Salut Aupinard ! Bravo pour cette première perf à We Love Green. Ta réaction à chaud ?
Incredible ! En vrai, c'était trop lourd. J'ai bien aimé en fait de voir que le public était grave contemplatif et pas archi turn up sur tous les sons où il ne fallait pas l'être. Il découvrait vraiment le show et ça m'a fait plaisir parce qu'on a bossé des arrangements sur quasi tous les morceaux. De voir que la musique est écoutée et vue aussi, c'est le plus beau cadeau que le premier festival en Île-de-France puisse me faire.
5 minutes avant de monter sur scène, il se passe quoi côté coulisses ?
5 minutes avant, je fais une interview avec Brut. Ensuite, ils m'accompagnent en entrée de scène. On se pose en bord de scène avec Ino [Casablanca], Bianca [Costa] est arrivée un peu plus tard. Quand on monte sur scène, moi je ne pense qu'à annoncer mon Zénith. J'y pense tout le concert. Tout le concert, je ne pense qu'à ça.
Tu as un petit rituel avant de monter sur scène avec ton crew ?
Du tout ! Rien du tout. Je ne fais même pas de chauffe de voix, ça change à chaque fois donc non, je n'ai pas de rituel.
Le show démarre, les musiciens font doucement monter la pression. Qu'est-ce qui se passe dans ta tête ?
Je me demande quel type de public je vais voir. C'est ça que j'adore en fait, de voir s'ils sont chauds, s'ils ne le sont pas. Mon but, c'est de convertir les gens qui ne sont pas convertis à ma musique. C'est mon seul objectif parce que les convaincus généralement, ils sont déjà convaincus, ils chantent les paroles à foison. Mon kiff, c'est de ramener du monde qui se disent "P*****, ça sonne bien" et qui finissent par venir dans la fosse, dans le public. Pour moi, à partir du moment où je rentre en festival, qu'il n'y a pas beaucoup de monde et que je sors et que ça a triplé – ce qui s'est passé aujourd'hui, c'est une réussite.
Qu'est-ce que tu vois quand tu arrives sur scène en premier ?
La foule direct ! Je reconnais des gens. J'ai des comptes actu qui sont toujours aux crash barrières, tout devant. La vue de la main stage, c'est très vaste, c'est très grand mais bizarrement, on voit tous les visages aussi, même ceux qui sont loin parce qu'on est surélevés. Je pense que ça aide. Mais c'est spécial comme vision, je ne sais pas comment expliquer. C'est un un bloc de personnes mais en même temps, c'est un petit comité, on voit les visages... C'est très cool comme expérience.
Et là, le soleil en invité surprise !
À We Love Green apparemment, c'est pas commun. (Rires)
La veste en jean en plein cagnard, tu regrettes ?
Ah mais là je me suis changé, pas le choix. C'était trempé, trempé, trempé ! Mais c'était cool. J'ai tout donné et puis, ça fait un peu le cardio. Je n'ai pas pu aller au sport ce matin : problème résolu !
Tu ressens quoi pendant le set ?
Je suis très focus en vrai. J'essaie d'échanger un maximum avec les gens, qu'ils ne se sentent pas à un concert où l'artiste performe. Je ne veux pas qu'ils aient le sentiment d'avoir payé leur billet juste pour me voir chanter comme si c'était mon taf, mais plus qu'on connecte.
C'est quoi le moment que tu kiffes le plus du concert ?
Le moment que je kiffe le plus, c'est quand les guests se ramènent sans même que je les introduise. Personne ne s'y attend vraiment. Par exemple, Bianca quand elle est rentrée, c'est elle qui commence la chanson vu qu'elle est sur son album à elle. Donc c'est elle qui ouvre la chanson Belle âme et en fait je ne préviens pas, le son se lance et elle monte sur scène. Les gens sont un peu choqués, ils ne s'y attendent pas. Je trouve ça trop cool.
Le bain de foule, c'était spontané ?
Ça, je le fais assez souvent. J'aime bien le faire parce que ça rajoute encore plus une connexion avec le public.
Un show comme ça à We Love Green, ça demande combien de temps de préparation ?
On fait des résidences de 3-4 jours avec les musiciens pour préparer en amont parce que là, il y avait des nouveaux sons de l'album qui est sorti en avril, donc des répètes. Et en plus de ça, pour le coup, on avait trois remplaçants aujourd'hui. Donc ce sont des gens qui ne connaissent pas vraiment le projet musical à fond, qui ne sont pas rodés. On joue direct sur la main stage à We Love donc c'est quand même "big", mais les gars s'en sortent bien alors je suis très content, je suis très fier d'eux.
Sur ton premier album spleen. social club, tu fais évoluer un peu ta musique. On a toujours cet esprit bossa nova mais tu as ajouté des petites touches de jazz, d'électro. Ça te permet de construire un show plus ouvert ?
Le truc, c'est qu'au bout d'un moment, moi je ne voulais plus être catégorisé en mode bossa nova. Donc ouais, je trouve ça important de savoir rendre sa musique éclectique pour permettre d'avoir plusieurs émotions sur scène.
Il y a une tournée européenne qui arrive. Ton but, c'est que ta musique voyage en dehors des frontières ?
Ah mais c'est mon but premier et je suis content parce que c'est déjà un peu le cas. J'aimerais vraiment pérenniser ce truc-là pour plus tard faire des tournées dans le monde entier, jusqu'au Brésil.
Un mot sur le Zénith de Paris que tu viens d'annoncer ?
C'était trop gros pour être un rêve en vrai. Je dirais même, juste le gosse en moi, il est comme un ouf et je crois qu'il ne capte pas. Là, j'ai un peu la tête qui tourne parce qu'on a fait We Love. C'était un objectif ça pour le coup. Et en même temps, on annonce le Zénith à We Love. C'est beaucoup pour moi. Rendez-vous au Zénith le 2 avril 2027 !
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