Le cinéma est un univers parfois cruel. Les plus grandes stars ne sont pas à l'abri de terribles échecs, comme le (re)découvre aujourd'hui Tom Cruise avec Digger. Et même quand un réalisateur/producteur a réussi à donner vie à des oeuvres emblématiques au cours de sa carrière, cela ne l'immunise pas contre les critiques autour d'un nouveau projet.
Une réalité que ne connait que trop bien James Gunn. Alors qu'il s'était mis le public dans la poche avec des films comme Super ou Les Gardiens de la Galaxie et la série Peacemaker, l'actuel co-PDG de DC Studios à l'origine du nouveau DC Universe fait désormais grincer ses dents.
En cause ? Après le film Supergirl qui a fortement déçu les spectateurs (note moyenne de 52% sur RT et un box-office mondial de 126,4 millions de dollars), c'est une histoire autour de Clayface - célèbre vilain de l'univers Batman, qui débarquera au cinéma le 21 octobre 2026.
Matt Hagen (Tom Rhys Harries), jeune acteur de Gotham promis à une brillante carrière, voit son ascension brutalement stoppée lorsqu’un baron du crime le défigure. Désespéré, il accepte un traitement expérimental mis au point par la scientifique Caitlyn Corr (Naomi Ackie), qui lui rend son visage, mais provoque une transformation terrifiante et altère progressivement sa perception de la réalité.
Alors qu’il sombre dans une spirale de vengeance, Matt devient peu à peu Clayface, l’un des adversaires les plus singuliers de Batman. Le film mêle horreur, thriller psychologique et body horror au sein du nouveau DCU. Max Minghella, Eddie Marsan et David Dencik complètent la distribution.
Un projet ENFIN original chez DC puisque, à l'inverse du Joker, de Riddle ou encore du Pingouin et Mister Freeze, ce super-vilain n'avait jamais eu les honneurs du grand écran. Et pourtant, au regard des premiers commentaires, ce film ne devrait pas faire l'unanimité.
Entre un méchant jugé pas suffisamment intéressant et une mise en scène body horroresque qui pourrait en déranger plus d'un, nombreux sont ceux qui s'attendent au pire. À tel point qu'un internaute a récemment profité de son compte Thread pour poser la question : "Mais bordel, qui a réclamé un film Clayface ?"
Et pour une fois, cette provocation n'est pas passée inaperçue. Fatigué de voir ce projet réalisé par James Watkins (Speak No Evil) et co-écrit par Mike Flanagan (The Haunting of Hill House) se faire descendre pour rien, James Gunn a immédiatement répliqué.
Bordel, qui a réclamé un film Retour vers le futur ? Casablanca ? Mary à tout prix ? Evanouis ? Matrix ? Même si on a parfois l'impression de l'inverse, Hollywood n'est pas un endroit où la seule façon d'y produire un film est de laisser le public voter pour quelle licence il souhaite voir un film qu'il a déjà vu un nombre incalculable de fois avant.
Autrement dit, pour une fois qu'il y a de l'originalité dans un projet super-héroïque, ce serait bien d'applaudir la démarche au lieu de pleurnicher pour obtenir une 145ème aventure solo de Bruce Wayne ou Clark Kent.
Parfois, quelqu'un - et dans ce cas, Mike Flanagan au début, puis James Watkins et Hossein Amini ensuite, sont inspirés par un personnage relativement peu connu et imagine ce qu'il pense être une histoire très spéciale autour de lui. Je préfère mille fois une telle inspiration que de voir un scénariste tenter de se faire de l'argent en écrivant un script sans âme sur un personnage populaire envers lequel il ou elle ne ressent aucun intérêt.
Une mise au point importante, d'autant qu'elle vient de quelqu'un qui a autant travaillé sur des personnages niches (Les Gardiens de la Galaxie) qu'ultra connus (Superman). Suffisant pour éviter à Clayface de connaître un énorme flop au cinéma ? On a envie d'y croire, mais c'est malheureusement peu probable. Selon les projections, le film devrait viser un week-end d'ouverture sous la barre des 30 millions de dollars aux USA. Une sous-performance qui pourrait encore coûter de l'argent au studio.