgie du public en le plongeant dans une version modernisée. Cependant, avec une licence réputée pour sa cible enfantine, les producteurs auraient finalement été contraints de modifier certaines choses durant la post-production.
On l'a abordé avec l'intention de faire un truc à la Dark Knight, vous voyez, avec un côté plus sombre, parce que beaucoup d'entre nous, les fans qui avons grandi en regardant les Power Rangers, on est plus âgés maintenant, on n'est plus des petits enfants. Mais il y a une nouvelle génération d'enfants qui découvrent aussi les Power Rangers, et donc on n'est pas allés aussi loin que ce qu'on l'avait probablement prévu au départ.
Voilà qui explique pourquoi le film semble parfois ne pas savoir dans quelle direction aller, et donc pourquoi il a eu du mal à convaincre un plus large public. Et dire que si le film avait assumé ses ambitions du début, des suites auraient très certainement suivi. Frustrant.