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Les fans de l'humour vont être ravis : le 27 juin prochain a lieu la 11e édition du "Point Virgule fait l'Olympia", une soirée 100 % rire. Parmi les humoristes présents sur scène, on retrouvera Guillermo Guiz, Mustapha El Atrasi, Panayotis, Julien Chapel ou encore Charles Nouveau. Pour l'occasion, Purebreak a interviewé ce dernier, qui a également un spectacle entièrement dédié au foot tous les mercredis de Juillet et Aout au Point-Virgule.

Purebreak : Peux-tu nous résumer rapidement ce qu'est la soirée "Le point virgule fait l'Olympia", le 27 juin prochain ?

Charles : C'est une très jolie vitrine de ce qui passe au Point Virgule. C'est montrer aux gens toute la variété de talents qui y gravitent. Il y a des artistes très différents, d'un niveau assez haut, ce ne sont pas des débutants.

Quelle est l'ambiance entre humoristes ?

Ça varie en fonction de chacun mais moi, en l'occurrence, je m'entends très bien avec beau d'humoristes qui sont à l'affiche. Plusieurs sont de bons amis, comme Djimo, Guillermo Guiz, Marina Rollman qui est une compatriote suisse.

"On ne peut pas tout dire, sauf si c'est fait intelligemment"

Le thème de cette soirée est la liberté d'expression, est-ce que tu penses que, aujourd'hui, les humoristes ne peuvent plus rien dire ?

Non, je pense que ce n'est pas vrai. Cette question ne disparaîtra jamais. On a toujours le réflexe de se la poser parce qu'en terme d'humour, il y a certaines sensibilités qui sont heurtées par la force des choses. Beaucoup d'humoristes, notamment débutants, font l'erreur de penser qu'ils vont être marrants en disant une énormité. Il ne faut pas juste dire une énormité, il faut qu'il y ait un propos derrière, ou de l'autodérision, comme le font par exemple Anthony Jeselnik et Louis CK aux États-Unis. Non, on ne peut pas tout dire, ou alors on peut tout dire mais si c'est fait intelligemment.

Quelles limites t'imposes-tu ?

La seule limite que je m'impose, c'est que ça soit marrant. Il faut aussi réfléchir de qui tu te moques quand tu fais une blague. Par exemple, moi j'ai une blague sur l'esclavage qui provoque une forme de décalage et de tension. Les gens se disent 'il a osé', mais en fait je ne me moque pas des opprimés mais des oppresseurs. Il ne faut pas se moquer des victimes mais plus des puissants, de ceux qui diffusent de la cruauté. Tu peux choquer sans être juste offensant. Pour moi, les gens qui sont exclusivement offensants ne peuvent pas durer. Pour répondre à la question, les limites que je me fixe sont : être marrant et cohérent dans le propos. Il n'y a rien que je dis avec lequel je ne suis pas d'accord moralement. Je parle plus des sujets politiques et sociaux en radio, je trouve que ça s'y prête bien au niveau de l'actualité. Dans mes spectacles, je parle plus de la vie dans un sens plus large et moins des frasques de nos dirigeants.

D'ailleurs, tu as un spectacle entièrement dédié au foot. D'où te vient ta passion du foot ?

Je pense que je suis tombé dedans quand j'étais petit. J'ai été endoctriné par mes grands frères. Il se trouve qu'en grandissant, j'ai eu plein d'expériences en lien avec le football. J'ai été entraîneur pour enfants pendant 5 ans, j'ai joué au foot toute ma vie, j'ai travaillé à l'UEFA en Suisse. Lors de ma toute première scène en février 2014, j'ai voulu raconter des trucs sur le foot, j'ai imité les commentateurs de foot espagnols (je suis d'origine espagnole) et je les ai comparés aux commentateurs suisses, qui sont très risibles à bien des niveaux. L'ironie a voulu qu'un des mecs que j'imitais était dans la salle. On a discuté, il m'a fait passer des tests et aujourd'hui je suis commentateur de foot à la télé.

"C'était ça le grand pari pour moi"

Faire un spectacle 100 % dédié au foot, c'est un gros risque quand même... Comment intéresser les gens qui n'aiment pas ou ne s'intéressent pas au foot ?

Justement, c'était ça le grand pari pour moi. Je pense que ça aurait été complètement viable de faire un spectacle que pour les footeux, il y en a assez dans le monde. Mais j'avais envie de me moquer un peu du foot. Je pense que même si t'es pas très intéressé par le foot et si ça n'a jamais été une passion, même si tu n'aimes carrément pas ça, c'est tellement omniprésent dans le monde qui nous entoure, que du coup, malgré toi, tu as assez de références pour pouvoir en rire. C'est pour ça que je voulais faire un spectacle qui plaise aussi aux non fans et j'ai constaté que c'est le cas et j'en suis fier.

Quel pays supportes-tu ?

C'est un peu particulier : mon père est français, ma mère est espagnole et ils se sont rencontrés en Suisse et m'ont pondu là. Quand les gens me posent la question, je réponds toujours : repose-moi la question après les poules ! Ça sert à ça d'avoir plusieurs passeports, à pouvoir retourner sa veste très rapidement, à la manière d'Arturo Brachetti (rires). Certains me disent que c'est facile mais ils ne se rendent pas compte qu'à la fin, je suis juste trois fois plus déçu qu'eux ! Car il y a 3 fois plus de chances de perdre.

"Mbappé est extraordinaire mais j'ai du mal à être fan"

Tu suis l'Equipe de France. Quels joueurs peuvent faire la différence ?

Je lis beaucoup la presse espagnole et c'est marrant de voir à quel point l'Equipe de France est favorite dans tous les pays du monde sauf la France. J'ai l'impression que c'est l'endroit où on doute le plus de ses joueurs. Mbappé est extraordinaire mais j'ai un peu du mal à être fan car, maintenant, les joueurs sont plus jeunes que moi et c'est traumatisant comme expérience. Je peux reconnaître volontiers tout le talent qu'il a mais je n'arrive pas à être fan de quelqu'un qui apprenait à écrire quand moi j'étais au collège. Mais Mbappé est extraordinaire et j'ai un petit faible pour Ousmane Dembélé. Il n'est pas hyper régulier mais quand il est chaud, il fait des trucs que très peu de gens sont capables de faire. C'est un peu le joueur frisson pour moi.

Ton pronostic pour France-Danemark le 26 juin prochain ?

On va dire une victoire de la France, 2 buts à 1.

Tu imagines quelle finale ?

J'ai pas fait le calcul. Il y a eu Suisse-Brésil en poule, on a fait match nul, et j'ai dit à la radio que, par patriotisme et par sens de l'humour, il y aura deux fois Suisse-Brésil, une fois en poule et une fois en finale. Je pense que c'est complètement surréaliste comme pronostic mais si c'est le cas, ça serait très marrant.

Propos recueillis par Marion Poulle. Contenu exclusif. Ne pas mentionner sans citer Purebreak.com.

Charles Nouveau à l'Olympia : Coupe du Monde, Mbappé... l'humoriste spécialiste foot se confie (Itw)
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